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Ebola news n°10, mars 2016

Ebola news n° 10 – 1er juin 2015 – 31 janvier 2016

Le 21 mars 2014, le ministère de la Santé guinéen rapportait les 49 premiers cas de maladies à virus Ebola, marquant le début d’une épidémie sans précédent qui a affecté essentiellement 3 pays de l’Afrique de l’ouest, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Au 28 février, on dénombrait 28 639 cas confirmés, probables ou suspects dont 11 316 décès selon le bilan de l’Organisation mondiale de la Santé, publié le 3 mars[1] ; des progrès importants ont été enregistrés au cours de cette période et le Libéria a été déclaré indemne de virus Ebola le 9 mai, la Sierra Leone le 7 novembre (1 nouveau cas début janvier 2016)[2] et la Guinée le 29 décembre[3], marquant une fin provisoire de l’épidémie dans ces pays car des cas sporadiques sont apparus par la suite.

L’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’ouest

Juin 2015 – février 2016)

L’épidémie est suivie par des mises à jour régulières de l’OMS[4], reportées dans le graphique ci-dessus[5], mais aussi par l’ECDC[6],[7], l’InVS[8], le CDC d’Atlanta[9]

Le graphique ci-dessus décrit l’évolution des cas confirmés depuis début 2015. Il montre que malgré d’importants progrès, le virus n’est pas totalement éradiqué et, même si les chaines de transmission sont rompues dans les pays les plus touchés par l’épidémie, des cas sporadiques sont apparus dans ces trois pays. Le 16 juin, le chef de MSF déclarait que l’épidémie pourrait se répandre à nouveau en Afrique de l’Ouest et que les autorités sanitaires n’étaient pas mieux équipées pour la contrôler qu’elles ne l’étaient il ya un an[10].

Situation au Libéria

Un premier cas d’Ebola après que le pays ait été déclaré « libre » de virus le 9 mai 2015 a été signalé le 30 juin chez un garçon de 17 ans, décédé. Depuis, d’autres cas ont été confirmés. Le virus en cause dans ce nouveau foyer est comparable aux virus circulant dans le pays confirmant qu’il est probablement resté latent. Une transmission d’origine sexuelle a été invoquée, mais aussi celle d’une transmission à bas bruit non détectée dans la communauté[11].

Il faudra attendre la semaine 29 (13-19 juillet) pour qu’on n’enregistre pas de cas nouveaux pendant 18 semaines, jusqu’à la semaine 47, où un cluster de 3 cas a été enregistré. Depuis, et jusqu’à fin février 2016, aucun cas noueau n’a été rapporté[12].

Dans cet article, l’OMS retrace l’histoire de l’épidémie[13].

Dans un rapport distinct, l’OMS a écrit qu’une des clés du succès dans la bataille contre Ebola dans le district le plus peuplé du comté de Montserrado a été la décision prise par le gouvernement de décentraliser la réponse et d’impliquer les populations locales. En divisant le pays en 4 secteurs, chacun ayant un système plus petit, un meilleur contrôle de l’épidémie a pu être mis en œuvre. Voir en particulier le WER du 22 mai qui analyse la manière dont l’épidémie a été vaincue dans ce pays avec en particulier l’engagement et l’autorité de sa présidente, le rôle crucial de la mobilisation des communautés et l’aide généreuse de la communauté internationale[14].

La Croix-Rouge du Libéria a joué un rôle essentiel, en particulier dans la sécurisation des crémations et des inhumations (150 bénévoles impliqués dans 3500 sépultures)[15].

Pour soutenir la réponse du Libéria au virus Ebola, des capacités avancées d’analyse génomique ont été mises en place par l’USAMRIID à l’Institut libérien pour la recherche biomédicale pour surveiller l’évolution de l’épidémie. 25 génomes ont ainsi été séquencés entre septembre 2014 et février 2015. Les séquences se sont montrées compatibles avec une seule introduction du virus dans le pays, mais l’ascendance commune avec les virus du Mali suggère au moins un mouvement complémentaire. 23 mutations non synonymes (dont 6 au niveau des sites de liaison du virus) et 1 non-sens ont été observées, soit un taux de mutation conforme à ce qui est connu pour ce virus[16].

Situation en Sierra Léone

Le point de rupture de l’épidémie se situe au cours de la première quinzaine de juillet entre la semaine 28 (14 nouveaux cas) et la semaine 29 (5 nouveaux cas). Par la suite, le nombre de nouveaux cas hebdomadaires a fluctué entre 0 et 5, mais pas de nouveau cas depuis la semaine         38 et jusqu’au 14 janvier 2016 où 1 nouveau cas a été enregistré[17], suivi d’un second au cours de la semaine 3[18]. Depuis, aucun cas nouveau n’a été enregistré.

Cette étude rétrospective réalisée à Freetown et parue dans The Lancet en septembre explique comment des sujets atteints d’Ebola n’ont pas été diagnostiqués. Cela représenterait environ 1 malades sur 5[19].

Situation en Guinée

En avril et mai on déplorait encore entre 10 et près de 30 cas confirmés par semaine. Une rupture s’est produite lors de la semaine 30 où ce nombre est tombé à 4. Cette tendance s’est confirmée les semaines suivante avec des cas nouveaux compris entre 0 et 4[20].

Au 31 mai, les 27181 cas suspects, probables et confirmés déclarés à l’OMS, se répartissaient de la manière suivante dans les 3 pays les plus touchés par l’épidémie[21] :

Guinée : 3652 cas, 2429 décès

Libéria : 10666 cas, 4806 décès

Sierra Leone : 12827 cas, 3912 décès.

Fin février 2016, la situation est la suivante[22] :

Guinée : 3804 cas, 2536 décès

Libéria : 10675 cas, 4809 décès

Sierra Leone : 14124 cas, 3956 décès.

Le virus et la maladie

  • Cette revue générale décrit les mécanismes utilisés par les filovirus pour bloquer l’immunité innée de l’hôte, notament la réponse de l’interféron de type I, permettant des niveaux élevés de réplication virale[23]. Cette autre revue montre que le virus modifie activement les réponses immunitaires innées et adaptatives et déclenche des réponses inflammatoires nocives.L’altération des voies de signalisation immunitaire pourrait être due à la capacité d’EBOV à interférer avec des cellules dendritiques qui relient les réponses immunitaires innées et adaptatives. D’autre part, les protéines VP35 agissent comme des antagonistes d’interféron. Comment le virus Ebola modifie les voies de signalisation des réponses immunitaires innée et adaptative reste encore à explorer[24].
  • Une protéine endosomale, la Niemann-Pick C1 (NPC1), a été identifiée comme un récepteur nécessaire pour l’entrée du virus dans la cellule hôte. La structure cristalline de la glycoprotéine liée au domaine C de NPC1 et le changement conformationnel lors de la fusion membranaire ont été établis par les auteurs de cette étude[25].
  • Selon une équipe de virologues du NIH, la souche Makona du virus Ebola, (celle qui a frappé l’Afrique de l’ouest et causé au moins 11.000 décès) paraît moins virulente chez le singe que la souche Mayinga, celle qui en 1976 a donné une épidémie limitée en République Démocratique du Congo faisant 318 morts et en 2000 en Ouganda avec 425 décès. Ces dernières épidémies ont eu un impact limité car elles sont survenues dans des zones rurales peu peuplées. Avec la souche Mayinga, les animaux ont présenté une éruption cutanée au 4ème jour et des symptômes de maladie grave aux 5ème et 6ème Les animaux infectés par la souche Makona n’ont pas présenté d’éruption cutanée avant le 6ème jour et pas de symptômes graves jusqu’au 7ème jour. La souche Makona produit trois fois plus de protéines issues de l’activation du système immunitaire que la souche Mayinga ce qui fait penser qu’il faut au moins 7 jours aux animaux pour monter une réponse efficace[26].
  • Cette étude rétrospective réalisée à Freetown sur plus de 800 malades attire l’attention sur la définition des cas suspects qui ont ensuite été confirmés : la fièvre n’était présente que pour 83% d’entre-eux, une fatigue intense pour 68%, des nausées ou des vomissements pour 50%, de la diarrhée pour 41%… pour ne prendre que les symptômes les plus fréquents. Ils n’ont donc pas une sensibilité suffisante pour identifier tous les cas de la maladie[27].
  • Cette revue générale est consacrée aux maladies infectieuses émergentes issues de virus hébergés par les chauves-souris tels que les virus Ebola, Marburg, coronavirus du SRAS (SRAS-CoV), MERS coronavirus (MERS-CoV), virus Nipah (NiV) et virus Hendra (HEV). Ces virus ont co-évolué avec les chauves-souris en raison de caractéristiques sociales, biologiques et immunologiques spéciales de ces animaux. Des hôtes intermédiaires comme les chevaux, les porcs, les civettes, ou les primates non humains… sont susceptibles de provoquer des infections humaines, de même que les aérosols produits dans les grottes-dortoirs à chauves-souris[28].
  • En reprenant les données des cas confirmés et probables d’Ebola et en les exprimant par tranches d’âges de 10 ans (ce qui n’est pas habituel), ce travail montre que de manière cohérente entre les différents pays touchés, l’incidence du virus Ebola augmente presque linéairement avec l’âge pour atteindre un pic dans la tranche 35-44 ans. Une légère baisse est observée par la suite. Aucune explication n’est apportée quant aux raisons de ces différences[29].
  • Grâce au déploiement d’un laboratoire mobile à Conakry par l’Institut Pasteur de Dakar en mars 2014, 85 virus Ebola provenant de malades infectés de juillet à novembre 2014 ont pu être génotypés. L’analyse phylogénétique révèle la transmission soutenue de trois lignées virales distinctes co-circulant en Guinée, y compris dans la zone urbaine de Conakry et de ses environs. Une lignée est unique à la Guinée et étroitement liée aux virus échantillonnés plus tôt dans l’épidémie. Une seconde lignée contient des virus probablement réintroduits à plusieurs reprises à partir de la Sierra Leone voisine, tandis qu’un troisième lignée s’est étendue plus tard de la Guinée au Mali. Chaque lignée est définie par des mutations multiples, y compris les changements dans la protéine VP35, la glycoprotéine (GP) et l’ARN polymérase. La GP virale est caractérisée par une modification du site de glycosylation et diverses mutations dans le domaine de type mucine qui pourraient modifier la forme externe du virion[30].
  • Des capacités avancées d’analyse virale ont été mises en place au Libéria pour surveiller l’évolution du virus Ebola. 25 génomes ont été séquencés entre septembre 2014 et février 2015 et ont montré une seule introduction du virus dans le pays mais l’ascendance commune avec des isolats du Mali indique un mouvement supplémentaire dans ou hors du Libéria. 23 mutations ont été observées dont 6 se situent au niveau des sites de liaison connus[31].
  • Cette étude portant sur le virus au cours d’une période de 7 mois en Sierra Leone a montré qu’il existait moins de mouvements transfrontaliers que prévus et que le virus se propageant rapidement en début d’épidémie a produit de nombreuses mutations touchant la transmisiion d’hôte à hôte avec l’émergence de nombreux variants. Avec la poursuite de l’épidémie, le nombre de mutations délétères a diminué au profit de mutations neutres. Des preuves sont apportées de l’influence de l’ARN de la cellule hôte sur le génome du virus[32].
  • Au cours de la synthèse d’ARN viral, la nucléoprotéine du virus Ebola alterne entre une forme liée (copie) et une forme libre (modèle) ; en outre, la NP nouvellement synthétisée doit être empêchée de se lier à un ARN non correspondant. Les auteurs ont identifié un peptide dérivé de VP35 (résidus 20-48) qui se lie avec une grande affinité à la NP, critique dans les processus ci-dessus[33].

La maladie à virus Ebola laisse des séquelles prolongées mais mal connues.

Cette étude, réalisée 29 mois après l’épidémie à virus Ebola Bundibugyo 2007 en Ouganda, a montré la présence de troubles de santé chroniques chez les suvivants à type de déficits oculaires (douleurs rétro-orbitaires, vision floue), pertes au niveau de l’audition, difficultés à avaler, difficultés à dormir, arthralgies et divers problèmes de santé ainsi que des limitations dues à la perte de mémoire ou à la confusion[34].

Cette autre étude a été réalisée chez un malade guéri qui a présenté une uvéite unilatérale sévère au cours de la convalescence. Le virus a été détecté dans l’humeur aqueuse 14 semaines après le début de la maladie et 9 semaines après la clairance de la virémie[35].

Un médecin atteint et guéri d’Ebola décrit les séquelles qu’il éprouve, faites de douleurs articulaires, d’inflammation des paumes des mains et des plantes des pieds, de la raideur surtout le matin… Une perte d’audition de l’oreille gauche est survenue brutalement 2 à 3 semaines après la sortie de l’hôpital et un acouphène aigu s’est développé par la suite. Quelques mois plus tard, il a connu une crise tonico-clonique et est actuellement sous traitement antiépileptique[36].

Après guérison de la maladie, plusieurs survivants ont souffert d’impuissance, tandis que les femmes présentent une aménorrhée[37].

  • D’une manière générale, le virus peut persister dans certains fluides corporels après la guérison clinique et l’élimination du virus dans le sang[38]. Le virus a été isolé à partir du sperme, de l’humeur aqueuse, de l’urine et du lait maternel respectivement 82, 63, 26 et 15 jours après l’apparition de la maladie. L’ARN viral a été détectable dans le sperme (jour 272), l’humeur aqueuse (jour 63), la sueur (jour 40), l’urine (30 jours), les sécrétions vaginales (jour 33), le liquide de la conjonctive (jour 22), les matières fécales (jour 19) et le lait maternel (jour 17). Les convalescents devraient s’abstenir de relations sexuelles non protégées pendant au moins 9 mois ; l’allaitement doit être évitée pendant la phase convalescente.
  • La persistance du virus dans le sperme a été étudiée chez 93 sujets. 46 (49%) ont présenté une RT-PCR initiale positive. Les 9 hommes pour lesquels un échantillon de sperme a été obtenu au bout de 2 à 3 mois étaient tous positifs ; 26 sur 40 d’entre-eux étaient positifs 4 à 6 mois après et 11 au bout de 7 à 9 mois. Cette étude ne répond cependant pas au degré d’infectivité du sperme, les cas de transmission par ce vecteur étant apparemment rares[39]. Cette observation combinant les données épidémiologiques et l’analyse génomique décrit 1 cas de transmission sexuelle avérée et montre que le virus peut survivre au moins 179 jours dans le sperme[40].
  • Cette observation chez une femme enceinte montre que le virus peut être présent en grande quantité en l’absence de symptômes caractéristiques d’Ebola pendant plusieurs jours avant l’apparition des signes de la maladie[41].
  • Une infirmière britannique déclarée guérie d’Ebola le 24 janvier 2015 a vu le virus se réactiver début octobre; elle a connu une situation critique[42] avant de « guérir ».
  • Selon les résultats de cette étude et en raison de l’épidémie d’Ebola, les cas non traités de paludisme ont augmenté de 45% en Guinée, 88% en Sierra Leone et 140% au Libéria en 2014, correspondant à 3,5 millions de cas non traités supplémentaires, avec 10.900 décès supplémentaires[43].

Les pistes thérapeutiques et vaccinales

Voir cette mini-revue du Lancet sur les traitements et les vaccins[44].

Les pistes thérapeutiques – actualités

La propagation du virus Ebola se ralentit, ce qui une bonne novelle sauf pour ceux qui tentent de développer de nouveaux traitements selon les participants à la 33e réunion annuelle de la Société européenne des maladies infectieuses pédiatriques, en raison d’une pénurie de sujets humains malades à inclure dans les essais[45].

  1. Immunothérapie passive
  • Dans une étude financée par l’Union européenne et coordonné par l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) d’Anvers, 90 personnes en Guinée ont été traitées par du plasma de sujets guéris. Les résultats sont attendus ultérieurement. 130 personnes supplémentaires devaient être inclues dans l’étude, mais les sujets malades sont devenus rares. La situation en Sierra Leone (1 seul patient inclus) et au Libéria (6 patients inclus) rendra difficile l’interprétation des résultats[46].
  1. Autres traitements expérimentaux

Amiodarone

  • L’amiodarone (et plus généralement les substances amphiphiles cationiques) a pour effet d’inhiber l’infection à filovirus. Le présent travail, montre que l’amiodarone diminue l’infection à virus Ebola à des concentrations proches de celles trouvées dans le sérum de patients traités pour arythmies. Il agit en interférant avec la fusion de l’enveloppe virale avec la membrane endosomale. Son principal métabolite, le MDEA, contribue à l’activité antivirale. L’utilisation d’analogues de l’amiodarone montre que l’activité antivirale est corrélée avec la capacité des médicaments à s’accumuler dans les endosomes et à interférer avec la voie endocytique. Il est bien toléré, en particulier dans la phase aiguë de la maladie et mérite une étude clinique[47].
  • Entre juin et octobre 2014, 382 patients atteints d’Ebola ont été hospitalisés au centre de traitement de Foya, Libéria. Les malades traités par artéméther–luméfantrine (194 sujets) ont présenté 64,4% de décès contre 50,7% pour ceux traités par artésunate–amodiaquine (71 sujets), avec un « effet protecteur » plus marqué chez les sujets indemnes de paludisme. L’amodiaquine présente in vitro des propriétés anti virus Ebola. Ces résultats ne permettent cependant pas d’exclure une aggravation possible par le traitement associant artéméther et luméfantrine[48].

Favipiravir

  • L’utilisation de ce médicament pourrait être proposée en prévention de la maladie chez les sujets contacts[49].
  1. Nouvelles pistes thérapeutiques
  • Les kinases des cellules hôtes sont importantes pour la réplication de plusieurs virus de fièvres hémorragiques. Le composé 0SU-03012 inhibe la réplication des virus Lassa, Ebola, Marburg et Nipah ; le dihydrochloride de BIBX 1382 inhibe les virus Lassa, Ebola et Marburg ; BIBX 1382 bloque l’entrée des virus Lassa et Ebola via le processus d’entrée lié à la glycoprotéine virale. Ces composés peuvent être utilisés comme outils de recherches sur les interactions virus-hôte et les kinases peuvent être des cibles pour de futures thérapeutiques antivirales à large spectre[50].
  • La perte d’intégrité de la barrière endothéliale entraîne des pertes de fluide massives chez les malades d’Ebola. Les statines et les inhibiteurs des récépteurs de l’angiotensine II, agissant comme protecteurs de la barrière endothéliale, pourraient avoir une place dans le traitement de la maladie. Ainsi, l’atorvastatine et l’irbésartan ont réduit la mortalité d’Ebola en Sierra Leone (98% de survie). Ces traitements génériques, sûrs et peu couteux pourraient être mis en œuvre facilement lors d’une épidémie d’Ebola[51].
  1. Autres pistes
  • Actuellement, aucune thérapeutique approuvée n’existe pour traiter ou prévenir des infections induites par virus d’Ebola. Reconsidérer les médicaments déjà approuvés constitue une source potentielle possible. Cette étude a testé près de 2600 médicaments in vitro parmi lesquels 80 ont présenté une activité antivirale sélective couvrant des mécanismes différents : modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes, antihistaminiques, inhibiteurs calciques, antidépresseurs… In vivo chez la souris, des médicaments comme le bépridil et la sertraline se sont révélés protecteurs. La plupart de ces médicaments bloquent un stade tardif de l’entrée du virus dans la cellule[52].
  • En utilisant un modèle in vitrod’Ebola transcrit sous forme de particules virales permettant le travail en laboratoire NSB2, les auteurs ont comparé diverses molécules quant à leur capacités d’inhiber la réplication virale : interférons de type I IFN-α et IFN-ß, une série d’inhibiteurs de la polymerase virale (lamivudine, zidovudine, ténofovir, favipiravir, le métabolite actif de brincidofovir, le cidofovir), le modulateur du récepteur des oestrogènes et le torémifène. Ils ont également testé 28 combinaisons de 2 médicaments et 56 combinaisons de trois médicaments. L’étude montre que les interférons et les inhibiteurs de la polymérase virale peuvent avoir une utilité dans le traitement et que plusieurs associations médicamenteuses ont une forte activité anti-Ebola, confirmée par des études utilisant le virus infectieux[53]. Ces études ouvrent de nouvelles possibilités pour de nouvelles options thérapeutiques, en particulier des thérapies combinées.
  1. Les Pistes vaccinales – actualités

La propagation de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest a conduit la communauté internationale a accélérer les essais de phase I de vaccins chez l’homme, vaccins basés essentiellement sur un adénovirus recombinant ou le virus de la stomatite vésiculaire.

La baisse récente de l’incidence de la maladie est susceptible d’entraver l’évaluation directe de l’efficacité des vaccins. D’autres approches doivent donc être envisagées se basant essentiellement sur la réponse immunitaire, particulièrement humorale[54].

Le point sur les essais cliniques

Huit pays africains sont concernés par les essais sur les vaccins. Hormis les 3 pays qui ont été impactés gravement par l’épidémie, il y a le Nigeria, le Cameroun, le Ghana, le Mali et le Sénégal[55], mais le Ghana les a arrêtés dans une ville de l’est du pays en raison de la crainte de la contamination[56].

Deux nouveaux essais de phase II[57] de vaccins à virus Ebola ont commencé le 15 juillet en Grande-Bretagne, en France et le Sénégal avec la vaccination “prime-boost” développée par Bavarian Nordic, GlaxoSmithKline et Johnson & Johnson.

La situation se complique en raison de l’arrêt progressif des essais cliniques chez l’homme du fait d’une forte baisse de l’incidence de la maladie. Deux vaccins sont bien avancés dans les études : le vacin basé sur un adénovirus et celui utilisant le virus de la stomatite vésiculaire, les deux exprimant la glycoprotéine du virus Ebola. D’autres vaccins à l’étude semblent conférer une immunité plus lente à se développer mais plus forte. Que faire maintenant de tous ces résultats partiels ? Quelle est la durée de l’immunité produite par ces vaccins ? Peut-on autoriser l’utilisation de ces vaccins et dans quelles conditions ? Quel type de vaccin est le meilleur ? Deux types semblent se dégager, l’un qui confère une immunité rapide, utile dans la lutte contre une épidémie déclarée et un autre plus lent, utile en prévention pour les personnels de santé[58].

  • Cette étude publiée dans The Lancet est le 4ème rapport d’essais de phase I chez l’homme, utilisant des stratégies, soit à base d’adénovirus, soit à base d’ADN recombinant. L’adénovirus de type 5 a été utilisé dans plusieurs études. Cette dernière l’utilise avec une glycoprotéine de la souche circulant en Afrique de l’ouest et l’a testé chez 120 sujets chinois. Ce vaccin est un exemple de ce qu’une plateforme de vaccins existants peut être modifiée rapidement pour incorporer une nouvelle souche virale et passer aux essais cliniques humains après avoir passé un minimum de tests chez l’animal[59].
  • Cette étude de phase I réalisée sur 120 sujets en Chine (province du Jiangsu) montre qu’un vaccin à base d’un adénovirus recombinant de type 5 exprimant la glycoprotéine de la souche Zaïre 2014 produit des réactions immunitaires dès 14 jours, plus fortes pour des doses élevées de vaccin. Des réponses humorales (anticorps spécifiques de la GP) et cellulaires (lymphocytes T) ont été mises en évidence et aucun événement indésirable grave n’a été enregistré même si 68% des participants (y compris dans le groupe placebo) ont présenté des effets indésirables bénins dans les 7 jours suivant la vaccination[60].

Le rVSV-ZEBOV (NewLink Genetic et Merck Vaccines, en collaboration avec l’Agence de santé publique du Canada et l’OMS)

  • The Lancet a publié le 29 juillet les premiers résultats extrêmement prometteurs d’une étude randomisée de phase III du vaccin rVSV-EBOV. Entre le 1er avril et le 20 juillet 2015, 7651 contacts proches de près de 100 patients atteints de la maladie à virus Ebola, dont des membres de la famille, des voisins et des collègues, ont été inclus dans l’étude. 4123 personnes ont reçu le vaccin immédiatement, et 3528 autres participants ont reçu la vaccination après 21 jours (une méthode alternative à l’utilisation d’un placebo qui permet que tous les participants soient vaccinés). Dans le premier groupe, aucun cas d’infection à Ebola n’est apparu dans les 10 jours qui ont suivi la randomisation, alors que le groupe vacciné à retardement a comporté 16 cas d’Ebola, montrant de fait une efficacité de 100% du vaccin administré précocement après le contact, validant la stratégie de vaccination en anneau[61].
  • Cette publication du 3 août d’une recherche menée à Genève précise les effets du vaccin rVSV-EBOV selon la dose. Elle montre qu’une faible dose vaccinale (testée chez 51 sujets contre 5 placebo) produit des réactions vaccinales (fièvre, myalgies, frissons…, arthrites chez 25% de sujets vaccinés, dermatites, purpura) chez 88% des sujets contre 98% pour des doses plus fortes. La production d’anticorps a été moins importante pour les faibles doses de vaccins. Aucun effet secondaire grave n’a été observé[62].

Tests

  • Le ReEBOV Antigen Rapid Test (Corgenix, USA) qui donne des résultats en 15 minutes, a été testé avec succès sur le terrain en Sierra Leone et en laboratoire. Ce test reconnaît 100% des échantillons positifs à la RT-PCR et est négatif pour 92, 2% des échantillons négatifs à la RT-PCR [63],[64].

Voir aussi

Cette revue d’Eric Leroy du 19 mai 2015 : L’Emergence du virus EBOLA chez l’homme : un long processus pas totalement élucidé[65].

La prise en charge et et les stratégies thérapeutiques chez 4 patients traités aux USA[66].

L’acceptabilité d’un vaccin anti-Ebola au Nigéria[67].

Michel Curé
Conseil scientifique du Haut comité français pour la défense civile

[1] http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/204521/1/ebolasitrep_2Mar2016_eng.pdf?ua=1&ua=1

[2] http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/194050/1/ebolasitrep_11Nov2015_eng.pdf?ua=1&ua=1

[3] http://apps.who.int/ebola/sites/default/files/atoms/files//who_ebola_situation_report_06-01-2016.pdf?ua=1&ua=1

[4] http://apps.who.int/gho/data/view.ebola-sitrep.ebola-summary-latest?lang=en

[5] http://who.int/csr/don/archive/year/2014/fr/

http://www.who.int/csr/disease/ebola/situation-reports/fr/

[6]http://ecdc.europa.eu/en/healthtopics/ebola_marburg_fevers/Pages/index.aspx

[7] Euro Surveill. 2014;19(31):pii=20871. http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=20871

[8]http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/Bulletin-hebdomadaire-international/%28node_id%29/1694/%28query%29/Ebola%2Ben%2BAfrique

[9] http://www.cdc.gov/vhf/ebola/

http://www.cdc.gov/vhf/ebola/outbreaks/history/distribution-map.html

[10] http://mobile.reuters.com/article/idUSKBN0OT0QA20150614?irpc=932

[11] http://www.nytimes.com/2015/07/10/world/africa/surge-of-ebola-in-liberia-is-tracked-to-a-survivor.html?_r=0

[12] http://africayoungvoices.com/2015/04/7-districts-okayed-42-days-ebola-free/

[13] http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2015/liberia-ends-ebola/fr/

[14] Weekly epidemiological record, 22 may 2015, 90(21), 253-260 http://www.who.int/wer

[15] http://allafrica.com/stories/201505010654.html?viewall=1

[16]  Kugelman JR, Wiley MR, Mate S, Ladner JT, Beitzel B, Fakoli L, et al. Monitoring of Ebola virus Makona evolution through establishment of advanced genomic capability in Liberia. Emerg Infect Dis. 2015 Jul [date cited]. http://dx.doi.org/10.3201/eid2107.150522

[17] http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-20-january-2016

[18] http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-3-february-2016

[19] http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(15)00137-1/abstract

[20] http://apps.who.int/ebola/ebola-situation-reports-archive

[21] http://apps.who.int/ebola/ebola-situation-reports

[22] http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-2-march-2016

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[55] http://allafrica.com/stories/201505201591.html?viewall=1

[56] http://www.news24.com/Africa/News/Ghana-halts-Ebola-vaccine-trial-due-to-community-protests-20150611

[57] La mi-étape ou phase II des essais est conçue principalement pour tester la sécurité des vaccins, mais également pour évaluer si ils provoquent une réponse immunitaire[57].

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