Archives mensuelles : novembre 2015

Première analyse, Vendredi noir

L’attentat du vendredi 13 et l’ »Ubérisation » du terrorisme 

Les odieux attentats terroristes qui viennent de faire près de 500 victimes innocentes à Paris, interpellent tous les personnels de santé et de secours qui s’intéressent à l’organisation des secours et des soins d’urgence, au premier chef les membres de la SFMC.

L’émotion et l’empathie que nous avons ressenties à l’égard des victimes et de leurs proches, la colère contenue devant ces crimes inexcusables ne doivent pas nous faire oublier notre mission : celle de réfléchir à la meilleure réponse à apporter aux blessés somatiques ou psychiques.

Cette première analyse est permise par les images et les interviews rapportés par des médias placés volontiers sur le registre émotionnel et par l’écoute de quelques grands témoins que nous avons pu entendre.

Nous n’aborderons volontairement pas, ce n’est pas là notre sujet, les motifs et les facteurs de cet odieux passage à l’acte, les personnalités des assassins terroristes et leurs motivations, les composantes et les conséquences politiques de l’attentat. D’autres se sont étendus sur ces sujets pour lesquels nous n’avons aucune légitimité.

1- Les faits, les chiffres dont nous avons pu disposer (1):

Il s’agit d’une Catastrophe à Effets Limités (CEL), sociétale, sous la forme d’attentats multiples simultanés sur 7 sites distincts.

Les attentats de Madrid et de Londres, du même type, pouvaient laisser craindre leur répétition à Paris.

La chronologie des attaques et leurs impacts sont les suivants :

  • 21h 20 : Premier attentat-suicide par bombe avec projectiles (boulons) au Stade de France : un témoin mort,
  • 21h 25 : Fusillade au restaurant le petit Cambodge et le Carillon : 15 morts,
  • 21h 30 : Deuxième attentat suicide par bombe au Stade de France,
  • 21h 32 : Fusillade aux cafés Bonne Bière et Casa Nostra : 5 morts et 8 UA
  • 21h 36 : Fusillade au restaurant La Belle Equipe : 19 morts
  • 21h 40 :
    • Début de la fusillade au Bataclan et prise d’otages,
    • Suicide par explosion d’un terroriste Boulevard Voltaire,
  • 21h 53 : Suicide par explosion d’un terroriste au stade de France.
  • 00h 20 : Assaut du BRI et du RAID au Bataclan.

Au total 479 victimes ont été répertoriées :

  • 129 morts,
  • 100 UA,
  • 250 UR.

Ces chiffres ne sont pas officiels et ne tiennent pas compte des petits blessés auto-soignés, des impliqués, des otages ou des témoins au contact, des blessés psychiques qui ont consulté les équipes médico-psychologiques.

Quatre pôles différents sont identifiables :

  • Restaurants Le petit Cambodge et le Carillon : Fusillade
  • Restaurants Casa Nostra et la Bonne bière : Fusillade
  • Restaurant la Belle Equipe : un peu plus tard et plus au sud, Fusillade
  • Dancing le Bataclan : Fusillade, Prise d’otage, Exécutions et prise d’assaut : Unité de lieu, localisation dans bâtiment, durée : 2h ½ à 3h.

Chacun a des caractéristiques différentes de durée, de permanence de la dangerosité mais concerne des victimes balistiques avec des morts et des blessés hémorragiques nécessitant une prise en charge rapide : fort pourcentage d’UA.

Les explosions-suicides ou attentats suicides n’ont fait qu’un mort innocent sans blessés.

Douze hôpitaux ont accueilli les UA  :

Hpl Amboise Paré                   1 UA                                                           6 UR

Hpl Pitié Salpétrière             28 UA                dont 10 régulées               25 UR

Hpl Georges Pompidou       11 UA                        10 régulées               30 UR

Hpl St Antoine                         6 UA                             3 régulées              39 UR

Hpl Bichat                                6 UA                             4 régulées              17 UR

Hpl Beaujon                             5 UA                             4 régulées

Hpl Lariboisière                   21 UA                               5 régulées             8 UR

Hpl St Louis                          13 UA                              5 régulées             15 UR

Hpl du Kremlin Bicêtre           2 UA                           2 régulées              6 UR

Hpl Henri Mondor                11 UA                           3 régulées              15 UR

HIA Bégin                              10 UA                            3 régulées

HIA Percy                                   9 UA                           5 régulées

2- Le déploiement des secours :

  • L’anticipation :

La forme multisite de l’attentat de Madrid (mai 2004) a fait composer par la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) un plan de secours et soins d’urgence adapté : le Plan Rouge Alpha[3] dérivé du Plan Rouge destiné à couvrir plusieurs sites de CEL simultanées tout en préservant la capacité de couvrir à la fois la continuité des risques quotidiens et faire face à une deuxième vague de CEL. Basé sur la priorisation des EU et 1ère Urgences après tri, et l’organisation sectorielle intégrée des différents « chantiers », la constitution d’une réserve opérationnelle, ce plan a fait l’objet d’exercices internes à la BSPP.

A la demande du Général commandant la BSPP, le Plan Rouge Alpha avait fait le matin même, l’objet d’une réunion de travail avec l’AP-HP et les SAMU de la grande couronne Parisienne[4].

  • Déclanchement du Plan Rouge Alpha et du Plan Blanc Elargi :

Alertés, les centres de réception des appels de la BSPP (CCOT) et du SAMU (CRAA) qui ont une obligation légale d’information réciproque, engagent leurs moyens selon les procédures prévues :

  • Plan Rouge Alpha pour la Brigade, avec envoi sur les différents sites de moyens d’intervention de premiers secours et de VSAV, renforcés par des Ambulances de Réanimation médicalisées, redéploiement des moyens de la BSPP pour la continuité des moyens opérationnels, mise en œuvre de la cellule de crise, alerte des SDIS de la grande couronne et liaisons avec la Préfecture de Police, les SAMU 75 et 93.
  • Plan Blanc Elargi pour le SAMU 75 en coordination avec le SAMU 93 :
    • envoi de SMUR sur le terrain
    • renforcement de la Régulation Médicale et mise en place de cellules suivi de l’événement, régulation du flux quotidien, anticipation opérationnelle, activation des hôpitaux, liaisons avec la cellule Plan Blanc de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), la Cellule d’urgence du DUS, les SAMU régionaux.
  • alerte des associations de secouristes : Croix Rouge, Protection Civile et Ordre de Malte.

3- Les caractéristiques de l’intervention :

Trois caractéristiques vont dominer :

  • la persistance du danger : du fait de l’évolutivité des agressions unilatérales terroristes-parisiens et les affrontements bilatéraux forces de l’ordre-terroristes, les personnels sont engagés, sans protection individuelle, en zone de tirs possibles ;
  • la concomitance de trois formes d’agressions simultanées :
    • les fusillades à l’arme de guerre,
    • l’explosion de bombes à fragmentation artisanales,
    • la prise d’otage ;
  • l’association de trois dominantes lésionnelles concomitantes :
    • des blessures par balles dont le risque est l’hémorragie dont on sait le danger vital depuis les engagements sur les théâtres de guerre au Moyen-Orient : la mort survient dans la première heure si l’hémorragie n’est pas contrôlée sur le terrain par un garrot (tourniquet) et/ou par l’intervention rapide du chirurgien (Damage Control) ;
    • les victimes d’explosion, généralement criblées d’éclat, exposées aux risques d’un blast primaire, notamment pulmonaire et éventuellement brûlés, dont le devenir immédiat n’est pas aussi rapidement engagé ;
    • les conséquences physiques (mouvements incontrôlés et piétinements) et psychiques auxquelles exposent les prises d’otages en nombre dans un espace restreint.

4- Quelques réflexions :

Elles concernent plusieurs aspects du CEL et de sa prise en charge :

  • L’ »Ubérisation » du terrorisme :

L’utilisation des réseaux sociaux a permis de créer une nébuleuse terroriste sous le mode créé par Uber [5] : un conducteur de voiture particulière va, par exemple, devenir temporairement taxi pour répondre à une demande sur le réseau internet alors que ce n’est ni son métier ni son activité dominante. Le passage à l’acte terroriste, aux conséquences dramatiques, peut être l’œuvre d’un individu isolé, d’un petit groupe réuni pour l’occasion, motivé et téléguidé de loin, de l’étranger.

Cette nouvelle forme d’organisation distendue complique le travail policier de prévention.

A notre sens une des meilleures réponses devrait être l’Ubérisation de la réponse citoyenne symétrique : au mieux l’intervention directe telle qu’elle a été magistralement assumée dans le Thallys, sinon la capacité pour tout un chacun de se préparer psychologiquement, techniquement et matériellement par une formation et des gestes de secourisme adaptés. Les médias ont montré des témoins avec le torse nu : ils avaient enlevé leurs chemises pour faire des garrots improvisés. Contre exemple, le journaliste du Monde qui a filmé les otages en fuite à l’arrière de Bataclan puis qui a courageusement porté secours aux victimes avant d’être blessé par balle au bras est arrivé à l’hôpital avec un hématocrite effondré faute d’avoir contrôlé son hémorragie par un pansement compressif, un garrot.

  • La permanence du danger :

La forme d’agression retenue par les terroristes : succession de fusillades, plusieurs équipes simultanées, plusieurs modes opérationnels ont créé une insécurisation des moyens de secours qui a eu deux conséquences visibles :

  • l’exposition des équipes de sapeurs-pompiers et de personnels de santé aux risques balistiques sans protection individuelle, dans une zone sous le feu ou non sécurisée,
  • la création par la police d’une zone contrôlée très large qui a nui aux déplacements des véhicules de secours, notamment pour organiser des itinéraires libres d’arrivée et d’évacuation. Or tout plan de secours est un plan d’évacuation donc de transport, ici par la route et les rues.

Ceci a contribué au fractionnement des équipes sur les chantiers, à l’isolement opérationnel et aux initiatives individuelles, aux retards d’intervention ou d’évacuation.

  • La direction des secours médicaux :

L’organisation harmonieuse, maîtrisée et hiérarchisée d’une intervention multisite simultanée est complexe mais cependant impérative. Elle se rapproche d’une organisation de secours sur plusieurs chantiers, caractéristique de la catastrophe majeure mais avec un déploiement et une montée en puissance beaucoup plus rapide.

Où doit de situer le DSM ? Combien de DSM et où les prévoir ? Identifiés comment ? Rattachés à quel COS ou chef de chantier ? Dotés de quels réseaux de transmission pour entrer en lien avec qui ?

Lors des reportages le ou les DSM ont été inapparents, il est vrai que les périmètres de sécurité étaient larges et les images prises de loin, les reportages à chaud parcellaires.

  • Le triage et ses conséquences :

Le tri a été effectué selon les critères classiques

  • UA avec risque vital regroupant les EU à risque immédiat et les 1ères Urgences ou U1 avec risque vital contrôlé par réanimation pendant quelques heures, EU et U1 nécessitant un acte chirurgical.
  • UR pour les victimes sans risque vital.

Afin de prendre en charge rapidement les UA, soit l’évacuation s’est faite directement par les SMUR sans passer par le PMA, soit sans création du PMA.

Ceci entraîne un risque de sur-triage qui a pu conduire aux chiffres de 100 UA[6] signalés par la presse et surcharger les points d’accueil hospitaliers.

  • La régulation des victimes :

Elle a été réalisée sur le mode médecine de catastrophe, à la régulation uninominale a été substituée une régulation semi-quantitative :

  • régulation par groupes de victimes catégorisés après mise en alerte des services d’accueil hospitaliers,
  • activation de filières d‘évacuation et de soins dédiées aux UA, aux UR,

Il est à signaler que la totalité des victimes a été admise dans des hôpitaux de Paris et quatre hôpitaux de la petite couronne (militaires, Percy et Bégin ; civils H. Mondor et Kremlin Bicêtre) témoignant de la très grande capacité d’accueil et de traitement de l’AP-HP.

Mais comment aurait pu être géré le même événement en province ? A Nancy, Nantes… dont les capacités hospitalières ne sont pas les mêmes ?

  • La traçabilité des victimes :

Un PMA a été installé dans le restaurant Le Repaire de Cartouche, en face du bar le Petit Cambodgien mitraillé, bien visible sur les écrans. Mais y a t il eu d’autres PMA ?

Il ne pleuvait pas, ne faisait pas froid. Cela m’a rappelé la fusillade de la rue des Rosiers au mois d’août où le PMA avait été installé dans une cour d’immeuble. La prudence impose de prévoir une intervention sous d’autres conditions météorologiques, avec des véhicules moins nombreux offrant un abri insuffisant.

L’absence de PMA et la multiplication des évacuations directes par les SMUR ont contribué à ne pas disposer de listes de victimes, d’autant que les fiches de tri n’ont pas été employées (en tout cas non visibles sur les écrans) et que le système informatique SINUS ne semble pas avoir suivi (pas de bracelets visibles).

Or nous devons aux familles au premier chef et aux autorités la liste des personnes que nous prenons en charge. Un médecin, même et surtout en situation de catastrophe a le devoir d’information direct ou indirect des familles.

La destination préférentielle des victimes vers les hôpitaux de l’AP-HP a permis de reconstituer des listes, mais là encore c’est une exception toute parisienne.

  • Les soins médico-psychologiques :

Le contact direct avec la mort qu’ont vécu les témoins des fusillades, le long calvaire (plus de 2 h) des otages exécutés froidement ne peuvent que provoquer un stress, un choc psychologique facteur de Syndrome Post Traumatique (SPT). Une cellule d’écoute et de réconfort a été installée dès le lendemain matin à l’Ecole militaire pour accueillir les blessés psychologiques et ceux qui ressentaient le besoin de rencontrer un professionnel averti.

A l’heure de la rédaction de ces lignes, nous n’avons pas de renseignements concernant cet aspect très important des soins aux victimes.

  • La multiplication des centres de gestion de crise :

La doctrine élaborée lors de la conception du plan rouge, gage de son efficacité préconise un seul chef, une seule organisation, une mission commune. Cela a été rendu difficile à appliquer par la multiplication des sites, leurs situations dans deux départements (heureusement les explosions du stade de France n’ont fait que peu de victimes).

Il semble également que la multiplication des cellules de crises dans la capitale et ses ministères aient été une gêne au traitement du CEL. Ces dernières, averties de l’importance de l’agression et de ses conséquences ont manqué de renseignements directs et ont de ce fait interrogé les responsables opérationnels déjà très occupés au règlement des urgences.

  • Le nécessaire RetEx :

Un débiefing, retour d’expérience s’impose pour tirer les leçons de cet épisode catastrophique subi en France pour la première fois. Ce débriefing devrait inclure l’ensemble de la chaîne de secours et de soins d’urgence concernés : du policier au directeur d’hôpital en donnant la parole à tous les acteurs publics et privés, gouvernementaux ou associatifs.

C’est à ce prix que le plan rouge alpha peut être rendu plus performant encore, qu’il sera complété par un plan blanc élargi adapté si cela apparaît utile.

C’est ce que nous souhaitons, persuadés que c’est dans l’analyse scientifique, à distance de l’évènement pour ne plus subir de pression psychologique et médiatique, que peut survenir le progrès.

En conclusion :

Il ne nous appartient pas de gloser sur les facteurs de l’attaque terroriste subie par notre capitale le 13 novembre, ni sur les mesures de prévention qu’il aurait fallu prendre ou qui doivent être développées. Ceci n’est pas notre propos.

Cependant la forme nouvelle du terrorisme, portée par les réseaux sociaux, qui vise à mobiliser des individus en dehors d’un schéma organisationnel rigide, repérable, que j’ai proposé d’appeler l’Ubérisation du terrorisme, réclame une contremesure du même mode : la diffusion dans le public de la capacité de se prendre en charge sans délai. Diffuser les techniques de self protection, les techniques et les matériels de premiers secours nous semble aller dans le sens d’une plus grande résilience des populations.

L’attentat multisite dont nous venons de vivre la première manifestation a fait l’objet, depuis les attentats similaires mais non identiques de Madrid et de Londres, de la rédaction par la BSPP d’un plan rouge alpha. Le 13 novembre a été sa première application. Il est souhaitable que ce plan soit approfondi et mieux connu, qu’il dispose d’un volet complémentaire blanc.

L’extraordinaire capacité d’accueil et de traitement de l’énorme conglomérat hospitalier que constitue l’AP-HP a absorbé l’essentiel des blessés. Un renforcement des équipes de garde par des confrères et des paramédicaux qui se sont présentés spontanément a également contribué à augmenter encore la capacité de traitement. Mais ce qui est valable à Paris, capitale suréquipée en capacité hospitalière ne l’est certainement pas dans le reste de la France. Ceci plaide pour le respect des fondamentaux de la médecine de catastrophe qui ne doivent pas être oubliés.

Il est très important de tirer les leçons de cette catastrophe : organisation des secours, techniques employées, matériels utilisés etc… C’est ainsi que la SFMC se propose de réunir et écouter les grands témoins le 27 janvier au matin.

Si le lecteur de ces pages très personnelles avait l’envie de compléter ces informations, de transmettre une remarque ou une critique, de faire part d’une expérience personnelle, il sera écouté ou lu avec beaucoup d’intérêt.

Au lendemain de la plus importante catastrophe que la France ait eu à déplorer depuis la rupture de barrage de Malpasset (décembre 1959), cette première analyse rédigé en hommage aux victimes et à leurs familles, et aux personnels de santé, de secours et de sûreté engagés.

L’éditorial de la prochaine Lettre de la SFMC n° 84 y sera également consacré avec des éléments lus actualisés.

Henri JULIEN
Président de la SFMC
23 novembre 2015

[1] Ces éléments proviennent de sources diverses : journalistiques, relationnelles ; toujours publiques. Elles méritent toutes vérification et ne sont pas vérité, mais elles permettent une première réflexion sur les bases disponibles à l’heure où ces lignes sont écrites. HJ

[2] Deux sources différentes avec des chiffres non concordants. Dernière source : http://www.thelancet.com/pb/assets/raw/Lancet/pdfs/S0140673615010636.pdf

[3] Le médecin en chef C. FUILLA étant médecin chef de la BSPP.

[4] Départements 75, 92, 93, 94 qui constituent la zone d’intervention de la BSPP.

[5] Uber, anciennement UberCab, est une entreprise technologique qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. www.uber.com/Conduire

[6] Au lendemain du week-end toujours selon les journaux seuls 43 victimes étaient encore en ranimation, un était décédé.

Actualités 1° quinzaine novembre

Actualités de la 1° quinzaine de novembre 2015

C’est arrivé…

              Un premier novembre

    -Le 1er novembre 1347, Marseille(France)

Début de l’épidémie de peste noire importée de Crimée par les galères génoises L’épidémie va évoluer en pandémie dans toute l’Europe entre 1347 et faisant environ 25 millions de morts soit entre 30 et 50% de la population.

    -Le 1° novembre 1755, Lisbonne (Portugal

Séisme de Lisbonne qui demeure une des catastrophes naturelles les plus marquantes de ce siècle autant par son intensité (estimée à 8,2),l’accompagnement d’un tsunami, l’importance des destructions matérielles aggravées par les incendies(outre les bâtiments, des œuvres d’art, des bibliothèques, des musées), et le nombre des victimes entre 50 000 et 70 000.

Dans ce 18° siècle des lumières, ce tremblement de terre très dévastateur donna lieu également à des « échanges de point de vue » entre les principaux philosophes de l’époque (Jean-Jacques Rousseau, Voltaire

    -Le 1° novembre 1970 Saint-Laurent-du Pont (Isère France),

Il y a 45 ans, le 1er novembre 1970, un incendie anéantissait le 5-7, un dancing à la mode situé à l’entrée de Saint-Laurent-du-Pont en Isère, 147 morts, asphyxiés, brûlés,

              Un quinze novembre

    –Le 15 novembre 1793, France, naissance de la baguette de pain.

Un décret de la Convention stipule que tous les Français doivent manger le même pain : « La richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l’égalité, il ne sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche et un pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d’incarcération, de faire une seule sorte de pain : le Pain Égalité ».

Plus tard (Napoléon III°) des modifications apparaitre on dans ses caractéristiques

   –Le 15 novembre 1889, le Brésil devient une république

L’armée destitue l’empereur Pierre II et instaurent la République.

   –Le 15 novembre 1930, Lyon(France) : catastrophe de Fourvière.

Les secours se poursuivent à Fourvière où tout  un pan de colline s’est effondré  dans la nuit du 12 au 13 novembre avec d’importantes destructions et 40 victimes dont des pompiers et des gardiens de la paix.

   –Le 15 novembre 2003, Saint Nazaire(France) effondrement d’une passerelle

Quelques semaines avant sa livraison et alors qu’il est au stade des essais et finitions, le Queens Mary 2 est ouvert aux visites pour les employés et leur famille. C’est alors qu’une passerelle qui relie la cale sèche, où le navire est en cours d’armement, au quai s’effondre. Les victimes tombent de plusieurs dizaines de mètres et on compte alors 15 morts et 37 blessés.

                            Et en 2015 ?

Les faits relatifs aux attentats du 13 novembre à Paris ne seront pas évoqués car ils feront ultérieurement l’objet d’une analyse de la SFMC.

  •  France, Alsace, accident d’un TGV, le 14 novembre 2015

Accident de TGV concernant une rame d’essai à Eckwersheim, en Alsace, selon les informations disponibles le TGV aurait heurté une pile de pont après déraillement et une des « locomotives »est tombée dans le canal tandis que les autres rames se renversaient.

Sur un total de 47( ?) passagers le bilan seraient de 11 morts et disparus et 39 blessés dont des enfants.

Toutes les victimes sont des agents de la SNCF qui procédaient aux essais de cette nouvelle rame.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/accident-de-tgv-en-alsace-les-recherches-de-corps-se-poursuivent-la-caus

Analyse

Les accidents graves de TGV sont rares depuis sa mise en service en 1981 en particulier « les sorties de voie » ou déraillement.

Actuellement aucune explication n’a été avancée pour cet accident.

Au-delà de ces recherches de cause on peut s’interroger sur la présence d’enfant dans une rame de TGV effectuant des essais, probablement des enfants de personnels profitant du « spectacle ».

Cet événement doit entrainer une réflexion pour l’ensemble des acteurs de secours qui peuvent « un jour ou l’autre » participer à un dispositif « DPS »(dispositif prévisionnel de secours) mis en place pour une activité festive quelconque( match de foot, course automobile, concert de musique etc.) : ne jamais profiter de cette possibilité d’y faire assister sa famille  en raison du dilemme en cas d’accident collectif, assurer son rôle d’acteurs de secours ou se préoccuper du sort de sa famille ?

  • Chine, glissement de terrain, le 14 novembre 2015

Les secours se poursuivent pour essayer de retrouver des survivants dans le glissement de terrain survenu dans la province du Zhejiang, à l’est de la Chine

Des coulées de boues et des chutes de rochers ont enseveli 27 maisons dans ce village, et 21 autres ont été inondées.

Le bilan initial fut de 21 morts et 16 disparus, d’autres sources donnent 21 morts et 21 disparus.

http://french.xinhuanet.com/2015-11/15/c_134818784.htm

Analyse

Les conséquences de cet événement s’inscrivent dans « le classique » des glissements de terrain de cette importance après des pluies importantes : glissements de terrain et coulées de boues sont associés, les recherche de survivant sont difficiles et souvent totalement infructueuses, les bilans humains toujours provisoires comportent toujours des disparus, en fait des « morts potentiels » dont les corps ne seront jamais retrouvés.

Au délai des recherches  éventuelles des disparus, l’essentiel des actions de secours et de soins sera orienté vers la prise en charge des rescapés-sinistrés.

  • France, interdiction provisoire  des feux d’artifices en Ile de France, le 15 novembre 2015

« Jusqu’au 16 novembre minuit, un arrêté, pris samedi 14 novembre par le préfet de police de Paris,  interdit la vente et le transport des engins d’artifice en Ile-de-France. Un arrêté bien évidemment pris dans le « contexte des attentats » qui prohibe « la cession, à titre onéreux ou non, des artifices de divertissement » ainsi que leur transport par les particuliers. »

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/attentats-a-paris-les-engins-d-artifice-interdits-en-ile-de-france-7780516631

Analyse

La mise en œuvre des feux d’artifices et des pétards a toujours été l’occasion de fausses alertes, de de rumeurs et de panique de foule dans des villes où sont survenus récemment des attentats terroristes marqués par des explosions et de tirs d’armes automatiques.

Dans les Lettre de la SFMC ces événements ont été relatés à plusieurs reprises.

Il apparait donc logique d’interdire l’emploi de ces systèmes pyrotechniques mais pourquoi pour une durée si courte ?

  • Brésil, rupture d’un barrage minier, le 6 novembre2015

« Un village presque entièrement submergé et un bilan provisoire d’au moins 17 morts et cinquante blessés. C’est la conséquence de l’effondrement d’un barrage minier dans le sud-est du Brésil. Une coulée de boue a déferlé sur deux kilomètres dans la localité de Bento Rodrigues, engloutissant des habitations et rendant impraticables les voies d’accès au village. Les habitants ont été évacués mais outre les victimes retrouvées, une quarantaine de personnes manqueraient à l’appel. Les conséquences sur l’environnement pourraient être désastreuses. Cette coulée est constituée de déchets provenant d’une exploitation de minerai de fer et elle contient des résidus toxiques. Pour l’heure, aucune explication sur l’origine du désastre. Le barrage était géré par une compagnie minière, propriété de deux groupes, brésilien et australien ».

http://fr.euronews.com/2015/11/06/bresil-un-barrage-minier-s-effondre/

Analyse

Un deuxième barrage s’est effondré deux jours après et actuellement un 3° barrage est instable

Les barrages miniers sont des ouvrages d’art particulier construits pour retenir  des eaux « industrielles « provenant d’une activité minière.

Ces barrages sont également dénommés barrage de stériles qui est donc  une structure visant à contenir les stériles miniers et les eaux usées lorsque les métaux lourds forment un dépôt avant le retour de l’eau au milieu local.

Les ruptures de ces barrages exposent donc les populations –victimes  à deux types de dangers et de risques ; celui de la noyade par la masse d’eau et de boue qui déferlent et ensuite aux contaminations des sols par les résidus toxiques.

Ce sont donc des catastrophes « duales » et pour lesquelles les secours immédiats sont de même  nature que pour la rupture d’un barrage en eau.

    -1966, Bulgarie : rupture du barrage de la mine de cuivre de Plakalnitsa près de Vratsa, des dégâts matériels important et environ 500 morts.

    -2010, Hongrie : rupture du barrage de retenue d’une usine d’aluminium, 10 morts.

    -2010, Mozambique : rupture du barrage de retenue d’une usine de titane ,des morts?

  • Etats-Unis un déraillement de train de TMD, le 6 novembre 2015

32 wagons ont quitté la voie après un déraillement. L’accident s’est produit près de la ville américaine d’Alma, dans le Wisconsin. Le déraillement du train, qui transportait des réservoirs remplis d’alcool dénaturé, a entraîné la fermeture des routes avoisinantes et l’évacuation des habitants du quartier. La catastrophe a eu lieu le long du fleuve Mississippi

http://actu.orange.fr/image/monde/etats-unis-un-spectaculaire-deraillement-vu-du-ciel-magic_CNT000000ffACA.html

Analyse

Ce type d’accident est actuellement très fréquent aux Etats-Unis et au Canada, leurs conséquences sont variables, celle survenue l’an dernier à Lac Mégantic illustre bien les risques permanents pour les populations avoisinantes, concept particulier qu’il faut prendre en compte dans les conséquences des catastrophes industrielles et technologiques.

  • Turquie, intoxications collectives avec alcool frelaté, le 2 novembre 2015

Le bilan des victimes, ayant consommé récemment de l’alcool frelaté à Istanbul en Turquie s’est élevé à 23 morts, rapporte l’agence de presse turque Anatolie.

11 personnes sont mortes durant le weekend, alors qu’une quinzaine d’autres individus se trouvent encore dans les soins intensifs dans plusieurs hôpitaux de la ville.
Au total, 89 personnes ont été hospitalisées depuis le 18 octobre dernier à Istanbul. Elles avaient toutes bu du « Raki ». Il s’agit d’une boisson anisée fortement alcoolisée de consommation courante en Turquie. Les autorités ont détecté la présence d’alcool méthylique dans cette  boisson

http://www.jawharafm.net/fr/article/turquie-23-deces-lies-a-l-alcool-frelate/106/29506

Analyse

Avec les intoxications alimentaires  d’origine infectieuse le plus souvent, ce sont les intoxications avec de l’alcool frelaté que représentent les formes d’intoxications collectives graves le plus souvent recensées.

René Noto

Lettre SFMC n° 80 « Fusillades »

Lettre SFMC n° 80 « Fusillades »

Dans l’attente d’un nouveau numéro de la Lettre de la SFMC qui devrait paraître fin novembre, nous vous proposons, avec le plein accord de son rédacteur R. Noto, de prendre connaissance de la Lettre de février n° 80 qui était consacrée au thème Fusillades.

9 mois  après Charlie et sur un mode à la fois plus extensif (7 ou 8 spots simultanés) et associant des explosions, de nouvelles réflexions sont à développer sur l’ensemble des méthodes et moyens de réponse médicale. Tout évolue vite. Il s’agit pour nous, médecins et personnels de santé de tirer les leçons de ces Catastrophes à Effets Limités, c’est un des rôles fondateurs de la SFMC.

Pour prendre connaissance de cette Lettre : cliquez sur Lettre n° 80.

Je profite de l’occasion donnée pour remercier tous ceux et celles qui ont manifesté leur empathie par mail ou sur le site. C’est un apaisement dans ces moments où la déshumanisation et le mépris de la vie humaine semble prendre le dessus. Que tout « ce qui ne nous abat pas contribue à nous rendre plus fort« . Ne désarmons pas et montrons nous capables de relever le défi des soins d’urgence aux blessés. C’est notre vocation.

Merci pour votre intérêt pour la médecine de catastrophe et la SFMC.

Henri JULIEN
Président de la SFMC

Attentats à Paris

Attentats à Paris

Terribles multi-attentats à Paris, simultanément sur 8 sites différents : fusillades, attentats suicides à la bombe avec un bilan très lourd : à cette heure 127 morts, 180 blessés dont 80 UA.

Déclenchement du Plan Rouge Alpha de la BSPP (plan NoVi multisite) avec une couverture rapide des huit points, intervention massive du SAMU de Paris renforcé par les SAMU et SMUR de la petite et  grande couronne et appuyés par le plan blanc élargi déclanché, épaulés par les secouristes associatifs Croix Rouge et Protection Civile. Première impression (au travers des médias) de couverture rapide de l’évènement multiple malgrès l’énormité de la tâche à accomplir.

Sapeurs-Pompiers BSPP - SAMU de Paris - Croix-Rouge engagés

Nous reviendrons bien sûr sur ce douloureux évènement majeur.

Merci à tous ceux qui, de France et de l’étranger nous ont manifesté leur sympathie.

La SFMC tient à manifester son empathie aux familles injustement atteintes en espérant que notre groupe associatif ait été épargné.
Elle présente son soutien amical et professionnel le plus entier aux intervenants médecins, personnels de santé,  secouristes et personnels de sûreté engagés et toujours au travail, et les assure de sa sympathie dans ces moments très difficiles.

H. JULIEN
Président de la SFMC

Risques technologiques, Kourou

Session

Réponses aux risques technologiques

en situation d’éloignement

 

Kourou, 4 et 5 novembre 2015

A la demande du Centre Spatial Guyanais (CSG) et du Centre Médico-chirurgical de Kourou (CMCK) la SFMC a organisé une session de médecine de catastrophe consacrée aux risques technologiques en situation d’éloignement, d’insularité et à leur couverture.

Un groupe d’adhérents locaux et de personnes impliquées a permis de mobiliser un comité d’organisation transatlantique entraîné localement par le Dr Martine Papaix-Puech (membre SFMC n° 1490) et constitué des Drs et Mrs Béatrice Bouvet, Gerald Egmann, Christophe Hackett, Olivier Kleitz (mbre n° 1238) , Jean Laversanne (CA SFMC n° 1236), Olivier Martin, Jean-Pierre Trinchero, C’est ainsi que l’ensemble des services concernés ont participé au montage de ces journées : le CMCK, la Croix-Rouge, le SAMU, le SDIS, le CSG, l’UES du CSG.

La même semaine, une formation d’ingénieurs et de responsables de sécurité au management de crise a été organisée par le CSG. L’idée a été d’associer ces spécialistes aux personnels de santé à la partie théorique de la 1ère journée, à l’exercice, afin que les médecins rencontrent les ingénieurs et réciproquement et provoquer un échange de culture sur ce sujet. D’autant plus important que l’ensemble de ces métiers et ces compétences seraient mobilisées lors d’une catastrophe.

Plusieurs temps ont été retenus :

  • – une matinée théorique pour présenter la médecine de catastrophe, l’analyse des risques locaux et les mesures de prévention et d’atténuation des risques.
  • – une après-midi consacrée à des aspects actuels du relevage des blessés contaminés : toxicologie et damage control, et quatre ateliers : EPI , perfusion intra-osseuse, décontamination oculaire, communication et catastrophe.
  • – un exercice ayant pour thème : chute d’un ULM lors du fête d’aéroclub avec explosion et épandage d’ammoniac provoquant 30 victimes. Exercice suivi d’un débriefing.

129 participants ont été comptabilisés par le portique à l’entrée de la salle Jupiter 2 où s’est déroulée la matinée théorique.

Les 129 auditeurs en salle Jupiter 2 du Centre Spatial Guyanais

7 adhérents métropolitains de la SFMC ont traversé l’Atlantique pour participer au colloque : six médecins et un pharmacien, des personnels de santé sont venus de la Martinique, de St Martin, de l’intérieur de la Guyane de  Cayenne situé à 60 km et de St Laurent du Maroni éloigné de près de 200 km.

29 personnels ingénieurs, personnels de sûreté et de sécurité en cours de formation au management des crises dispensé sous l’autorité de P. Lagadec ont également participé à la matinée théorique, à l’exercice et à son débriefing.

L’ouverture de la session a été assurée par Mrs Jan Droz représentant le Directeur Gl du CSG Mr Bernard Chemoul, Christophe Hackett Directeur général du CMCK co-initiateurs et co-supporter du colloque, ainsi que par le Président de la SFMC. Le général Boutinaud, commandant la BSPP présent à Kourou nous a fait l’honneur de prononcer également quelques mots.

Durant la matinée pratique ont été abordés les sujets suivants :

Sous la résidence du Cl Felix Antenor-Habazac, directeur du SDIS 973 et du Dr M. Papaix-Puech médecin chef du pôle urgence du CMCK :

  • – Risque technologique et médecine de catastrophe en situation d’éloignement par le Dr H. Julien, afin de bien définir l’état de catastrophe, la notion de risque technologique et les conséquences de l’éloignement sur l’organisation des secours.
  • – Cartographie des risques en Guyane par Mme E. Ermont de la Direction de l’environnement et de l’aménagement et du logement, qui a brossé le panorama des risques présents dans le département en insistant sur les risques technologiques : TMD, sites classés SEVESO…
  • – Risques technologiques au Centre Spatial Guyanais par Mr JP. Trinchero qui a présenté les risques présentés par l’activité du CSG dans son emprise et dans ses abords ainsi que les précautions prises pour limiter les aléas accidentels.
  • – Gestion de crise en région éloignée, une nécessaire coordination interservices par Mr F. Clot de l’état major interministériel de crise de la Zone de Défense de Guyane qui a présenté et explicité les différents plans de prévention et de traitement des aléas catastrophiques guyanais en insistant sur la nécessaire mutualisation et mise en coordination des moyens disponibles en regard des délais nécessaire à l’arrivée de renforts extérieurs, des îles françaises caraïbes ou de la métropole.
  • – Gestion des urgences collectives en Guyane, présentée par le Dr G. Egmann, médecin chef du SAMU 973 de Cayenne. Le Dr Egmann a insisté sur la limite des moyens propres de la Guyane, l’étendue du département et la relative dispersion des populations, les difficultés de déplacement et de contact par les moyens de transmission classiques, la nécessité de faire appel à des moyens d’évacuation aériens tant à l’intérieur de la Guyane que vers l’extérieur.

Après une courte pause café et sous la présidence du MCS D. Belleoud, DIASS de Guyane et de Jan Droz, Directeur adjoint du CSG, les travaux ont repris en salle Jupiter :

  • – Les principes d’organisation des secours pour accident chimique, par  le Cne L. Onillon, commandant le détachement (UES) de la BSPP au CSG. Le rappel de la circulaire 700 de ses principes et de son évolution, l’organisation des différentes zones et leur signification opérationnelle, les méthodes de décontamination et de protection des personnels ont fait l’objet d’une actualisation et d’une application aux aléas locaux.
  • – Les principes de médicalisation d’urgence de victimes NRBC-E en nombre, par le Pr JP Auffray de l’Université Aix-Marseille ont été rappelés : nécessité de protection des intervenants et respects des consignes de sécurité, médicalisation la plus précoce possible en se limitant au strict nécessaire, utilisation des techniques et moyens les plus avancés.
  • – Le rôle de la Croix-Rouge lors de la gestion d’un afflux de victimes a été présenté par Mr C. Talmet de Direction des urgences et du secourisme de la Croix Rouge Française. Ont été présenté le haut niveau de préparation en personnels et en matériels, leur prédisposition sur le territoire national et leur capacité de projection. L’importance de préparation de la population aux aléas catastrophiques a été rappelée afin de majorer son niveau de réponse et de résilience.

Après une pause collation servie sur place au rez-de-chaussée du bâtiment Jupiter, l’ensemble des personnels de santé se sont dirigés vers la salle de cinéma du 3ème REI de Kourou mis aimablement à notre disposition grâce à l’intervention d’O. Kleitz.

Plus de 70 personnels de santé ont pu ainsi écouter deux key notes :

  • – Toxicologie industrielle pour le médecin non spécialiste :Toxidromes et Antidotes traités par le Pr JP Auffray de l’Université Aix Marseille qui a présenté et commenté les tableaux présentant les tableaux cliniques d’intoxication accidentels aigus par les toxiques industriels et les mesures thérapeutiques qui peuvent être prises en urgence.
  • Damage Control par le Pr JP Tourtier, médecin chef de la BSPP qui a souligné l’importance de ce nouveau concept dérivé du damage control chirurgical appliqué à la médecine de réanimation pré-hospitalière : le damage control ressucitation l’importance et les moyens de contrôle de l’hémorragie, la lutte contre l’hypothermie et l’acidose, les modalités et limites du remplissage ont été développés.

Dans les locaux de l’infirmerie du 3ème REI ont été organisés quatre ateliers suivis en rotation par plus de 64 personnels de santé médecins et infirmiers :                   

  • – EPI animé par J. Laversanne qui a présenté les indications et limites des différents masques de protection respiratoires et les tenues de protection chimique utilisées par les personnels de santé en intervention,
  • – Atelier perfusion intra-osseuse animé par le Dr N. Barthès, médecin chef du 3ème REI qui en a présenté les indications et les limites et permis aux auditeurs de pratiquer la mise en place d’un trocart intra-osseux grâce au matériel de démonstration mis gracieusement en place par la société Téleflex.
  • – Conduite à tenir devant un œil ayant reçu une projection de produit chimique, atelier avec une mise en situation très réaliste et particulièrement interactif animé par le Dr Gérard, ophtalmologue de l’hôpital de Cayenne.
  • – Communication et catastrophe dont les principes ont été rappelés par L. Abriat dont l’expérience au sein du HCFDC et la DSC a rendu l’atelier riche de conduites à tenir et d’écueils à éviter, tout en rappelant la nécessite de tenir compte de l’existence des interlocuteurs inévitables que sont les médias.

Le lendemain s’est déroulé un exercice avec deux pôles nécessairement complémentaires dont le thème secours et soins a été le suivant : un ULM chargé d’ammoniac chute sur des participants à une fête aéronautique sur le terrain de l’Aéroclub de Kourou, distant de 7 à 8 km environ du centre médical de Kourou, le CMCK où les victimes vont être accueillies. 30 victimes blastées, brûlées, blessées et contaminées dont 10 UA. Convention de manœuvre précisée par le Dr J. Laversanne.

Cet exercice avait trois points forts :

  • – sur le terrain le relevage, la décontamination d’urgence, le traitement et l’évacuation de 20 des victimes. Ce sont 82 sapeurs de l’UES qui ont animés ce pôle : premiers engins pompes et VSAV qui ont contrôlé le feu et l’épandage, organisé le rassemblement des victimes, déshabillé les valides et décontaminé au jet les présents. La mise en place d’une unité de décontamination sous le vent en zone indemne a permis de passer sous la douche les victimes non encore décontaminées avant leur traitement médical dans le PMA déployé à la demande du premier DSM joué par le Dr B. Bouvet sous les yeux du Gl commandant et du médecin chef de la BSPP présents.
  • – la convention de manœuvre prévoyait que 10 victimes contaminées avaient été évacuées non décontaminées par des témoins vers l’hôpital du secteur le CMCK. Ce dernier dispose de deux chaînes de décontamination, valides et invalides afin d’assurer conjointement la décontamination des victimes et la protection de l’hôpital d’une éventuelle contamination de transfert. Dans ces chaînes organisées devant le service d’urgence, les victimes étaient conduites, décontaminées et protégées des regards par des bâches légères imperméables tendues sur des fils. Les personnels étaient protégés par les EPI adaptés (masque filtrants, tenues de protection chimique) placés sous la conduite du Dr O. Martin.
  • – Le plan blanc version C du CMCK a été déclenché afin de tester les mesures prescrites et leur niveau d’application. La cellule de crise a été développée dans un local de la pharmacie doté du matériel d’aide à la décision. Mme C. Bourgeois et le Dr M. Papaix-Puech ont animé la cellule sous le regard du Dr G. Egmann observateur.

Plus de 110 participants au colloque ont suivi l’exercice, quelque fois sur les deux pôles pourtant distants. Un débriefing de l’exercice, très animé a réuni tous les participant y compris une dizaine de plastrons salle Jupiter. Les différents acteurs des pôles et  plastrons ont décrit leur idée de manœuvre, les problèmes rencontrés et les choix qu’ils ont faits. La salle a participé très activement à la discussion qui de ce fait a été très enrichissante pour tous.

Une évaluation de l’ensemble des deux journées a permis aux participants d’en dégager les points faibles et les points forts avant que tous se dispersent après ces deux belles journées.

Première de la SFMC en Guyane qui a été une réussite incontestable tant par le nombre des participants que par leur participation et la qualité des interventions des orateurs.

Et c’est donc sur des remerciements sincères aux orateurs, aux animateurs et aux initiateurs et organisateurs de ce colloque MM JP. Trinchero et C. Hackett, les Drs M. Papaix-Puech et O. Kleitz auxquels se sont joints les Dr J. Laversanne, B. Bouvet et O. Martin sans lesquels ce colloque n’aurait pas vu le jour.

Seul regret, mais il est de taille : la fusée Ariane devait partir le 5 alors que la totalité des participants étaient présents, n’est partie que le 10 alors que nous étions revenus en métropole !

H. Julien

Cata. techno, C. Spatial G. Kourou

4 & 5 novembre 2015

Centre Spacial Guyanais
Kourou

Session de la SFMC
En partenariat avec CMCK, CRG, CSG,
Commune partiellement avec une session de Gestion de Crise pour les ingénieurs par P. Lagadec

A la demande du Centre Médico-Chirurgical de la Croix-Rouge à Kourou et du Centre Spatial Guyanais, la SFMC organise une session de deux jours :

– mercredi 4 novembre :
Matinée : Accident technologique et insularité,
                 pour les personnels de santé, les ingénieurs du CSG, les personnels de secours
Après-midi : Techniques médicales,
pour les personnels de santé médecins et infirmiers

-jeudi 5 novembre ;
Matinée : Excercice accident technologique avec 30 blessés Blastés, Brulés,
Après-midi : Débriefing-Discussion.

Inscription sans frais.
Validation DPC ou formation professionnelle avec partcipation aux frais.

Programme de la session

Bulletin d’inscription

Cette session pourrait donner lieu à un programme touristique de visite du département de la Guyane d’une semaine environ sous condition que 15 personnes au minimum soit intéressées afin d’obtenir untarif préférentiel de groupe. Pour cela retourner le bulletin d’intérêt et le retourner à l’adresse mail indiquée : Bulletin d’intérêt
A ce jour huit adhérents de la SFMC se sont déclarés intéressés (sans engagement).