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Hommage à Louis Lareng

Louis LARENG

 1923 – 2019

Né dans le tout petit village d’Ayzac-Ost en Bigorre, Louis Lareng est un « petit paysan » parlant patois avec l’accent rocailleux. Orphelin, il est élevé par une tante. Grâce à une bourse, il suit des études secondaires à Tarbes et médicales à Toulouse. Il passe sa thèse de doctorat d’Etat en 1955. Reçu au concours d’internat, il occupe les fonctions de chef de clinique en médecine puis s’oriente vers l’anesthésie qu’il pratique en qualité d’assistant. En 1962, il réussit l’agrégation d’anesthésiologie qui vient d’être crée.

Il organise l’anesthésie dans les divers blocs opératoires mais aussi l’enseignement du Certificat d’Etudes Spéciales en Anesthésie-Réanimation.
En même temps, il démarre la réanimation au niveau d’une mini-unité implantée dans le service des Maladies Infectieuses, le bloc Lassen, lançant la respiration artificielle par poumons d’acier et appareils d’Engstrom.
Les transports inter-hospitaliers médicalisés démarrent pour acheminer à Toulouse des patients ventilés par une cuirasse thoraco-abdominale. L. Lareng faisait du SAMU sans le savoir !

1968 est une date charnière dans la carrière de Louis Lareng. Il a en effet fait construire un pavillon, le Bloc de Réanimation Respiratoire. C’est là qu’il implante le SAMU. Le professeur Lareng devient urgentiste d’abord en préhospitalier puis à l’accueil. Il va faire, avec succès,  la promotion de son « invention » dans le monde entier.
Cette même année, il s’engage comme responsable universitaire et devient le premier président de l’Université Paul Sabatier.

                         

A sa cessation d’activités hospitalières, en 1989, il innove encore, créant l’Institut Européen de télémédecine puis développant la e-santé et en assurant sa promotion internationale.

Tout au long de cette carrière exceptionnellement longue et bien remplie, Louis Lareng a affronté conflits et oppositions. Travailleur infatigable, il a, chaque fois, gagné du fait de ses qualités en matière de relations humaines et sociales et de sa capacité à convaincre collègues, institutions et médias. Ayant occupé de nombreuses charges électives, il a su les exploiter. C’est le conseiller régional Louis Lareng qui obtient l’aide de la région Midi-Pyrénées pour lancer l’hélicoptère hospitalier. C’est le député Lareng qui a fait voter la loi de 1986 qui consacre le SAMU.

Exemple d’une ascension sociale et républicaine spectaculaire, largement récompensés par les plus prestigieuses décorations, il a constamment déployé un humanisme exemplaire largement reconnu. Il accompagne les équipes du SAMU au Ministère de l’Intérieur lors de la remise de la médaille « courage et dévouement » après l’explosion de l’usine AZF.
En 2008, le CHU de Toulouse inaugure le pavillon Louis Lareng, nouveau siège du SAMU.

Passionné, et toujours en avance sur son temps, défricheur, visionnaire, Louis Lareng a mis en pratique la doctrine de la réduction des inégalités sanitaires, dans un premier temps dans la cadre de l’urgence médicale, puis dans celui de la médecine en général. Donner à tous les meilleures chances de survie et de guérison, en diminuant la part de hasard et en optimisant les progrès technologiques pour abaisser la fréquence de la mort prématurée et injuste, c’est le message que nous avons reçu et que nous transmettrons à nos successeurs.

Christian VIRENQUE

La SFMC s’associe à l’hommage du Pr Christian Virenque qui a été son adjoint et son successeur. Louis Lareng a toujours manifesté un  intérêt amical pour la SFMC et la médecine de catastrophe dont il a initié un enseignement à Toulouse. Nous gardons en souvenir la session organisée à Toulouse après la catastrophe AZF. 
Il s’était également investi dans l’animation d’une association secouriste, la FNPC et nous gardons un souvenir aigu des discussions et des projets que nous avons partagés au sein de son Conseil d’administration. 
Nous nous associons à nos amis Toulousains, fidèles correspondants de la SFMC, et les assurons  de notre sympathie attristée.
C’est un pilier du système d’urgence français qui nous quitte. Sachons entretenir son héritage.

 Henri JULIEN