Archives mensuelles : mai 2015

Actualités de mai 2015

C’est arrivé en mai.

 
8 mai 1842, France, Meudon
Première catastrophe ferroviaire en France sur la ligne  Versailles – Paris, déraille puis incendie Le bilan est de  55 morts et nombreux blessés.
29 mai 1985, Stade du Heysel à Bruxelles(Belgique)
Rixes entre supporters d’un match de foot ion de la finale de Coupe d’Europe des clubs champions 1984-1985 entre le Liverpool Football Club et la Juventus Football Club. Bilan de 39 morts et plus de 454 blessés.
5 mai 1992, stade de Furiani en Corse
Effondrement d’une tribune du stade Armand-Cesari lors de la demi-finale de la coupe de France de football 1991-1992 opposant le SC Bastia à l’Olympique de Marseille. Bilan de 18 morts  et plus de 2000 blessés.
 
                                          Et en 2015
  • Le Népal, un mois après
Quelques commentaires et aperçus.
 
La diplomatie du désastre humanitaire a de beaux jours devant elle.
Elles donnent aussi l’occasion aux États d’afficher leur puissance, leur héroïsme et leur générosité,
  • États-Unis, Texas, inondations, mai 2015
Inondations majeures rurales et urbaines d’origine fluviales et nécessitant de nombreuses évacuations d’urgence.
L‘état de catastrophe naturelle a été décrété dans une quarantaine de comtés du Texas.
Le bilan humain est de plus de 20 morts.
  • Inde, vague de chaleur, 22 mai 2015
Depuis plusieurs jours deux états du sud de l’Inde sont soumis à une vague de chaleur très importante avec des températures diurnes autour de 45 °C.
Le bilan actuel serait de 430 morts et la plupart des victimes sont âgées de plus de 50 ans et ont travaillé au soleil.
Analyse
Les morts par vague de chaleur sont fréquentes en Inde et les victimes sont dans la grande majorité des cas des travailleurs et des personnes qui restent longtemps exposées au soleil.
En juin 2014 un épisode identique avait causé la mort de nombreux habitants.
Les autorités ont rappelé les conseils habituels : » rester à l’ombre, boire abondamment, porter des vêtements de coton ample et un chapeau….. »
  • Canada, incendie de forêts, 25 mai 2015
Multiples feux de forêts dans l’ouest du Canada, ce qui a nécessité l’évacuation de quelque 7000 habitants et employés de compagnies pétrolières car plusieurs foyers étaient hors de contrôle.
Analyse
Un grand de ces incendies sont liés aux impacts de foudre  cependant la quasi-totalité des feux de forêts sont du chaque année à des causes humaines
Actuellement e leur importance pourraient justifier des renforts venant des États-Unis et du Mexique car ils sont relativement proches des divers sites pétroliers de la région.
Cet événement est un autre exemple de « catastrophe » duale.
D’autres incendies sont apparus dans diverses autres régions du Canada.
  • Algérie, campagne de prévention aux feux de forêts et des incendies, 23 mai 2015
Une campagne de sensibilisation et de prévention aux feux de forêts et des incendies de récoltes a été lancée dans la wilaya de Constantine à l’initiative de la direction de la protection civile car chaque
  • Tunisie, campagne de prévention des feux de forêts
Pour une durée de 6 mois une campagne de prévention des feux de forêts a été lancée en Tunisie par la DGF (Direction générale de la Forêt).
Analyse
Chaque année les incendies de forêts en Tunisie détruisent de grandes surfaces, ainsi pour la seule période allant du 1er mai au 26 août 2013, 3943 hectares de forêts ont été ravagés par 217 incendies.
La forêt tunisienne, dont la superficie est estimée à 5,6 millions d’hectares, parcours et les soit 34% du territoire national, représente une source de vie pour presque 1 million d’habitants des zones rurales et forestières tunisiennes, soit 9% de la population totale.
  • Chine, pluies et glissements de terrain, le 25 mai 2015
Des pluies torrentielles à l (occasion de violents orages sont survenues dans plusieurs provinces chinoises depuis le début du mois de mai.
 
Ces pluies ont provoqué de nombreux glissements de terrain. Le bilan actuel est de 35 morts et une dizaine de disparus.
  • Colombie, glissements de terrain, le 18 mai 2015
De fortes pluies ont entrainé des glissements de terrain à Salgar dans le nord-ouest de la Colombie.
Le bilan actuel a fait état de 92 morts.
Analyse
Comme dans la plupart des glissements de terrain provoqués par les pluies, les chances de survie sont très faibles, morts et disparus sont les conséquences les plus fréquentes.
Le nombre de victime ne peut être connu avec une certaine certitude qu’au bout de plusieurs jours et pour cet accident il aura fallu près de 8 jours pour établir un bilan définitif.
La recherche des corps quand elle est possible a pour seul but, après identification médicolégale, de respecter les rites funéraires organisés par les autorités locales car souvent ce sont des familles entières qui ont été tuées.
  • Atlantique, les prévisions cycloniques en 2015
L‘agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) a fait part de ses prévisions pour l’année 2015 en termes d’ouragans sur l’Atlantique
 
Il y aura moins d’ouragans que d’habitude, mais elle la possibilité de tempêtes majeures dévastatrices n’est pas exclue.
Pour cette année, il y a 70% de probabilités que six à onze tempêtes tropicales se produisent pendant cette saison. Trois à six d’entre elles pourraient devenir des ouragans, dont deux au maximum de catégorie 3, 4 ou 5 avec des vents d’au moins 178 km/h.
Analyse
Ces prévisions devraient permettre de mieux préparer les populations en cas d’ouragans très importants en particulier en ce qui concerne les évacuations de préventive de certaines zones très menacées.
  • Indonésie, glissement de terrain, le 11 mai 2015
Glissement de terrain à Java dans l’ouest de l’Indonésie, le bilan initial faisait état de 11 morts.
  • Philippines, évacuations de masse, le 10 mai 2015
À l’approche du typhon Noul dans le Nord des Philippines, les autorités ont procédé à des évacuations de masse en raison des risques d’inondations, de glissements de terrain et de vagues géantes.
  • Sibérie, glissements de terrain liés au réchauffement climatique
Des glissements de terrain se sont produits sur les versants de lacs de Yakoutie Centrale entre 2011 et 2013
Des études ont montré que ces événements étaient dus à la fonte du pergélisol Ils ont ainsi pu montrer que c’est l’insolation qui contrôle quand et où se produit cette fonte présent sur les pentes de ces lacs.
Depuis le début des années 1960, une augmentation de 3°C de la température annuelle moyenne de l’air a été observée en Sibérie Centrale. Dans cette région, la Yakoutie Centrale présente un pergélisol exceptionnellement riche en glace très sensible aux variations climatiques.
http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=13959
Analyse
Avec les pluies importantes et les séismes il faut donc prendre en compte cette nouvelle cause de glissement de terrain, du moins dans des régions spécifiques.
  • Nouvelle Zélande, inondations et glissements de terrain
De fortes pluies ont provoqué des inondations et des glissements de terrain dans la région Wellington, en Nouvelle Zélande.
Si le bilan humain est très faible, un seul mort, les perturbations de la vie sociale et économiques sont marquées : ralentissement des déplacements routiers et ferroviaires
  • Mer du Nord, cargo en feu, le 25 mai 2015
Le Purple Beach navire-cargo transportant 6 000 tonnes de fertilisant et 1 300 tonnes de carburant est en feu en mer du Nord au large des îles allemandes d’Helgoland.
L‘équipage de 22 hommes navire a pu être évacué tandis que les équipes de secours continuaient de lutter contre l’incendie.
Analyse
On peut supposer que le « fertilisant »est un engrais à base de nitrate d’ammonium, dans ces conditions le risque explosif est dominant et c’est surtout un risque évolutif pour les équipes de secours compte tenu du lieu de survenue en mer.
Il en serait autrement pour un incendie d’navire à quai dans un port ou un incendie dans une usine d’engrais (2013-Explosion, États-Unis près de Waco, au Texas d’une usine d’engrais- juillet 1947, explosion dans le port de Brest du cargo l' »Ocean Liberty ».).
  • Chine, incendie dans une maison de retraite, le 25 mai 2015
Incendie dans une maison de retraite à Pingdingshan, ville située dans la province du Henan dans le centre de la Chine, le sinistre serait survenu dans les locaux hébergeant des résidents handicapés.
 
Le bilan officiel est de 38 morts et 6 blessés (Brulés, intoxiqués ?).
Analyse
On ne connait pas les raisons de cet événement mais en Chine les incendies graves sont fréquents :
              -Novembre 2010, incendie dans un IGH, 42 morts.
              -2013, incendie dans une maison de retraite, 11 morts, onze morts.
              -Juin 2013, incendie dans, un abattoir de volailles, 119 morts.
              -Février 2015, feu à un centre commercial à Huidong, 17 morts.
  • États-Unis, déraillement d’un train à Philadelphie, le 12 mai 2105
Un train reliant Washington D.C. à New York, a déraillé, le bilan définitif fut 8 morts et près de 200 blessés.
Analyse
Il est rare de constater auatnt de diversité dans les causes supposés de cet accident, du moins dans les commentaires es médias,
 tour à tour ont été évoquées un tir d’arme à feu( ?) une collision avec un train de marchandises, la vitesse la vitesse élevée dans un virage et enfin l’emploi d’un téléphone portable est également envisagé dans les causes possibles.
Déjà mis en cause dans de nombreux accidents de la circulation automobile il est probable que dans un avenir proche les accidents dans les « activités de sécurité » liés à l’emploi d’un téléphone portable seront de plus en plus nombreux.
Un communiqué précisait : Les secouristes recherchaient dans la nuit de mardi à mercredi 13 mai des survivants et des victimes de l’accident d’un train qui a déraillé à 21h30 heure locale à Philadelphie (côte est des États-Unis), faisant au moins 6 morts et 64 blessés et provoquant des scènes de chaos. Joseph Kakzmarek/AP
L’analyse des différentes photos fournies avec ce commentaire semblent montrer qu’à l’évidence le « chaos « régnait surtout dans l’organisation des secours.
  • Canada, déraillement d’un train de marchandises, le 6 mai 2015
Un train transportant du pétrole brut a déraillé et plusieurs wagons ont pris feu.
L’accident survenu dans une région rurale il n’y a pas eu de victime.
Analyse
Évènement récurrent au Canada où très régulièrement les déraillements des trains transportant du pétrole brut sont suivis d’incendie, cela est dû aux caractéristiques physiques de ce pétrole qui est très volatil.
  • Chine, accident de car, le 17 mai 2015
Un bus transportant 46 personnes a plongé dans un ravin de 30 m de profondeur près d’un parc forestier du district de Chunhua. Le bilan est de 38 morts.
Analyse
Il s’agit d’un accident comme il en survient fréquemment en Chine aussi bien dans le domaine des transports collectifs que des accidents industriels.
  • Colombie, accident de mine, le 5 mai 2015
Au moins 17 mineurs seraient coincés sous terre après l’effondrement d’une mine d’or proche de la localité de Riosucio, dans l’ouest de la Colombie. L’accident s’est produit i, lors du forage de nouveaux tunnels dans le lit de la rivière. L’eau a inondé les galeries.
Analyse
Il n’a pas été possible à travers les diverses informations des médias européens de connaitre la suite de cet événement, au départ il s’agissait de 36 mineurs bloqués, on peut donc supposer que ces 17mineurs sont donc considérés actuellement comme disparus.
Cette conclusion n’est pas « illogique » compte-tenu des événements antérieurs dans ces mine d’or dont beaucoup sont illégales et n’offrent donc aucune sécurité :
              -juin 2010,17 : morts et 55 disparus,
              -janvier 2012 : 3 morts,
              -octobre 2013 :10 morts et 30 disparus,
              -mai 2014 :12 morts.
  • Santé animale et botulisme
Survenue d’une épidémie de botulisme dans une exploitation bovine du département de la Manche 77 vaches n’ont pas survécu à la maladie. L’agriculteur s’est aperçu des premiers symptômes le 29 mars dernier.
Analyse
Le botulisme bovin est une maladie rare en France mais mondialement connue, elle se transmet souvent par les aliments. La toxine se développe sur des cadavres d’animaux, et il suffit par exemple que le fourrage soit en contact avec l’un d’entre eux pour que la contamination s’opère.
Des cas de type C et D sont régulièrement reconnus depuis la fin des années 80 chez les bovins et les oiseaux d’élevage, notamment dans le Grand Ouest. L’apparition, chaque année à partir de 1997, de quelques cas de type E en filière avicole conduit à se poser la question de la possibilité de contaminations humaines.
  • Tunisie, campagne de sécurité alimentaire, 8 mai 2015
Le ministère de la Santé vient de lancer une campagne de prévention vis-à-vis des intoxications alimentaires collectives.
Cette mesure a été justifiée par la survenue de nombreuses TIAC, en particulier dans les établissements scolaires
  • Belgique, augmentation des intoxications alimentaires en 2014
Selon les données de l’AFSCA les intoxications alimentaires dans les restaurants ont augmenté de 28%en 2014
  • Les alertes l’OMS ,5 mai 2015: épidémie d’obésité en Europe ?
 
Lors d’un congrès européen dont le thème était l’obésité l’OMSD a lancé une alerte sur les risques d’obésité en Europe : « L’Europe va être confrontée à une crise immense »
De nombreux médias ont véhiculé ces informations avec plus ou moins de précisions et dans un style littéraire variable :
              –Chez les femmes irlandaises, la proportion des personnes en surpoids passerait entre 2010 et 2030 de 57% à 85%. Même si ces chiffres sont à interpréter avec prudence, ils font malgré tout froid dans le dos. (http://www.bfmtv.com/international/obesite-l-europe-confrontee-a-une-epidemie-d-ici-2030-selon-l-oms-88)
              -D’après les derniers chiffres de l’OMS, publiés en janvier dernier, près de 2 milliard d’adultes étaient en surpoids en 2014 dans le monde, dont 600 millions d’obèses.
 La prévalence de l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1980 et 2014(http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/10630-Alerte-de-l-OMS-l-Europe-confrontee-a-une-epide
              Seuls quelques pays sur les 53 passés à la loupe échapperaient à la hausse et les Pays-Bas figurent dans cette courte liste. (http://www.franceinfo.fr/actu/societe/article/obesite-une-crise-immense-guette-l-europe-oms-676249
 
Problème évoqué il y a 9 ans dans la Lettre SFMC N° 40, janvier 2006, page 18
  • Nouvelle Calédonie, présence du virus du Nipah
Trois chauve-souris fructivores (roussettes) du Parc forestier de Nouméa ont été détectées positives au virus du Nipah.
Les animaux ont été éliminés s et les onze autres roussettes du Parc ont été placées en quarantaine.
Analyse
L’infection à virus Nipah est une zoonose émergente et grave chez l’animal et chez l’homme où le tableau clinique va de l’infection asymptomatique à un syndrome respiratoire aigu et à une encéphalite mortelle
Le virus Nipah a été identifié pour la première fois en 1998 au cours d’une flambée à Kampung, en Malaisie.
Le Nipah est transmis par les chauves-souris, qui sont des « réservoirs sains de virus ». 
Par contre, elle peut contaminer d’autres animaux, par le biais de ses déjections, en particulier le porc qui va développer aussi des signes de la maladie.
  • Japon, épidémie de de maladie pieds-mains-bouche, 2 mai 2015
Aux Etats-Unis, les Centers for Disease Control and prevention (CDC) viennent de publier une mise en garde concernant le risque de maladie pieds-mains-bouche pour les voyageurs se rendant au Japon. Cette maladie est due à des virus appartenant au genre Enterovirus, Les virus en cause sont présents dans les sécrétions oro-pharyngées, les sécrétions nasales ou les selles. Ils sont transmis de personne à personne de manière directe par voie respiratoire ou cutanéo-muqueuse, ou indirecte à partir d’objets ou de surfaces contaminées. La contagiosité est maximale durant la première semaine de la maladie, qui affecte surtout les enfants avant l’âge de 5 ans. Toutefois, les adultes peuvent aussi être infectés.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le Japon a rapporté plus de 13 800 cas de la maladie pieds-mains-bouche main en 2015.
Depuis la mi-mars, le nombre de cas hebdomadaires est en augmentation et est supérieur aux nombres rapportés les années précédentes.
Analyse
Cette maladie avait déjà signalée lors l’apparition de nombreux cas de cette maladie en Chine : Lettre SFMC N° 56,57, mars 2009, page 14.
 
 
 Noto René

Session SFMC Fusillades,Synthèse


SESSION Retex FUSILLADES
20 mai 2015
Ecole du Val de Grâce, Paris 

Grand succès de la session de la SFMC consacrée à la médicalisation des fusillades. Plus de 210 participants effectifs dont plus de 150 confrères médecins et professeurs dont une grande proportion issue des services d’aide médicale urgente de l’Ile de France. Sans oublier trois confrères Tunisiens certainement motivés par la fusillade du musée du Bardo, nos correspondants Espagnols, Marocains, Portugais, Togolais… La session a également été marquée par une très émouvante intervention de notre confrère Patrick Pelloux qui, en moto avec le Dr Jean-Pierre Tourtier comme passager, est arrivé avant que les premiers éléments de secours soient sur les lieux, découvrant ses amis baignant dans une mare de sang.

Remerciements à l’Ecole du Val de Grâce qui nous a hébergés une fois de plus et au Service de Santé qui nous a délégué ses meilleurs spécialistes. Remerciements au SAMU 75, au SMU de la BSPP (ordre alphabétique) et à ses chefs les Prs Carli et Tourtier d’avoir accepté de témoigner ensemble comme lorsqu’ils sont intervenus sur le terrain. Aux fusillades de janvier où ces deux services ont été engagés, nous avons associé l’étude de trois autres fusillades déroulées dans des circonstances différentes celles de Liège, de Nanterre, de Toulouse. Enfin nous avons proposé aux spécialistes balistiques, légistes, psychiatres de venir nous faire part de leurs engagements et expériences.

Fusillades Image1Fusillades Image2

Vues de l’amphithéatre Rouvillois auquel il a fallu ajouter une salle annexe pour accueil tous les participants.

Le président émérite de la SFMC, le Médecin général René Noto a brossé le tableau épidémiologique des fusillades soulignant que 72 % des fusillades survenaient aux Etats-Unis, dont 70 % dans des établissements d’enseignement, la première ayant eu lieu en 1827. Il en rappelé la cause : Déséquilibre mental « amok » dans la grande majorité, banditisme, différent familial ou de voisinage et émergence du terrorisme.

Mr Hubert VALARD nous a fait part de sa connaissance des armes et présenté l’éventail des armes et des munitions des terroristes : les calibres ont diminué mais l’énergie initiale augmenté pour rejoindre l’efficacité des armes de guerre. 24 tués par arme à feu sont comptés tous les jours aux US, la fusillade tend à remplacer l’utilisation des explosifs ans l’arsenal terroriste.

Le médecin principal Jean-Louis Daban a présenté la diversité des impacts des différentes munitions sur les victimes, rappelant l’importance et la variété des cavités temporaires et permanentes générées. Les trajets dans le corps humain peuvent surprendre le clinicien et impose la recherche orifices d’entrée et de sortie par un examen minutieux. Il a souligné l’importance d’une prise en charge chirurgicale rapide, seule capable de donner toutes ses chances à la victime.

Le Dr Ramdani et le Pr Pierre Carli ont présenté les séquences de l’intervention médicalisée pour la fusillade de Charlie Hebo, soulignant la grande différence entre le terrorisme par explosif qui fait peu de morts (3%) et de victimes UA (15%) et beaucoup d’UR (50%) et la fusillade où les morts (12) et les UA (4) sont majoritaires (7 UR). L’arrivée quasi immédiate de P. Pelloux et JP Tourtier qui étaient en réunion à proximité et sont venus en moto, a dynamisé les secours et soins d’urgence. Les premiers UA ont été évacués en 30 min sur les hôpitaux.

Les Dr Michel Bignand et Franck Calamai ont présenté l’intervention lors de la fusillade de l’HyperCasher aux caractéristiques différentes : prise d’otages puis fusillade, délai de préparation et de déploiement, participation de médecins de l’avant accompagnant les unités spéciales équipés de protection individuelle d’intervention assurant la médicalisation sommaire des victimes les plus graves avant extraction rapide des victimes puis leur prise en charge dans le cadre d’un plan rouge adapté par le DSM.

Le Dr Degesvres de Liège a présenté les caractéristiques de la fusillade qui s’est déroulée dans sa ville, accompagnée par l’usage de grenades explosives. Il a commenté un film relatant l’événement (https://www.youtube.com/watch?v=fwgZOtbyHhU ) qui a fait 1 mort, 123 blessés ( 7 UA et 116 UR) , des centaines d’impliqués. Le seul tireur s’est suicidé mais la sécurisation du site a compliqué l’organisation des secours avec l’installation de deux PMA dont l plus proche a accueilli les blessés les plus graves.

Les Drs François Templier et Anne-Marie Arvis ont préparé, presque 15 ans après, une analyse de la fusillade dans les locaux de la Mairie de Nanterre pour laquelle ils ont été premiers intervenants 12 minutes après l’appel. 13 UA gisent dans la salle du conseil, 2 autres retrouvées au pallier du 1er étage avec 4 UR. Au total 16 équipes SMUR de la BSPP ou des SAMU, pour un total de 224 secouristes sont intervenues. S’ajoutent 20 impliqués pris en charge par la CUMP 92.

Le Dr Jean-Louis Ducassé a rapporté l’intervention du SAMU 31 lors de la fusillade du collège-lycée juif Ozar Hatorah. A l’arrivée du premier SMUR 16 minutes après, un adulte de 30 ans et 2 enfants gisent morts dans une mare de sang, un enfant de 15 ans est blessé dans le coma, un de 3 ans est en ACR atteint d’un impact céphalique. A noter les difficultés de la CUMP pour pénétrer sur la zone afin de prendre en charge 80 personnes regroupées dans un CAI. Deux jours après, l’assaut est donné par les unités spéciales, 5 fonctionnaires seront blessés lors de l’intense fusillade qui est déclenchée.

Le Pr Benoit Vivien aborde ensuite les techniques modernes de la prise en charge des blessés par balle et précise la notion de Damage Control concept issu de la marine qui consiste à effectuer les réparations immédiates permettant de maintenir le navire à flot jusqu’au port. Le Damage Control chirurgical est précédé du Damage Control Resuscitation constitué par le Damage Control Ground Zero (DC0) : contrôle des saignements-remplissage vasculaire/cathécholamines-mise en condition-agents hémostatiques IV-lutte contre hypothermie suivi du Damage control Hémostatique. Les techniques, indications et limites ont été précisées.

Le Dr Stéphane Travers a rappelé les techniques de l’hémostase en situation d’OPEX ou de catastrophe en réhabilitant l’usage du garrot tourniquet dont la mise en place pour un temps moyen de 70 min n’entraine aucune complication. Elles sont transitoire pour 80 min et nécessite une fasciotomie après 120 min. Le garrot doit être converti en pansement compressif dès que possible. Il est complété par l’emploi de pansements hémostatiques : Zéolithes ou Kaolin en packing dans la plaie, Chitosan qui nécessitent une compression de 5 min. Le traitement des hémorragies jonctionnelles fait appel à des dispositifs compressifs adaptés : Combat Ready Clamp, Sam Juctional Tourniquet, Abdominal Aortic Junctional Tourniquet et pour celles qui ne sont pas compressibles à la Cellulose Mini Sponge. D’autres dispositifs sont à l’évaluation comme l’iTClampTM50®.

La régulation de la fusillade Charlie qui a été rapportée par le Dr Jean Sébastien Marx a concerné 4 UA pour 11 décédés. Il a opposé deux types de situation : la fusillade inopinée (règlement de compte ou agression collective) pour laquelle le SAMU est en première ligne avec la fusillade « réglée » où des médecins entraînés et équipés de protections individuelles accompagnent les forces de l’ordre. Il a souligné l’importance du régulateur avancé capable de diriger dans les meilleurs délais les UA sans perte de temps par un passage physique procédural au PMA, et d’une régulation régionale pour organiser les interventions pluri-focales : Paris-Dammartin par exemple.

Notre confrère Patrick Pelloux est alors intervenu avec beaucoup d’émotion pour nous faire part des conditions de son intervention : alertés par SMS, premier médecin avec le Pr Jean-Pierre Tourtier à arriver sur les lieux avant même les premiers intervenants secouristes. Alors qu’il reconnait ses amis morts et blessés dans l’atmosphère baignée de fumée et d’odeur de poudre de la pièce, contrôler ses émotions pour prendre les premières mesures de sauvetage, passer un bilan. Il a souligné le caractère de rupture, le bouleversement qu’il a ressenti, « plus rien n’est comme avant, tout est à inventer ».

Fusillades Image3

Intervention du Dr Patrick Pelloux

Le Dr Mathieu Raux a présenté les modalités de l’organisation de l’accueil des blessés par balle en nombre qui nécessite la mise en œuvre d’une cellule de crise hospitalière adaptée sous la direction d’un directeur médical. Trois volets la composent sous la responsabilité de cadres de santé (régulation des blocs opératoires, préparation des personnels IADE, mise en route déchocage), de médecins (anesthésistes, urgentistes, radiologues… ), d’administratifs ( direction, direction des soins, sécurité, cuisines..) qui vont recenser les moyens et les personnels tout en maintenant l’acticité de fond. La préparation spatiale de la salle et la levée de l’alerte doivent également faire l’objet d’attention.

Le Colonel Didier Laborie a présenté les deux niveaux d’intervention des services du ministère de l’intérieur : premier niveau par les unités d’intervention générale, deuxième niveau constitué par les unités d’interventions spécialisées GIGN et RAID complétés à Paris par le BRI/BAC. 13 unités sont déployées en métropole et 6 dans les TOM-DOM. Deux schémas d’intervention sont prévus : en urgence absolue pour les tueries en cours (amok ou première phase), urgence relative lorsque les tireurs sont retranchés. Le soutien médical est prévu : interne par les équipes médicales des unités, externe par les médecins du SAMU ou SPompiers.

Le Pr Bertrand Ludes responsable de l’Institut Médico-Légal de Paris a rappelé l’importance de l’imagerie post-mortem (radioscopies, radiographies, tomodensitométrie) et de la reconstruction osseuse pour délabrements squelettiques. L’analyse des plaies cutanées, orifice d’entrée et de sortie, des lésions osseuses et viscérales permettent de déterminer les trajectoires intracorporelles. Le cas d’un homme retrouvé mort dans un parking avec de multiples lésions balistiques et 5 douilles sur le sol est rapporté qui démontre la nécessité d’une approche multidisciplinaire qui nécessite du temps.

Le Dr Didier Cremniter souligne magistralement les particularités des interventions des CUMP pour fusillades. 17 à 38 % des victimes d’acte criminel développent un ESTP dont 3 à 9 % toute leur vie avec dépression, alcoolisme, phobie sociale… Il précise que le travail des CUMP diffère selon que les victimes ont été exposées à un risque aléatoire de type catastrophe naturelle à une agression volontaire surtout à connotation raciste ou religieuse au décours desquelles les victimes sont moins accessibles au defusing et au débriefing. L’INVS a lancé une étude pour mesurer dans les 18 mois à venir l’impact des fusillades de janvier sur les victimes à partir du travail des CUMP.

Très intéressante et riche journée. Beaucoup de concepts, de techniques ou de matériels nouveaux ont été présentés. L’intervention du Dr Patrick Pelloux a donné une note affective qui a touché tous les auditeurs, elle a permis de souligner une fois de plus le caractère de bouleversement de la catastrophes souligné par son étymologie, qu’elle soit majeure ou à effet limité. Obligeant ainsi à revoir nos schémas de pensée, nos comportements et nos techniques afin de continuer de progresser dans la prise en charge multidisciplinaire des victimes, et ce du terrain jusqu’à l’hôpital et après. C’est le but statutaire de la SFMC.

Grand merci aux orateurs pour l’excellence de leurs présentations ainsi qu’aux Présidents et Modérateurs pour la qualité et le bon déroulement de cette journée qui restera dans les annales.

L’ensemble des présentations est disponible dur le site de la SFMC : www.sfmc.eu sous le lien Présentation-fusillades.

  1. Julien avec l’aide des notes de C. Desfemmes.

Fusillades RetEx, Paris, SFMC

FUSILLADES
RetEx et réflexions

20 mai 2015 , 9h – 17h 30
École du Val de Grâce
Place Alphonse-Laveran Paris 75005

Complètement solidaire de la réaction d’empathie provoquée par les évènements de janvier, fermement attachée aux valeurs de notre République et de l’humanisme médical, la SFMC reprend la posture qui est la sienne : analyser, comprendre les mécanismes de la tragédie, préciser les techniques et les méthodes d’intervention qui permettront de sauver ou de mieux secourir encore des victimes du même type d’agression.

Pour un abord scientifique, nous vous proposons de réfléchir à tous les aspects de ces tragiques épisodes le 20 mai 2015. A l’occasion d’une journée d’étude dédiée tentons de donner des réponses aux nombreuses questions posées par les fusillades :
–    Quelles sont les armes utilisées ? Quelle est la caractéristique de la balistique des lésions produites chez les civils ?
–    Quelles sont les techniques de relève médicale des blessés, l’organisation des secours ?
–    Quelles leçons tirer des fusillades d’enfants de Toulouse, de foule à Liège, de la fusillade Nanterre, des récents attentats de Paris ?
–    Quelles dimensions médico-psychologique, médiatique ?

Les Professeurs Pierre Carli du SAMU 75 et Jean-Pierre Tourtier de la BSPP, tous deux responsables de services d’urgence très concernés par ces évènements participent à cette session et nous les en remercions ici très chaleureusement.

Le programme :

ÉPIDÉMIOLOGIE, ARMEMENT, BALISTIQUE :
Epidémiologie des fusillades : Med. Gl René NOTO, SFMC
Les armes à feu et les munitions des terroristes : Mr Hubert VALARD, SFMC
Notions de balistique : Dr Jean-Louis DABAN, HIA Percy

MÉDICALISATION DES FUSILLADES
Attentat Charlie hebdo : application des principes de damage control : Dr Eric RAMDANI, Pr Pierre CARLI, SAMU 75
Attentat hyper-casher : médicalisation à l’extrême avant et de l’avant : Drs Franck CALAMAI et Michel BIGNAND, BSPP
Fusillade de Liège, réponse médicale : Drs Stéphane DEGESVES, Romain BETZ,
Triage et prise en compte de victimes en nombre : Fusillade de Nanterre : Dr François TEMPLIER, SAMU 49,  Dr Anne-Marie ARVIS, BSPP
Fusillade de Toulouse dans un établissement d’enseignement : Dr Jean-Louis DUCASSÉ, SAMU 31

         PRINCIPES DE MÉDICALISATION :
Principes du damage control hospitalier et extension préhospitalière : Prs Jean-Pierre TOURTIER, Benoît VIVIEN,  BSPP et SAMU 75
Traumatisme balistique : hémostase externe à l’extrême avant en OPEX et en situation de catastrophe : Dr Stéphane TRAVERS, BSPP
Régulation d’une fusillade : Dr  Jean-Sébastien MARX, SAMU 75
Organisation d’un centre de traumatologie à l’accueil de blessés par balle : Dr Mathieu RAULT, Pitié-Salpétrière

          COMPOSANTE MEDICO-PSYCHO-SOCIALE :
Médecine légale et fusillades : Pr Bernard LUDES, Institut médico-légal, Paris
GIGN et RAID, contrôle d’une fusillade : Mr Gilles LABORIE, Unité de coordination des forces d’intervention GN et PN
CUMP et fusillades : Dr Didier CREMNITER, référent national CUMP, EPRUS, SAMU 75
Médias et fusillades de Charlie Hebdo : Mr Christophe DELAY, Journaliste, rédacteur en chef de BFM

          SYNTHÈSE ET CONCLUSION :

Pour disposer du programme complet : Programme  

Pour vous inscrire : Bulletin d’inscription , s’inscrire en avance c’est faciliter le travail des organisateurs. Merci.

Validation DPC n° 48371500002

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Psychiatrie de catastophe, Paris

LA PSYCHIATRIE DE CATASTROPHE :

ACTUALITES ET ENJEUX

18 mai 2015

HOPITAL SAINTE-ANNE

 

9h15-9h25 – Ouverture de la journée

9h25-9h45Introduction : Pr Marie-Dominique Colas

 

La psychiatrie de catastrophe : une pratique en situation d’exception

 

9h45-10h10 – Dr Charles Gheorghiev ‑ Catastrophe aérienne au Mali : retour d’expérience

10h10-10h35 – Dr Frédéric Paul – Un psychiatre au cœur de la catastrophe en Haïti : contraintes et enseignements

10h35-11H00 – Dr Laurent Martinez – Récupération des corps en mer du vol Rio-Paris : le dispositif de soutien psychologique de la Marine Nationale

11h00-11h25 – David Coutier ‑ Crise syrienne : regards sur le soutien psychologique des réfugiés

11h25-11h50 – Dr Nathalie Prieto – Catastrophe de type attentat : prise en charge immédiate

11h50-12h15 ‑ Discussion

Pause déjeuner : 12h15- 13h45

 

La psychiatrie de catastrophe : les enjeux au-delà de la crise

 

13h45-14h10 – Dr Yann Auxéméry, Pr Bertrand Lahutte ‑ Guerres et catastrophes : l’expérience de psychiatres militaires en Afghanistan

14h10-14h35 – Dr Marianne Daudin, Dorothée Défontaine ‑ Blessure psychique et vécu corporel : prise en charge conjointe du psychiatre et du psychomotricien

14h35-15h00 – Dr Claire Granier, Pr Franck de Montleau – Traitements de la blessure psychique en 2015 : l’expérience d’un psychiatre en milieu militaire

15h00-15h25 – Dr Virginie Vautier, Dr Gilles Thomas ‑ Les équipes soignantes et les familles face à la catastrophe

15h25-15h50 ‑ Aline Delahaye ‑ Catastrophe sanitaire et soutien des soignants : mission d’une psychologue en Guinée Conakry

15h50-16h15 – Pr Didier Cremniter – Le soin médico-psychologique comme solution aux défis actuels de nos sociétés

16h15-16h40 ‑ Discussion

16h40-17h00 ‑ Conclusion : Pr Louis Crocq

 

Clôture de la séance : Louis Crocq

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