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Visite des chantiers de St Nazaire

Visite des chantiers de Sr Nazaire
18 avril 2016

La visite organisée  par Louis-Michel Fabre, Vice-président de la SFMC, a comporté trois moments : la visite du sous-marin Espadon, celle de l’Ecomusée le matin et l’après-midi celle du bateau de croisière Harmony of the seas. Cette journée avait été proposée par un ingénieur du chantier, Mr Jean-Marie Barth dont nous avions fait connaissance à Kourou lors de la session guyanaise.  Il a pu nous organiser une visite le dernier jour où elles étaient encore permises avant le départ du bateau.

C’est pour profiter de cette exceptionnelle et très aimable opportunité que 17 membres de la SFMC et leurs invités ont regagné à 9 heures la gare de St Nazaire où était fixé le rendez-vous.

La visite du sous-marin Espadon, lancé en 1968 a duré environ une heure. Première génération de sous-marins construite après la dernière guerre qui s’était inspirée des U-Bot allemands. En 1964 il effectue une croisière sous le pôle nord qui le rendra célèbre.
Abrité depuis 1987dans l’écluse fortifiée de la base sous-marine de St Nazaire, il peut être visité par la population civile.

L’Espadon en impose par ses dimensions : 78 m de long. Il était desservi par 63 membres d’équipage.

Après une descente par un escalier aménagé à la poupe du bateau, nous pénétrons à bord sur la coursive qui le parcourt de bout en bout. C’est ici que les nageurs de combat sortaient par un sas. En progressant vers l’avant nous croisons le local des mécaniciens et la salle de commande des machines, puis la cuisine du bord. Sous le plancher les groupes électrogènes alimentée au diésel qui assuraient pendant cinq heures la recharge des batteries faisaient monter la température ambiante jusqu’à 45 °.

On arrive ensuite ans le central des opérations, poste de commandement du sous-marin.

Salle de carte, radars, schnorchel, périscope et point d’écoute des bruits permettent au sous-mariniers de se localiser et d’identifier les bateaux à proximité.  La première partie du tiers avant est consacré au poste de repos, individuel mais très exigu pour les officiers, commun pour les hommes d’équipage qui pratiquent le partage de la couchette dite chaude. A l’avant le local qui abrite les torpilles et le départ des tubes lances torpilles.

Visite détaillée, renseignée par un audioguide qui permet de bien se rendre compte de la complexité des manœuvres à bord, de la promiscuité vraisemblable et du peu d’espace dont pouvait bénéficier l’équipage. Impression également de vulnérabilité qui devait saisir les marins en plongée en entendant les craquements de la coque déformée par la pression extérieure.

Nous avons ensuite visité l’Ecomusée consacré à l’histoire de St Nazaire, de son port et de son activité de construction navale, relayé aujourd’hui par la construction aéronautique. Des maquettes nombreuses y sont présentées, dont celle du chantier de construction navale qui a permis à notre guide, Jean-Marie Barth de nous présenter les différentes étapes de la construction d’un bateau : de la réception des tôles plates à la finition en radoub.

Après un amical repas de midi le petit groupe de la SFMC a pris le chemin du chantier pour visiter à quai, le bateau de croisière Harmony of the Seas. Il était prévu un séjour à bord de deux heures. Nous y sommes restés près de trois heures.

Il s’agit du plus grand bateau de croisière jamais construit : 362 m de long, 66 m de large.  Ses superstructures culminent à 65 mètres au-dessus de l’eau. Il faut rajouter 9,1m qui sont sous l’eau, le tirant d’eau. Pour les spécialistes le tonnage est de 227 000 tonneaux et il naviguera à 20 nœuds. 6 296 passagers bénéficieront du service de 2 384 membres d’équipage, si bien qu’en mer le navire comptera 8 680 personnes à bord !

Ses 8 étages de cabines extérieures avec terrasses individuelles, lui donne un aspect d’immeuble. Il abrite un casino, une salle de cinéma, une salle de théâtres, des salles à manger et une rue intérieure, bordée de magasins. On y retrouve les piscines classiques et leur toboggans (gigantesques du sommet du bateau jusqu’au pont principal) et les  espaces de jeu pour enfants et adultes.

Commencé de construire aux chantiers navals de St Nazaire en septembre 2013,  son lancement est prévu le 15 avril 2016. Il aura couté 900 millions d’Euros.

Casqués et dument encadré par Jean-Marie Barth en tête et du Dr Annie Jahan, médecin chef du chantier, en queue, notre petit groupe a pénétré dans l’immense navire.

Quelques impressions :

  • L’originalité de la construction : deux immeubles latéraux à babord et tribord séparés par une rue centrale, reliés entre eux vers le milieu du bateau. Une forme en H qui permet d’avoir un maximum de cabines avec des baies vitrées vers l’extérieur, la mer, ou vers l’intérieur : la rue centrale.
    Au centre un cinéma, une salle de spectacle, des restaurants, un casino, des bars, un sauna et des salles de sport accueillent et occupent les 6 000 passagers.
    Au sommet piscines et solarium, alterne avec des promenades ou d’immenses salons vitré qui offrent une vue magnifique du haut des 65 m au-dessus du niveau de la mer.
  • Le luxe réservé aux passagers qui nous fait chausser, comme au bloc opératoire, des sur-chaussures pour ne pas salir les épaisses moquettes. Cabines somptueusement aménagées, en duplex pour les plus luxueuses, coursives décorées, aménagements surprenants : un bar ascenseur d’une cinquantaine de place, un robot pour préparer et servir les cocktails, des toboggans gigantesques qui s’élancent du sommet du bateau.
  • Le niveau de sécurité à bord : sprinkler généralisé, gigantesque porte coupe feu une heure du type du rideau de feu des théâtres, séparation en sept compartiments indépendants.
    Exercices d’évacuation pour les passagers  qui sont regroupés à un point de rassemblement interne à chaque compartiment avant d’être conduit par l’équipage vers des chaussettes qui permettent de descendre jusqu’aux chaloupes. Pour accélérer l’évacuation les chaussettes sont regroupées par quatre.
  • Nous n’avons pas pu visiter l’infirmerie, servie par trois médecins et cinq infirmiers à bord. Leur clientèle potentielle constituée des 6 000 passagers plutôt âgés et des 2 000 membres d’équipage vont certainement contribuer à les occuper pendant la croisière.
  • La visite s’est poursuivie par les cuisines, véritable petite usine de préparation des repas, le poste de commandement et de pilotage du bateau très impressionnant par le nombre d’écrans et l’allure futuriste des tableaux de bord. Plus d’un médecin régulateur aurait rêvé d’avoir un fauteuil aussi confortable que le capitaine ou son second.

Après deux heures et demie de pérégrinations dans les 300 m de coursive et les 17 étages dont les ascenseurs n’étaient pas encore en service, nous avons regagné la terre ferme pour nous retrouver vers 17h autour d’une crêpe et un bol de cidre, Bretagne oblige.

Journée passionnante et bateau d’exception, plus grand bateau de croisière jamais construit…jusqu’au lancement de la prochaine famille plus longue de 15 m !

La météo splendide dont on a bénéficié, l’intérêt de cette visite d’exception ont fait que notre groupe a remercié chaleureusement notre ingénieur guide et hôte et s’est disloqué dans  la bonne humeur générale, celle qui avait prévalu tout au long de cette amicale journée.