Archives mensuelles : mars 2015

Epidémie Ebola n° 15

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Le point sur Ébola

Samedi 29 mars 2015

L’épidémie de fièvre hémorragique virale (FHV) liée au virus Ébola, souche « Zaïre »[1],[2] qui sévit actuellement depuis le 22 mars 2014 s’est déclarée en Guinée puis s’est presque immédiatement propagée au Liberia et en Sierra Leone, pays voisins puis au Sénégal, au Nigeria, enfin au Mali.

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Synthèse par pays

Au terme d’1 an d’évolution, 3 pays, sur les 15 de la zone CEDEAO, connaissent toujours une épidémie évolutive même si son ampleur tend à s’amender significativement : la Guinée, le Libéria, la Sierra-Leone.

En Guinée 3 429/2 263 cas/décès soit une létalité de 66,0 %. La Guinée compte désormais 14 % des cas d’Ébola (chiffre relativement stable par rapport aux précédents points épidémiologiques). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 135 soit de nouveau en diminution après un rebond à la mi-mars.

L’épicentre de l’épidémie était initialement situé en zone forestière, au sud-est du pays Guekedou (frontalier avec la guinée), Macenta, Kissidougou (zone la plus active en nombre de cas déclarés) et Nzérékoré (frontalier avec la Côte d’Ivoire) où se trouve la 2ème plus grande ville du pays, mais d’autres districts sont touchés : trois districts du Haut-Guinée Diabola, Dinguiraye et Kouroussa, Conakry (zone de contamination aussi active), capitale du pays, en Guinée maritime et les préfectures de Télimélé et Boffa, enfin, Fria et Pita au nord-ouest du pays, Siguiri au nord-est (frontalier avec le Mali).

Guinea # Cases % Of total ECOWAS Death toll Lethality # Active cases
Previous data 2,825 13 % 1,829 64,7 % 163
Update 3,429 14 % 2,263 66,0 % 135

Au Libéria 9 602/4 301 cas/décès soit une létalité de 44,8 %. Le Libéria compte désormais 38 % des cas d’Ébola (un point de moins que le précèdent point épidémiologique). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 302 (deux fois moins que le précédent point épidémiologique).

La quasi totalité des 15 Comtés du pays ont signalés des cas : Grand Cape Mount, Bomi, Bong, Lofa (frontalier avec la Guinée), Margibi, Montserrado incluant la capitale Monrovia (zone la plus active en terme de contamination), Nimba, Grand Bassa et River Cess.

Liberia # Cases % Of total ECOWAS Death toll Lethality # Active cases
Previous data 8,362 39 % 3,556 42.5 % 687
Update 9,602 38 % 4,301 44.8 % 302

En Sierra Leone 11 841/3 747 cas/décès soit une létalité de 31,6 %. La Sierra Leone compte toujours 48 % des cas d’Ébola (stable par rapport au précèdent point épidémiologique). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 630 (trois fois moins que le précèdent point épidémiologique). Ces constatations placent toujours ce pays en tête des cas actifs et des cas cumulés.

Depuis l’arrivée de l’épidémie par le district de Kailahun, frontalier avec celui de Guekedou en Guinée via un voyageur ayant séjourné à Guekedou, ce sont tous les districts qui sont touchés, y compris la capitale Freetown qui génère à elle seule 1/3 des cas de contamination.

Sierra Leone # Cases % Of total ECOWAS Death toll Lethality # Active cases
Previous data 10,186 48 % 3,083 30.3 % 2,180
Update 11,841 48 % 3,747 31.6 % 630

Cette épidémie est atypique

  • Par le nombre de cas dans la zone de l’OOAS : 24 902 à ce jour,
  • Par la zone géographique touchée (Afrique de l’Ouest vs Afrique Centrale) et de son étendue (plusieurs districts de plusieurs pays limitrophes),
  • Par la transmission avérée en zone urbaine (vs zone forestières ou rurales exclusives des épisodes précédents) en suivant apparemment les axes commerciaux de la zone (terrestres, maritimes et aériens). Les cas exportés du Nigeria, du Sénégal et du Mali en sont la démonstration,
  • Par la cinétique atypique de diffusion qui diffère selon les pays (discuté ci-dessous),
  • Par l’évolution de la létalité spécifique à chaque pays (discuté ci-dessous),
  • Par l’existence de cas importés (2 cas aux États-Unis) et de cas rapatriés (2 cas aux États-Unis, 2 cas en Espagne, 1 cas au Royaume Uni, 2 cas en France),
  • Par l’existence du premier cas de contamination intra Européenne d’une Infirmière ayant traité les deux patients rapatriés en Espagne.

Synthèse globale au samedi 28 mars 2015

Au total, au samedi 28 mars 2015, 24 902 cas et 10 326 décès cumulés ont été rapportés à l’OOAS pour la CEDEAO. Le temps de doublement de l’ordre de 27-28 jours jusqu’à septembre 2014 s’allonge manifestement vers 160 jours ce qui confirme l’infléchissement détecté par nos soins au début de l’année 2015. L’infléchissement est plus marqué pour le nombre de décès (Fig. 1).

L’épaulement amorcé début décembre semble bien se confirmer. Cependant, la courbe des cas cumulés, comme celle des décès cumulés, garde une pente d’environ 0,5 pour les cas et 0,33 pour les décès. Ce qui n’annonce pas une asymptote pour l’instant et démontre que l’épidémie courre toujours. Par conséquent, le cap des 25 000 cas, qui devait être franchi vers la fin novembre 2014 selon nos projections initiales, n’a toujours pas été franchi. Il le sera peut être vers la fin avril dans la mesure où le temps de doublement semble s’étirer vers les 160 jours. Ce ralentissement, qui semble s’installer durablement, pourrait s’expliquer par l’immunisation de la population par les cas pauci ou asymptomatiques que nous avons évoqués et qui ont été confirmés lors du colloque Ébola SFMC/SFMA qui s’est tenu à l’Ecole du val de gräce en janvier 2015.

La létalité globale observée qui semblait se stabiliser à la fin de l’année 2014 connaît une lente progression (Fig. 2A). Après avoir frôlé les 35 % fin novembre 2014, elle est actuellement remontée à 41,5 %. Ce comportement, en « U » n’est pas classique. La décroissance constante initialement constatée jusqu’à novembre 2014 était contradictoire avec les observations antérieures sur Ébola qui montraient une tendance à l’amplification de la létalité au fur et à mesure du repiquage[3].

C’est cette tendance à l’amplification de la létalité, classique, que l’on observe désormais.

Néanmoins, la létalité actuelle reste largement inferieure à celle classiquement retenue pour Ébola autour de 80-90 %. On notera que cette létalité basse permet paradoxalement une plus grande diffusion de l’épidémie puisque

  1. Deux tiers des malades ne décédant pas, ils sont potentiellement contaminant plus longtemps pour un plus grand nombre de contacts
  2. ces malades, une fois convalescents ou guéris viennent grossir la part de la population immunisée

On notera aussi que le nombre de cas pauci-symptomatiques est toujours inconnu à ce jour, même s’ils ont été reconnus. Ce paramètre est pourtant essentiel car il permettrait de savoir si une partie de la population des pays touchés développe à bas bruit une immunisation qui aboutirait in fine à « l’endémisation » de l’épidémie dans la région. L’OOAS tente de recueillir des informations et des statistiques fiables sur ce point mais la tâche est toujours aussi ardue.

Pour autant, il existe de grandes disparités entre les pays en matière de létalité (Fig. 2B).

Si durant le deuxième semestre 2014 chaque pays a connu une cinétique de cumul de décès qui lui était propre (affine pour la Guinée, épaulement pour le Libéria, exponentiel pour la Sierra-Leone), depuis le début 2015, le Libéria et la Sierra-Leone connaissent des cinétiques strictement parallèles qui, comme la Guinée sont affines.

Ce comportement signe la stabilisation des taux de létalité respectivement de 66,0 %, 44,8 % et 31,6 % pour la Guinée, le Libéria et la Sierra-Leone.


En ce qui concerne le nombre de cas de décès supplémentaire constaté à chaque nouveau point épidémiologique (Fig. 2C), on constate l’apparition d’un strict parallélisme à partir de janvier 2015 dans un contexte ou avant cette date on ne retrouve que deux évènements synchrones :

  1. le pic de mortalité de aout/septembre 2014
  2. la vallée de fin novembre 2014

On notera avec intérêt que juste avant le pic de mortalité de janvier qui marque le début de la synchronisation des 3 pays, la Guinée et le Liberia connaissaient une baisse significative de la mortalité au contraire de la Sierra-Leone. Il serait pertinent de savoir si Ébola a connu, ou non, une mutation ou une pression de sélection à cette époque et si une souche avec une mortalité plus élevée n’a pas fait son apparition en Sierra-Leone fin novembre puis s’est répandue dans les deux autres pays fin janvier.

Pour mémoire, les autres maladies à potentiels épidémiques sévissant actuellement en Afrique de l’Ouest (choléra, Méningite, Rougeole, Fièvre Jaune et Fièvre de Lassa) avaient cumulé 67 307 cas déclarés (dont 29 777 pour le seul choléra) et 1 338 décès (dont 606 pour la seule méningite) au 17 août 2014 dernière mise à jour disponible de ces données. En 7 mois l’épidémie d’Ébola a donc tué 3 fois plus que les 6 autres en 8 mois. Pour les 4 pays directement concernés le nombre de décès documentés pour les 6 maladies surveillées à potentiel épidémique est de seulement 767. L’épidémie d’Ébola a donc quadruplé le nombre de décès d’origine épiémique pour ces 4 pays.

Cinétique des cas (Fig. 3A)

On constate une modification significative des comportements :

  • Le Libéria a connu un épaulement qui a cassé sa dynamique exponentielle et a finalement adopté une cinétique affine depuis octobre 2014 avec une pente de l’ordre de 0,5
  • La Sierra-Léone a perdu son comportement exponentiel depuis fin janvier 2015 pour adopter une cinétique affine avec une pente de l’ordre de 0,5
  • La courbe Guinéenne reste affine sans avoir augmenté significativement sa pente de l’ordre de 0,3

La cinétique affine Guinéenne évoque l’existence d’un réservoir urbain par les rongeurs (rats) par exemple qui contaminerait à bas bruit la population.

En ce qui concerne le nombre de nouveaux cas supplémentaires constatés à chaque nouveau point épidémiologique (Fig. 3B), on ne retrouve pas l’apparition d’un strict parallélisme à partir de janvier 2015 comme avec les nouveaux cas de décès (Fig. 2C).

Par contre, on constate un parallélisme remarquable entre la courbe du Libéria et celle de la Sierra-Leone de fin octobre 2014 à fin janvier 2015 alors que la courbe de la Guinée semble avoir, paradoxalement, un comportement symétrique pendant cette même période. A partir de janvier chaque pays possède un comportement qui lui est propre.

Les autres faits remarquables sont :

  1. le pic de nouveaux cas de fin octobre à mi-novembre 2014 au Libéria et en Sierra-Leone
  2. le pic de nouveaux cas de fin novembre à mi-décembre 2014 au Libéria et en Sierra-Leone
  3. le pic de nouveaux cas de janvier 2015 au Libéria et en Sierra-Leone

Il semble bien que la phase de contamination interhumaine soit terminée et que l’on entre dans une aire d’endémisation sur l’ensemble des 3 pays touchés avec constitution d’un réservoir mixte Urbain et Rural que les rongeurs constituent parfaitement …

L’OMS estime que les cas réels de contamination sont bien plus nombreux que ceux effectivement recensés. Le facteur multiplicateur serait de 1,5 en Guinée, 2 en Sierra Leone et 2,5 au Liberia

La comparaison des stratégies de contrôle de l’épidémie de ces trois pays n’a toujours pas été réalisée. Elle est pourtant essentielle pour tenter de comprendre pourquoi la Guinée connaît une dissémination modérée associée à une très forte mortalité, le Liberia une dissémination explosive avec une mortalité médiane et la Sierra-Leone une dissémination intermédiaire mais une mortalité remarquablement basse inferieure de moitié à celle de la Guinée.

Comme mis en exergue lors des points épidémiologiques précédents, il conviendrait d’avoir des éléments cliniques prédictifs de l’évolution des cas d’Ébola.

Par exemple, la durée de la période de latence ou la température à J4 de l’irruption des premiers signes sont-ils prédictifs de l’issue ? Il semble qu’une période de latence courte soit corrélée à une expression clinique plus sévère par exemple. Il conviendrait de repérer de tels facteurs prédictifs, s’ils existent, pour identifier les morituri et concentrer les efforts de prise en charge sur ceux qui ont une bonne probabilité de survie.

Symétriquement, il conviendrait de repérer les formes bénignes ou pauci-symptomatiques pour limiter, là aussi, un investissement disproportionné en soignants ou en moyens, compte tenu d’un pronostic favorable d’emblé, même si cela allonge la durée de la maladie ou de la convalescence. C’est bien ces hypothèses qui semblent se confirmer au vue des présentations faites lors du colloque Ébola SFMC/SFMA qui s’est tenu à l’Ecole du Val de Grâce en janvier 2015.

Il convient de colliger les données cliniques disponibles et de les analyser pour identifier les facteurs pronostics pertinents. MSF qui est le mieux placé pour fournir de telles données a été sollicité à la suite d’un précédent point épidémiologique mais n’a pas répondu à ce jour.

Dynamique des nouveaux cas

Pour ce qui est du cumul de cas depuis 1976. On constate l’explosion que constitue l’episode actuel (Fig. 4A).

Le seuil de l’octuplement du nombre de cas déclarés depuis 1976 est largement franchi : 2 387 cas cumulés entre 1976 et 2013, 24 902 cas cumulés à ce jour en 2015. L’octuplement du nombre des victimes décédées vient lui d’être franchi.

                       

En ce qui concerne les variations globales (Fig. 4B) on retrouve le pic explosif de fin aout mi-septembre 2014 et les deux pics de novembre et de janvier avec le décalage attendu entre cas et décès. On constate aussi la tendance à la baisse depuis fin janvier qui pourtant se traduit par des disparités au niveau de chaque pays.

La fiabilité des données, notamment les difficultés opérationnelles du reporting peuvent expliquer, à elles seules, certaines variations du nombre de nouveaux cas constatées à ce jour. Cependant, le cumul et les tendances constatées font sens et peuvent être prises comme fiables.

Pour ce qui est de la file active de patients. La proposition de calculer une estimation du nombre de patients actifs afin de pouvoir guider l’allocation de ressources entre les différents pays touchées n’a pas fait l’objet de critique à ce jour. Cette estimation porte sur les cas déclarés cumulés auxquels on retranche les cas décédés et les cas non décédés de plus de cinquante jours. Cette limite est proposée sur la base des publications révèlant une excretion asymptomatique et des revues de littérature abordant ce sujet[4],[5]. Sur la base de cette estimation on constate qu’il existe à ce jour environ 1 067 cas, soit malades, soit convalescents, potentiellement excreteurs (Fig 5A).

On avait constaté qu’indépendamment des variations dues aux correctifs épidémiologiques, le nombre de cas actifs semblait atteindre un palier ou une asymptote autour de 7 000 cas. Aujourd’hui, la tendance est à une décroissance exponentielle du nombre de cas actifs. Ce comportement est cohérent avec l’hypothèse d’une immunisation à bas bruit des populations concernées et de l’endémisation exposée plus haut. Cependant, on constate une baisse significative du nombre de cas actifs qui interpelle. Cette baisse significative est tout à fait compatible avec l’hypothèse de l’endémisation. Cette baissse globale ne doit pas faire passer au second plan le cas de la Sierra-Leone qui reste franchement préoccupant.

La répartition des cas estimés par pays permet d’avoir une estimation plus précise des moyens nécessaires en lits, personnels et consommables pour chaque pays (Fig 5B).

On constate, pour la Guinée, une tendance à une remontée du nombre de cas avec 135 cas actifs, pour le Libéria, depuis le net infléchissement de mi décembre on note une relative stabilité avec 302 cas actifs ainsi que pour la Sierra-Leone avec 630 cas actifs. Entre ces deux derniers pays, la proportion relative du nombre de cas reste relativement constante. Ce point est en cohérence avec le rapport de proportionnalité de leurs taux de létalité par exemple.

Ces données sont à rapprocher des capacités en lits dédiés à la prise en charge des cas d’Ébola qui sont de 160 en Guinée, 672 au Libéria et 356 en Sierra-Léone soit 1 188 lits opérationnels au total aboutissant à une couverture de plus en plus adaptée aux besoins (tableau 1).

Tableau 1

  Cas
actifs
Nombre
de lits
Couverture des besoins
Sierra-Léone 630 356 56,5 %
Libéria 302 672 222,5 %
Guinée 135 160 118,5 %

Cependant, le taux de couverture des besoins ne semble pas impacter la létalité constatée.

Au niveau du rapprochement entre les corridors de communication (voies routières, ferrées, maritimes et aériennes) avec les zones des districts touchés on constate toujours une corrélation assez forte (figure 6).

L’observation de la carte laisse entrevoir des cas non déclarés en Guinée-Bissau et en Côte d’Ivoire. Ils sont à ce stade probablement classés en cas de Paludisme ou d’autres fièvres tropicales si ce sont des formmes cliniques pauci-symptomatiques non mortelles.

On note que les cas au Mali semblent particulierement bien respecter la logique des corridors que nous avons été parmi les premiers à signaler puisque le trajet reconstitué (Kissidougou – Kankan – Siguiri – Kouramale – Bamako – Kayes) suis exactement le corridor Guinée/Mali

Une réflexion est en cours au sein de l’OOAS pour délimiter et sécuriser des corridors aux portes desquelles les cas suspects d’Ebola seraient filtrés à fin de limiter les risques de contamination tout en favorisant la libre circulation des personnes et des biens à l’interieur de ceux-ci.

Un nouveau corridor de transit entre Bamako – Gao – Tillaberi – Niamey a été ajouté à la demande de l’OOAS.

Les enjeux auxquels les services de santé des pays touchés doivent faire face sont :

  • le nombre de cas contacts à suivre (plus de 16 000 pour la seule Guinée par exemple)
  • la réaction de la population qui choisit le repli, préférant mourir au sein de la famille que dans des centres de traitement en l’absence de traitement spécifique (ignorant l’intérêt du traitement symptomatique)
  • la confusion souvent faite entre Ébola et paludisme retardant la mise en œuvre des soins adaptés compromettant sérieusement la lutte contre le paludisme[6].

Cas particulier des soignants

Le nombre de soignants contaminés interpelle conjointement l’OOAS, la SFMC et StratAdviser Ltd (tableau 3). La contamination des soignants peut être le fait d’une contamination sur le lieux d’exercice au contact des patients ou en dehors du travail.

Tableau 3

Pays notifiant Cas Décès Taux de létalité
Liberia 361 174 48,2 %
Guinée 106 59 55,6 %
Sierra-Léone 138 106 76,8 %
CEDEAO 605 339 56,0 %

On remarque que a létalité est supérieure à celle de la population générale avec des disparités parallèles.

En ce qui concerne la contamination sur le lieu de travail elle peut survenir pendant le soin, à la fin du soin et en dehors du soin.

En ce qui concerne l’analyse des images montrant des soignants en train de s’équiper et de se deséquiper, des échanges avec des soignants en mission ou en retour de mission et avec Mme Deschouvert du CHU de Rouen qui travaille sur une procédure pour l’EPRUS, nous avons remarqué :

  • que l’usage de masques chirurgicaux semble très répandu ce qui ne procure pas une protection suffisante,
  • que le temps de séjour en zone contaminée est trop long car de l’ordre de 2 à 3 heures ce qui majore la probabilité d’une contamination par le temps d’exposition et le risque d’erreur lors du deshabillage par le stress thermique induit par l’équipement et le contexte tropical,
  • que les procédures de deséquipement telles qu’on les voit comportent de nombreuses erreurs au regard des standards et recommendations de la SFMC en la matière,
  • que les zones contaminées sont contigües aux zones de repos et de travail.

Il conviendrait de recommander :

  • l’usage systématique de masques FFP2/FFP3 pour pénétrer en zone contaminée
  • un temps d’exposition de 40 minutes maximum renouvelable toutes les 2 heures pour les soignants (autorise une réhydratation et une récupération de la contrainte thermique)
  • établir une zone d’exclusion plus large séparant la zone contaminée de la zone de vie
  • repenser le sas de décontamination et la procédure de deséquipement en reprenant les bonnes pratiques de la SFMC en matière NRBC, notamment le déshabillage en binôme avec miroir et superviseur, dans une zone dédiée exclusive, en respectant la logique de la marche en avant.

Au niveau des groupes de discussions de la SFMC

Les discussions au sein du groupe francophone https://www.linkedin.com/groups/Groupe-Expert-Ebola-SFMC-8156465/about  et au sein du groupe anglophone https://www.linkedin.com/groups/Ebola-outbreak-management-Group-8150382/about regroupant plus de 500 spécialistes en médecine de catastrophe, en prévention de pandémie, en conception de vaccin, en réponse sanitaire opérationnelle, … issus de gouvernements, d’agences ou de services publics, d’entreprises spécialisées publiques ou privées européens, africains de l’ouest et Nord-Américains, portent essentiellement sur :

  1. le risque de contamination aéroportée – à ce jour non formellement documenté – mais théoriquement possible, ne serait-ce que par les gouttelettes de Pflügge, et pouvant rendre compte du nombre important de cas parmi les soignants : il a été décidé de recommander le port de masque FFP2 pour les soignants sur place et de limiter le temps de prise en charge à 20 min d’affilée pour chaque patient afin de limiter les risques. Les masques chirurgicaux que l’on voit dans les reportages sont notoirement insuffisants pour protéger des gouttelettes de Pflügge émises par les patients. Or l’exposition répétée à un risque faible conduit asymptotiquement à une probabilité de 1. En l’état c’est l’explication la plus plausible du nombre anormalement élevé de soignants contaminés. Pour la prise en charge des cas importés en Europe et tant qu’ils restent sporadiques, c’est le port de combinaisons filtrantes qui est recommandé.
  2. la cinétique inhomogène des 5 pays concernés avec une cinétique affine pour la Guinée et le Nigeria et une cinétique jusque récemment exponentielle pour la Sierra-Leone et le Libéria peut s’expliquer par des problèmes de retard de diagnostic et de recueil des cas et ne pas refléter fidèlement leur propagation. Cependant une explication épidémiologique plus satisfaisante serait la bienvenue.
  3. la sous déclaration multifactorielle des cas (diagnostics différentiels nombreux, frein économique et social de l’accès au soin, non respect des rites sociaux et funéraires “sacrés” pour les individus déclarés contaminés et donc “bénéfice/risque” peu ou pas acceptable pour l’intéressé et son entourage, …). Une estimation de la part immergée de l’iceberg fait cruellement défaut.
  4. l’illusion des mesures de confinement qui sont contournées par les impératifs socioéconomiques locaux et par la pratique “institutionnalisée” du contournement des règles contre rétribution.
  5. le risque de cas importés en Europe via l’immigration clandestine et les passeurs des autres trafics illicites qui, par nature, contournent tous les systèmes de contrôle. Ce point semble toujours sous-estimé par les autorités des pays concernés, probablement parce qu’il est politiquement difficile à aborder en raison de la stigmatisation possible d’une population déjà largement précarisée et fragile.

 

Drs Jan-Cédric* et Øivind** Hansen

* Médecin Coordonnateur Hôpital Asselin-Hédelin – Consultant Senior StratAdviser Ltd agence spécialisée en communication stratégique de crise dans le domaine de la santé ;
** Médecin Anesthésiste-Réanimateur

[1] Dixon MG, Schafer IJ; Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Ebola viral disease outbreak–West Africa, 2014. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2014 Jun 27;63(25):548-51.

[2] Sylvain Baize, Delphine Pannetier, Lisa Oestereich, Toni Rieger et al. Emergence of Zaire Ebola Virus Disease in Guinea — Preliminary report. NEJM, 2014, April 16, 2014DOI: 10.1056/NEJMoa1404505

[3] Ansari AA. Clinical features and pathobiology of Ebolavirus infection. J Autoimmun. 2014 Sep 23. pii: S0896-8411(14)00130-9. doi: 10.1016/j.jaut.2014.09.001.

[4] Rodriguez LL, De Roo A, Guimard Y, Trappier SG, Sanchez A, Bressler D, Williams AJ, Rowe AK, Bertolli J, Khan AS, Ksiazek TG, Peters CJ, Nichol ST. Persistence and genetic stability of Ebola virus during the outbreak in Kikwit, Democratic Republic of the Congo, 1995. J Infect Dis. 1999 Feb;179 Suppl 1:S170-6.

[5] Kuhn JH. Filoviruses. A compendium of 40 years of epidemiological, clinical, and laboratory studies. Arch Virol Suppl. 2008;20:13-360.

[6] http://reliefweb.int/report/guinea/ebola-sabotages-guinea-s-anti-malaria-fight

Mission Madagascar

MISSION d’EVALUATION à MADAGASCAR

de Pompiers de l’Urgence Internationale (PUI)

du 15 au 21 mars 2015

La SFMC est très heureuse de donner la parole à un de ses membres qui revient de mission humanitaire à Madagascar à la population d’une grande pauvereté mais de grande dignité vivant dans une île exposée à de nombreux aléas nturels, technologiques et sociaux.

Pompiers de l’Urgence Internationale (PUI) est une petite O.N.G de 120 membres qui a été crée en 2005 par le Colonel Philippe Besson pour répondre à des missions de Sauvetage Déblaiement et premiers secours médicaux aux victimes de catastrophes naturelles (seismes, cyclones, inondations, etc). Elle comprend deux unités USAR de recherches de victimes en zone urbaine, des équipes cynophiles, des équipes médicales, avec de nombreux équipements comme par exemple une unité de potabilisation de l’eau, des moyens de transmission et de communication. Elle est agrée INSARAG par l’O.N.U depuis 2010 et déclenchée en première intention sur diverses situations catastrophiques. Elle a ainsi participé à des opérations de secours en Haïti, aux Philippines, en Bosnie, au Tadjikistan, au Paraguay, Madagascar et bien d’autres. Elle effectue également des actions d’évaluation et de formation.

Une CATASTROPHE à Madagascar

A l’initiative privée d’une personne malgache régulièrement en contact les membres de P.U.I, une alerte de situation catastrophique concernant des milliers de sinistrés sans abris a été adressée au Colonel Besson, Président de P.U.I.

En effet, une succession de cyclones et de pluies abondantes depuis janvier 2015 a entraîné des inondations dans tout le pays de Madagascar. Environ 60 000 personnes auraient été sinistrées et des glissements de terrain avec effondrement d’habitation auraient causé la mort de plusieurs personnes. Devant l’ampleur des dégâts annoncés et le peu d’informations à disposition, le Colonel BESSON a décidé d’envoyer une équipe d’évaluation de cinq membres P.U.I : 2 SP Spécialistes Sauvetage Déblaiement, un médecin SP Spécialisé SD (moi-même) et une infirmière urgentiste, un autre SP de Mayotte nous rejoignant sur place. Par ailleurs il a contacté l’ONG « SOS Attitude » qui a délégué un de ses membres sur place pour mettre à disposition de Madagascar 60 tentes pour sinistrés.

La mission d’une semaine a été centrée sur la capitale ANTANANARIVO, qui compte 10000 sinistrés à elle seule.

Nous avons été accueillis à l’aéroport par une délégation officielle du gouvernement, et Mme Souchaud à l’origine de la demande, afin de faciliter le dédouanement des tentes mais aussi pour marquer l’intérêt porté à notre démarche. Le tentes ne sont arrivées malheureusement que le lendemain mais la première journée a consisté à rencontrer les différents responsables malgaches de la gestion de cette crise. Le responsable du Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (B.N.R.G.C) nous a dirigés vers un centre de rassemblement des sinistrés situé entre le centre ville et l’aéroport, en lisière des rizières sinistrées, à proximité d’un hôpital récent et d’un centre de l’armée, au niveau d’anciens abattoirs au lieu dit Andohatapenaka. En effet, la volonté du gouvernement malgache est de réunir l’ensemble des sinistrés dans ce lieu afin de gérer ai mieux leur prise en charge sanitaire, alimentaire, éducative et sécuritaire.

Grande promiscuité

Grande promiscuité

Hébergement provisoire

Hébergement provisoire

Accueil des autorités

Accueil des autorités

La première visite de ce site nous a fait une première impression très favorable en termes de création de camp de réfugiés très bien orchestrée par la Croix Rouge Malagasy et le BNGRC. Des tentes ont été implantées sur le site, avec une zone pour l’organisation, une pour la distribution alimentaire, plusieurs pour les hébergements en tentes fabriquées avec des bâches et des structures bois, une pour les sanitaires et toilettes, une pour l’éducation des enfants animée par l’UNICEF en cours de montage, une tente médicale pour les consultations. Mais très vite, les tentes surpeuplées (25 personnes de plusieurs familles dans des tentes de 8 m2, 80 personnes dans celles de 20m2), d’enfants souriants mais misérables, de parents accueillants mais exténués nous sont apparues comme à risque d’épidémies, de problèmes de promiscuité (agressions en tous genres).

Le village de tente

Le village de tente

Montage d'une des 60 tentes

Montage d’une des 60 tentes

Condition de vie sommaires

Condition de vie sommaires

Les 60 tentes apportées par « SOS International » ont été bienvenues. Une partie du terrain nous a été confiée : nous l’avons désherbé, mise en état et déblayé et remblayé afin d’y positionner ces tentes d’abris, conscients qu’elles pourraient dans un premier désengorger les premières. Nous avons été aidés par les personnes sinistrées elle-même puis par les jeunes militaires en service national dans la soirée puis la nuit. Au petit matin, 55 tentes étaient montées, 5 ayant été réservées comme futures tentes de consultation médicale. Le sourire des familles surprises par cette nouvelle ère d’habitation a été notre récompense L’inauguration a été faite de façon protocolaire avec les conseillers de Madame la Première Dame, Le préfet, les autorités, les responsables sanitaires gouvernementaux et de la Croix-Rouge.

Pour ce qui est de l’évaluation de l’hébergement des sinistrés, il est évident qu’il y a un besoin important en abris supplémentaires ; au niveau du site principal, 7000 personnes sont en attente, hébergées de façon précaire dans les gymnases et écoles de la ville, dans divers sites de fortune disséminés.

Evaluation de la situation sanitaire sur le plan médical et paramédical +/- aides aux soins des sinistrés :

Pour l’évaluation sanitaire, nous avons, été invités à participer au Cluster Médical du site avec les personnalités gouvernementales du ministère de la Santé (Santé publique, Epidémiologie, Hygiène) et intervenants médicaux au sein des services d’Urgences, des centre de consultation du site principal, des districts de Antananarivo, des O.N.G (comme Médecins du Monde) ; cette réunion a permis d’avoir une vue d’ensemble de la situation sanitaire présente et à venir :

  • la visibilité sanitaire sur les 3539 sinistrés hébergés sur le site d’Andohatapenaka est assez claire ; des soins de prévention et de dépistage sont prodigués ; une tente médicale abrite une consultation journalière avec 6 médecins et paramédicaux, gratuits avec un carnet de santé pour le suivi ; les moyens médicaux sont centralisés sur le site principal ; une distribution alimentaire gratuite est mise en place ;
  • La tente médicale    Joie dans le nouvel habitat
  • Par contre, elle ne l’est pas pour les nombreux camps de sinistrés sur différents sites d’Antananarivo car, malgré les directives gouvernementales, de nombreux sinistrés persistent à rester sur des sites isolés comme Akurundan, Ambodivoanjo, Andondra, Soavimasoandro, Ankaditoho, Fokontany et encore bien d’autres disséminés sur les digues des rizières, dans des abris de fortune, avec un suivi sanitaire quasiment impossible à contrôler . La priorité a été fixée de recenser le nombre de personnes regroupées sur chaque site, certains étant évalués de 600 à 2700 personnes ; la possibilité de leur faire quitter ces lieux apparait incertaine aux médecins et l’urgence est à la veille sanitaire car le risque d’épidémie est grand ; une fois le recensement terminé (objectif lundi 24 mars), une redistribution des médecins est envisagée ;
  • En terme de besoins, il manque des lieux pour consulter à l’abri et des médicaments de base, surtout pour les adultes (l’UNICEF en a fourni pour les enfants). Médecins du Monde met à disposition un lot de médicaments pour 1000 personnes pour 3 mois et assure le suivi de quatre sites ; une demande de moyens pharmaceutiques va être adressée au gouvernement malgache ; l’O.N.G « SOS Attitude » met à disposition cinq tentes pour les consultations au niveau des sites, qui seront installées par « P.U.I ». Nous sommes donc allés sur place pour évaluer le besoin en tentes médicales et avoir une idée de l’état sanitaire des sinistrés. Le constat est à la hauteur du sinistre : les populations en état de pauvreté avant la catastrophe sont devenues sinistrées mais surtout misérables ; elles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins de base (hébergement, nourriture, etc.). A peine un repas par jour, peu d’accès à l’eau potable, développement de dermatoses/humidité, insuffisances respiratoires aigües, troubles digestifs,… l’émergence d’épidémies dans ces camps et ces sites est à craindre fortement.

De plus une crise alimentaire pourrait arriver dans les mois à venir car la récolte de riz n’aura pas lieu ; la Banque Alimentaire Mondiale devrait être sollicitée.

Compte tenu du temps imparti, il ne nous a pas réellement été possible de « visiter » les centres hospitaliers d’Antananarivo, mais , à l’occasion de la prise en charge inopinée d’une victime d’accident de la route (poids lourds renversé sur la chaussée) , nous avons pu constater l’absence de structure d’appel d’urgence et de transport de victime, les conditions d’accueil précaires aux urgences de l’hôpital central, et la prise en charge de la victime sous tendue aux moyens financiers de celle-ci (pose de perfusion si et seulement si financement effectué). L’hôpital qui jouxte le site d’Andohatapenaka est neuf et ouvert, mais ne peut accueillir réellement de patient faute de matériel (lits, matériel de soins, etc.). Une femme en travail dystocique a dû être transférée du camp au centre ville.

Evaluation de l’ampleur des inondations et ses conséquences (risques de glissement de terrain, éboulement d’habitats,…) :

L’évaluation des inondations a été effectuée par les trois Sapeurs Pompiers PUI pendant que nous faisions la nôtre au niveau sanitaire;

– Inondations : Malgré la baisse du niveau d’eau il y a encore des habitations dans l’eau et des accès à d’autres habitations se faisant par barques. Le niveau d’eau diminue progressivement grâce à une météo favorable ce qui devrait nous amener vers un retour normal dans les prochaines semaines. La conséquence à craindre est un risque d’épidémie car les personnes persistent à vivre dans ces habitations inondées.

– Eboulement : l’origine de l’éboulement d’un bloc de falaise est due à des infiltrations dans la carrière au niveau supérieur : il présente en effet de nombreuses cuvettes qui s’infiltrent dans une roche argileuse et granitique. Les intempéries depuis la mi-janvier ainsi que l’érosion naturelle ont provoqués le décrochage d’une partie de la falaise faisant 6 victimes décédées. Une purge à l’explosif a été réalisée pour sécuriser la zone et des habitations évacuées. Le responsable du chantier Mr Lalah Andriamirado, docteur en géologie et chef de service auprès des centres opérationnel du BNGRC nous a demandés un conseil au point de vue sécurité et d’éventuelles solutions à apporter. Nous lui avons conseillé de commencer le déblai par le haut afin d’éviter des chutes sur les ouvriers se trouvant en bas et éventuellement l’usage d’une sonnette. L’accès aux engins étant impossible pour réaliser le dégagement des blocs, nous lui avons conseillé de faire appel aux carriers afin de casser les blocs. Concernant un moyen de protection contre les chutes futures de blocs, plusieurs solutions sont possibles : Mettre en bas de la falaise des murs de gabions, un filet métallique, l’implantions de végétaux. Les falaises sur ce site présentent un danger dans les années à venir, connu par le BNGRC. Des glissements de terrains peu importants sont visibles dans le secteur visité.

Conclusion

Pour conclure, cette mission a été très bien accueillies par les autorités et différentes personnes rencontrées à quel que niveau que ce soit. La très bonne collaboration avec Les autorités officielles, Mme la conseillère de la grande dame, et ses autres conseillères ; le BNGRC, notamment le Commandant Faly; les intervenants du site principal, la Croix-Rouge Malagasy, les acteurs alimentaires et logistiques , les militaires, les sapeurs pompiers d’Antananarivo , les médecins, paramédicaux et intervenants sanitaires (en particulier le Dr Rajaonarison, le DR Honoré, le Dr Naly, le Dr Hervé, le Dr Vadary ) et toutes les personnes sinistrées qui se sont montrées très dignes, courageuses dans cette épreuve.

Cette mission s’est déroulée dans de bonnes conditions grâce à toute l’énergie de l’équipe. Nous rentrons satisfaits du travail accompli, mais Il reste beaucoup à craindre et à faire.

Les excellents contacts et le très bon accueil de tous les malgaches laissent à penser que l’O.N.G P.U.I aurait toute sa place pour intervenir :

  • Dans l’urgence d’un prochain cyclone, pour sa compétence en Sauvetage Déblaiement et Secours d’Urgence, mais aussi dans le cadre de la formation, Sauvetage Déblaiement, secours routier.
  • Pour l’aspect médical et sanitaire il en est de même : dans les soins d’urgence et la formation dans la prise en charge para-médicale et médicale de victimes.

La Société Française de Médecine de Catastrophe et ses membres aux nombreuses compétences pourraient concourir à cette tâche avec P.U.I, car humainement, il nous parait urgent de répondre aux besoins prégnants actuels, et ce sans attendre la prochaine et inéluctable catastrophe, tout comme participer à la formation des personnels en matière de médecine de catastrophe et de gestion des populations à risque.

Dr Magali JEANTEUR (membre SFMC n° 1635)
Médecin SP.

La SFMC est tout à fait disposée à favoriser la création d’un groupe en son sein ayant pour but d’aider ou de participer directement à des aides en faveur de la population Malgache et de nos confrères insulaires. Pour cela adresser un mail à medecine.cata@gmail.com.

Recherche-Innovation NRBC Antibes

RECHERCHE-INNOVATION SUR LES RISQUES NRBC

Antibes Juan les Pins

16-19 mars 2015

Du 16 au 19 mars 2015 se tiendra à Antibes-Juan les pins la première conférence internationale «  Recherche et Innovation sur les risques Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques (NRBC) ».

Cette conférence a pour objectif de réunir des scientifiques de renommée internationale dont les recherches portent sur les thématiques de protection-décontamination-dépollution-détection-thérapeutique en relation avec les agents des risques NRBC. Les intervenants (sapeurs-pompiers, forces de sécurité, services de santé), mais aussi les industriels associés au développement de nouveaux équipements NRBC seront invités à participer à cette conférence et à présenter leurs besoins pour les premiers, leurs innovations pour les seconds.

Le comité d’organisation comprend le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies renouvelables (CEA), la Direction Générale de l’Armement (DGA), l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA), l’Université de Nice Sophia Antipolis et le Service Départemental d’Incendie et de Secours des Alpes-Maritimes (SDIS06)

Cette Conférence vise à:

– rassembler la communauté scientifique internationale du domaine NRBC

– favoriser la diffusion de nouvelles idées et innovations,

– créer des échanges entre chercheurs, industriels et utilisateurs

– et promouvoir des collaborations.

 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à visiter le site internet de la conférence : www.cbrn-conference.com

Programme de la conférence : Programme

Le flyer de la conférence : cliquez sur Flyer.

Actualités du 15 mars 2015

Actualités de la 1° quinzaine du mois de mars 2015
 
C’est arrivé en mars
   -10 mars 1906 : France, catastrophede Courrières est la plus importante catastrophe minière d’Europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens et a fait 1099 morts.
    -11 mars 2011 : Japon, catastrophe de Fukushima au Japon après un séisme et un tsunami.
    – 3 mars 2012 : Congo, Brazzaville, explosion de dépôts de munition, 220 morts, 2.300 blessés et environ 14.000 sans-abris
         Dernière heure
  • Brésil, accident de car, le 15 mars 2015
Accident d’autocar survenu sur une route montagneuse, le véhicule est tombé dans un ravin. Il a fini sa chute 400 mètres plus bas dans une zone boisée.
Le bilan, encore provisoire, fait état de 50 morts, on ignore si il y a des survivants.
http://fr.euronews.com/2015/03/15/bresil-pres-de-50-morts-dans-un-accident-d-autocar
Analyse
Difficultés certaines dans l’organisation des secours en raison de la situation du véhicule et de l’heure de survenue (Tombée de la nuit)
  • Le cyclone Pam dans l’archipel de Vanuatu, le 13 mars 2015
Quinze ou trente minutes de terreur absolue. » C’est ainsi qu’, une responsable de l’Unicef, a décrit le passage d’un cyclone de catégorie 5 (la plus élevée) sur l’archipel de Vanuatu, dans le Pacifique Sud, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 mars.
 Le bilan provisoire est d’au moins huit morts et d’une vingtaine de blessés, selon le directeur de l’organisation Save the Children. Mais les agences humanitaires redoutent des pertes bien plus lourdes et le président Baldwin Lonsdale appelle à l’aide internationale.
Le cyclone PAM s’est ensuite dirigé vers la Nouvelle Calédonie occasionnant des dégâts modérés.
Lire la suite :
Analyse
Le Vanuatu ou République de Vanuatu, (Anciennement les Nouvelles-Hébrides) est un État d’Océanie situé en Mélanésie, dans le Sud-Ouest de l’océan Pacifique, en mer de Corail.
L’archipel est composé de 83 îles pour la plupart d’origine volcanique (et certains volcans encore en activités) situées à 1 750 kilomètres à l’est de l’Australie, au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, à l’ouest des Fidji et au sud des îles Salomon.
Une population de 234 023 habitants4 du Vanuatu, avec deux seules villes du pays sont Port-Vila, la capitale, située sur l’île Éfaté, et Luganville, sur l’île d’Espiritu Santo.
Cet archipel est fréquemment atteint par des événements naturels de grande ampleur (novembre 1999, tremblement de terre suivi d’un tsunami atteint l’île de Pentecôte, en janvier 2002, un autre tremblement de terre, également suivi d’un tsunami, endommagea la capitale, Port-Vila, et ses environs, le 8 août 2006 et le 1er août 2007, deux autres séismes.
Cette région cumule donc deux paramètres particuliers dans le domaine de la gestion des catastrophes, d’une part par le caractère endémique des phénomènes naturels lié à s situation géographique et d’autre part sa multi insularité qui favorise la dispersion des habitants mais complique les communications et les transports dans l’organisation des secours.
Ces aspects seront développés dans la prochaine lettre de la SFMC (Lettre n°, avril 2015)
  • Glissements de terrain, début du mois de mars 2015
Faisant suite aux événements survenus à la fin du mois de février plusieurs pays ont connus des glissements de terrain importants, suivant les régions ces glissements de terrain ont été associés aux inondations et aux avalanches.
     -France, ce sont surtout les Pyrénées et Alpes qui ont été les lieux de survenue.
     -Algérie où les glissements de terrain sont survenus en Kabylie.
     -Madagascar, les glissements de terrain ont été associés aux inondations.
      -Ile de la Réunion avec pluies et glissements de terrain lors d’une tempête tropicale.
Analyse
Les conséquences matérielles et humaines de ces accidents naturels sont très variables d’un événement à un autre en fonction de plusieurs paramétrés tels que importance des masses de matériaux déplacées, des autres phénomènes associés (inondations, avalanches, tempêtes) et de la densité de populations et de bâtiments contrits dans les régions de survenue et de leur vulnérabilité antérieure.
Cela peut aller de simples routes coupées avec arrêt momentanées de circulation, de destructions importantes des infrastructures routières avec isolement des populations locales(France) de destructions de bâtiments avec de nombreuses victimes(Madagascar).
Dans le cadre de l’organisation des secours signalons l’utilisation de drones pour estimer la situation locale.
Dans le cadre de la prévention et de la protection signalons la mise au point de système de détecteurs sans fil pour surveiller la sécurité des infrastructures de grande taille.( structures des immeubles, de ponts, barrages, monuments historiques, ou tunnels )qui peuvent être affaiblies à l’occasion de séismes, de glissements de terrain, mais aussi de corrosion des armatures en acier, ou de défauts de construction résultant de techniques anciennes.
  • Avalanches
Le début du mois de mars comme la fin du mois de février a été marquée par la survenue de nombreuses avalanches dans les Alpes et les Pyrénées et à chaque fois des victimes, la plupart survenant au cours de randonnées hors-piste.
Analyse
Le nombre de morts au cours des avalanches a été particulièrement important cette année du fait des conditions météorologiques certes mais surtout en raison de la fréquence des comportements à risques des populations présentes sur les zones de neige.
Il ne s’agit certes pas de catastrophes, tout simplement d’urgences individuelles ou semi collectives mais qui vont déclencher d’importants moyens de secours.
Par ailleurs « les innovations » se multiplient pour améliorer les secours : utilisation de drones pour la recherche de victimes, appel pour le port de balise de détection, entrainement des sauveteurs avec exercices fréquents.
Par ailleurs dans le domaine des prévisions on compte actuellement pouvoir bénéficier des données satellitaires.
Cependant on ne trouve aucune tentative, aucune recherche, aucune mesure visant à influencer les comportements à risque qui sont les seuls responsables de ces accidents
  • ONU et prévention des catastrophes naturelles
Le samedi 14 mars 2015, s’ouvre au Japon la Conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophes naturelles. Objectif : fixer un cadre international à la prévention des désastres. Les ONG attendent des engagements fermes, notamment en termes de financement.
Centre d’actualités de l’ONU
  • Valparaiso(Chili) menacé par les incendies de forêts
Un important incendie de forêt apparu dans la périphérie de la ville de Valparaiso, (classé au patrimoine mondial de l’humanité) a entrainé un état d’urgence, en raison de sa propagation favorisée par les conditions météorologiques.
Plus de de 7000 personnes ont du être évacuées
Analyse
Au cours de ces dernières années on a assisté à plusieurs reprises à la progression des incendies forestiers en direction non seulement de zones habitées mais aussi de grandes villes
  • États Unis, accident de train de marchandises, le 5 mars 2015
Un train transportant du pétrole brut a pris feu après avoir déraillé près de Galena (Illinois, Etats-Unis), jeudi 5 mars. Il n’y pas eu de victime mais la population avoisinante a été évacuées
  • Canada, accident de train de marchandise, le 6 mars 2015
Déraillement d’un train de 94 wagons puis incendie de 38 wagons qui transportaient du pétrole brut et au cours de cet accident c’est au moins 1,345 million de litres de pétrole ont soit brulé ou se sont déversés à quelques kilomètres seulement d’une agglomération.
Dans les dégâts matériels, il faut citer un pont qui a été détruit par les flammes et la pollution du cours d’eau.
Il n’y pas eu de victime.
Analyse
Les États-Unis comme le Canada, accumulent depuis trois ans les accidents ferroviaires de TMD, au Canada dans cette région de l’Ontario c’est le 4° accident en un an avec chaque fois le même scénario : déraillement, incendie avec ou non explosion, pollution environnementale des cours d’eau en particulier, évacuation des populations avoisinantes.
  • Serbie, accident  d’hélicoptère le 13 mars 2015
Un hélicoptère de l’armée serbe, qui effectuait une mission médicale de transport d’un bébé vers un hôpital, s’est écrasé près de Belgrade bilan de sept morts (pas de survivant)
  • Floride (états Unis), accident d’hélicoptère le 12 mars 2015
Au cours d’un entrainement un hélicoptère avec 12 militaires à bord disparait en mer, bilan de 11 morts ou disparus, pas de survivants.
Analyse
Après l’accident survenu en Argentine au cours d’un tournage de séquences de télévision (bilan de 12 morts), ces deux événements confirment que les accidents d’hélicoptère, bien que rares, sont toujours très meurtriers, sans survivant.
L’organisation des secours est compliquée du fait de l’importance des destructions matérielles au moment du crash associé souvent à un incendie.
De ce fait l’identification médicolégale des corps est toujours longue et difficile.
  • Népal, accident d’avion ,le 4 mars 2015
Un avion de la compagnie Turkish Airlines s’est écrasé près de Katmandou, au Népal, en raison d’une visibilité réduite à zéro par le brouillard.
Il s’agissait ‘Airbus A33, avec à son bord 224 passagers et personnels d’équipage qui s’est écrasé dans un champ à proximité de l’aéroport. Il n’a pas eu de victime.
Analyse
La faible vitesse de l’appareil et probablement et probablement les manœuvres des pilotes qui ont permis  un atterrissage explique cette situation heureuse.
  • Bangladesh, effondrement d’une construction, le 12 mars 2015
Le toit d’une usine de ciment en construction s’est effondré, faisant plusieurs morts.et une cinquantaine de blessés Plus de 90 personnes travaillaient sur le chantier de cette usine à Mongla, deuxième port maritime du pays dans le sud.
Analyse
Les accidents de ce type sont fréquents dans cette région : non-respect des normes de construction, absence de sécurité même élémentaire
   En avril 2013 : effondrement d’un immeuble en construction, plus de 300 morts.
   En mai 2013 : effondrement d’une usine textile près de Dacca, 1.127 morts.

René Noto

Fukushima, 4 ans après, Paris

Société Française de Radioprotection 

FUKUSHIMA ans après 

11 mars 2015
Union Internationale des Chemins de fer (UIC)
16, rue Jean Rey, Paris XVe
Métro, ligne 6, station Bir-Hakeim
RER C, station Champ de Mars

Quatre années après l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima-Daichi, le Japon est dans une phase post-accidentelle. La contamination persiste sur une partie du territoire de la préfecture de Fukushima. Toutefois, du fait de la décroissance radioactive et grâce aux efforts de décontamination, les expositions ont diminué, permettant d’envisager le retour des populations évacuées dans quelques villages. Après le bilan initial des risques pour la santé, un suivi pour une prévention des effets sur le long terme a été mis en place. Les conséquences sur l’environnement terrestre et marin font également l’objet d’observations approfondies.

Sur le site même de la centrale, la situation est maîtrisée mais le maintien de la sûreté et le démantèlement de l’installation endommagée restent un défi qui mobilisera les équipes durant plusieurs décennies. Malgré une ampleur et un contexte différents, l’accident de Fukushima présente des analogies avec celui de Tchernobyl, notamment au regard des interrogations et des attentes de la population.

Trois ans après la journée du 9 février 2012 consacrée à l’accident de Fukushima, à ses conséquences radiologiques et aux premiers enseignements, la SFRP organise une nouvelle manifestation pour faire le point de la situation au Japon.

Le programme comprend cinq sessions thématiques : de l’accident, à l’état des lieux de l’installation et son devenir ;
– Les conséquences de l’accident sur l’environnement terrestre et marin ;
– Des effets observés sur la santé humaine à la prévention ;
– Les actions de remédiation dans les territoires affectés ;
– La gestion post-accidentelle des territoires, des populations et des denrées.

Ainsi, grâce aux divers intervenants français et japonais qui présenteront les connaissances les plus à jour sur l’accident de Fukushima et ses conséquences, cette journée fournira un panorama complet et riche d’enseignements de la situation et des perspectives au Japon 4 ans après l’accident

Programme :

L’installation aujourd’hui et son devenir
09h15 Accidents de Tchernobyl et de Fukushima : points communs et différences
Didier CHAMPION (Président SFRP)
09h35 Etat des lieux de l’installation à Fukushima en 2015 et son devenir
Thierry CHARLES (IRSN)
09h55 Discussion

 Impact de l’accident sur l’environnement
10h15 Conséquences sur l’environnement terrestre
Philippe RENAUD (IRSN)
10h35 Conséquences sur l’environnement marin
Bruno FIEVET (IRSN)
10h55 Discussion

11h15 Pause

 Effets sanitaires
11h45 Effets sanitaires à court terme et mise en place du suivi de la population sur le long terme
Laurence LEBARON-JACOBS (CEA)
12h05 Rayonnements et risque de cancer de la thyroïde
Florence MENETRIER (CEA)
12h25 Discussion

12h45 Déjeuner

 Les actions de remédiation
14h15 Décontamination et gestion des déchets
François BESNUS (IRSN)
14h35 Solutions proposées par AREVA pour l’assainissement du site de Fukushima
Arnaud GAY (AREVA)
14h55 Discussion

 La gestion du post-accidentel
15h15 Gestion post-accidentelle et évolution des expositions (distribution doses, zonage, évacuation, retour…)
Takashi NAKAMURA (JANUS)
15h35 L’implication des experts auprès de la population
Thierry SCHNEIDER (CEPN)
15h55 Gestion des produits alimentaires locaux
Jean-François LECOMTE (IRSN)
16h15 Discussion
16h35 Enseignement au plan national et international
Jean-Luc GODET (ASN)
16h55 Discussion

17h00 Clôture de la journée | Didier CHAMPION (SFRP)

 
Secrétariat Administratif : Société Française de Radioprotection
BP 72, 92263 Fontenay aux Roses Cedex, France
Téléphone : 00 33 (0)1 58 35 72 85(0)1 58 35 72 85
Courriers électroniques : valerie.chambrette@irsn.fr / christine.guerreiro@irsn.fr

Site : www.sfrp.asso.fr

Programme et Bulletin d’inscription