Archives mensuelles : janvier 2015

Actualités de 31 janvier 2015

Actualités de la deuxième quinzaine de janvier 2015

     – 13 janvier 1915, Italie, séismes dans les Abruzzes, 30.000 morts.
     – Janvier 1955, France, importantes crues de la Seine.
     -19 janvier 1975, France, attentats à l’aéroport d’Orly, une vingtaine de blessés.
     -13 janvier 1985 Awash, Éthiopie, accident de train qui chute dans un ravin, 428 morts et 500 blessés parmi les 1000 passagers.
     -17 janvier 1995, Kobe, Japon séisme de magnitude 7,2 secoue toute la région de Kobe, La rupture des canalisations de gaz a été à l’origine de centaines d’incendies. Bilan avec 5 375 morts, de nombreux disparus, 40 000 blessés et 80 000 bâtiments détruits ou endommagés.
                      Et en 2015……
Pas de grandes catastrophes naturelles, technologiques, industrielles ou sociétales mais une série d’événements à conséquences collectives qui fournissent un bon reflet sur les niveaux de sécurité des activités humaines.
  • Mexique, incendie et explosion dans un hôpital, le 29 janvier
Dans un hôpital pour enfant dans la banlieue ouest de Mexico, l’explosion d’un camion transportant du gaz a pratiquement détruit le bâtiment. Le bilan initial faisait état de 3 morts et 7 blessés et il a été régulièrement modifié en fonction des recherches en particulier pour le nombre de blessés.
Il serait actuellement de 3 morts et 58 blessés, mais certaines dépêches font état de 7 morts.
Analyse
Les circonstances de survenue de cet accident montrent qu’en fait il s’agit d’un accident de transports de matières dangereuses survenu dans l’enceint d’un établissement hospitalier et que la sécurité interne du bâtiment ne soit pas directement en cause.
Plusieurs accidents liés au gaz sont survenus au Mexique au cours de ces dernières années
             -En mai 2013 explosion d’un camion-citerne sur un pont avec un bilan de 20 morts et plusieurs dizaines de blessés.
              -Le 31 janvier, 2013 explosion au  siège de la société pétrolière d’État Pemex avait fait 37 morts et plus de 120 blessés.
             – En septembre 2013, une e explosion avait tué 30 personnes dans une usine de traitement du gaz,
             – En décembre 2010, explosion d’un oléoduc (après avoir été perforé pour détournement par des voleurs), faisant 29 morts et plus de 50 blessés.
  • France, Suisse, séries d’avalanches dans les alpes, 27 et 28 janvier
Plusieurs morts dans les Alpes au cours des derniers jours au cours d’avalanches, depuis le début de la saison le nombre de morts et de 17.
Pour la seule journée du 30 janvier il y a eu 6 morts.
Analyse
Tous les accidents sont survenus alors que les alertes météo »risque d ‘avalanches » étaient diffusées.
Un accident mortel concernant un adolescent a déclenché une polémique au motif que le skieur d’une balise de recherche, polémique reprise par la plupart des médias dont peu ont signalé que ce jour-là le risque avalanche avait été noté 3/5.
La polémique aurait dû concerner le maintien de cette sortie en groupe.
  • Espagne, accident d’avion, le 26 janvier 2015
Un avion de chasse F-16 de l’armée de l’air grecque s’est écrasé peu après son décollage du centrede formation de pilotes d’élite de l’OTAN en Espagne.
L’avion avec deux pilotes à bord s’est écrasé sur le parking où étaient stationnés d’autres appareils et leurs équipages dans l’attente de leur départ.
Le bilan actuel est de onze morts et vingt blessés dont plusieurs dans un état grave .
Analyse
Hors faits de guerre, les accidents d’avions militaires présentent autant dans les causes de survenues que dans les conséquences immédiates et secondaires des spécificités qui les rendent différents des accidents survenant à des aéronefs civils.
On peut distinguer plusieurs scénarios distincts qui feront l’objet d’une étude détaillée dans la prochaine Lettre de la SFMC en février 2015.
  • France, progression de l’épidémie de grippe
300 000 nouveaux cas ont été recensés la semaine dernière en France dont 223 graves et 16 décès et  ce sont le Limousin et l’Auvergne qui sont les régions les plus touchées.
Analyse
Le virus H3N2 est le virus majoritaire qui circule en France qui est un « variant » du virus vaccinal
Le vaccin actuel est certes un peu moins efficace que celui des autres années mais il reste très important de se faire vacciner autant pour soi même que pour la collectivité rappellent les autorités sanitaires.
La campagne de vaccination est prolongée jusqu’au mois de février en raison de l’extension de l’épidémie.
  • Nigeria, épidémie de grippe aviaire H1N
Au Nigéria, une épizootie de grippe aviaire à virus A(H5N1), a été annoncée le 11 janvier 2015, actuellement elle se confirme et s’étend à 5 états conduisant à l’élimination de milliers de tête de volaille
Analyse
Le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique et première puissance économique du continent, a été le premier pays du continent à détecter le virus aviaire en 2006, dans ses élevages de poulets. En 2007, il a signalé son premier décès humain dû au virus aviaire A(H5N1).
Les premiers cas humains de grippe aviaire à virus A(H5N1) ont été rapportés en 1997 à Hong Kong. Le virus s’est propagé de l’Asie vers l’Europe et l’Afrique et l’infection a persisté chez les volailles dans certains pays, causant des millions de cas chez la volaille et plusieurs centaines de décès humains.
  • Les informations de l’OMS en date du 20 janvier
     -Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite
Bulletin d’information sur les flambées épidémiques ,20 janvier 2015
      -Infection humaine par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) – Chine
Bulletin d’information sur les flambées épidémiques ,19 janvier 2015
Lire la suite
    
-OMS et Ébola, les constatations
« Le monde a été trop lent à voir ce qui se déroulait devant nous ». C’est ainsi que Margaret Chan directrice de l’OMS, a fait son mea culpa au nom de l’Organisation mondiale de la santé pour la trop lente réponse apportée à l’épidémie d’Ébola. Elle s’exprimait dimanche à Genève, lors d’une réunion d’urgence consacrée à la restructuration du combat contre la maladie ».
  • Russie, progression dans la fabrication d’alcool frelaté
En raison de l’augmentation importante des prix vodka sa fabrication  (avec 666 millions) a diminué de 22 % en un an au profit de l’augmentation de l’alcool frelaté.
Analyse
Il est donc probable que dans les mois à venir on assistera à une augmentation des intoxications.
  • Madagascar, tempête tropicale, le 18 janvier
La tempête tropicale Chedza est passée sur l’île pendant deux jours provoquant par les vents et les inondations d’importants dégâts, (glissements de terrain, effondrements de maisons), le bilan humain au d’moins 14 morts et plus de 80000 sinistrés
Traversant ensuite l’Océan Indien en direction de la côte sud-est de l’Afrique, elle atteint le Mozambique et le Malawi avec inondations. Bilan de 176 morts et 200 000 personnes déplacées au Malawi, tandis que des douzaines de personnes ont péri au Mozambique.
Analyse
Les tempêtes tropicales représentent tout à la fois des phénomènes naturels prévisibles et évolutifs dans le temps et dans l’espace (zone d’endémie de survenue, moments de survenue, trajectoire de déplacement, augmentation ou diminution de l’énergie).
Par le déplacement et la mise à l’abri des populations, il est donc possible de réduire les pertes humaines à conditions que des plans de protection aient été mis en place par les autorités et la population entrainée à les respecter.
  • Michigan (USA), carambolage important avec explosion feux d’artifices
Sur une autoroute enneigée, carambolage avec plus de 100 véhicules  dont des camions transportant des produits chimiques et des marchandises pyrotechniques.
Sous la violence du choc les feux d’artifices ont explosé « générant un spectacle pyrotechnique à la fois dangereux et peu commun pendant de longues minutes ».
Les matières dangereuses n’ont pas été atteintes mais par précaution un périmètre de sécurité a été réalisé avec évacuation de la population avoisinante.
Bilan humain avec un seul mort.
Analyse
Avec les accidents survenant au cours de leur fabrication, leur stockage et leur utilisation, les matériels pyrotechniques sont également responsables d’accidents souvent importants.
Cet accident met en relit le concept de « population avoisinante » que l’on retrouve dans nombre d’accidents industriels et technologiques en particulier lors d’accidents de TMD.

René Noto

CRendu Ebola, point d’étape

SESSION ÉBOLA, POINT D’ÉTAPE

 École du Val de Grâce
23 janvier 2015

Près de 280 participants à la session Ébola, point d’étape, organisé par la SFMC en association avec la Société française de médecine des armées (SFMA) dans les locaux de l’École du Val de Grâce. Le très bel amphithéâtre Rouvillois n’a pu contenir tous les auditeurs qui ont débordés dans les allées et couloir et dans une salle annexe où une retransmission a été organisée.

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Salle annexe avec retransmission

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Amphithéâtre Rouvilois

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Participants assis et debout

 

 

 

 

 

Le nombre de dossiers a été nettement insuffisant, 200 avaient été composés en tenant compte du nombre d’inscrits à la fin de la semaine précédente, délais d’imprimerie nécessaire à la reproduction. Toutes nos excuses à ceux qui n’ont pu repartir avec les abstracts et résumés. Nous avons préféré accepter les retardataires plutôt que de fixer une dead line qui leur aurait interdit de participer à cette belle journée.

Nous tenons à remercier tout particulièrement les acteurs de cette belle session et notamment :

  • – La Société française de médecine des armées (SFMA) qui nous a accompagné, et l’Ecole du Val de Grâce qui a mis ses locaux à notre disposition,
  • – L’Académie nationale de médecine pour son haut-patronage et ses membres titulaires représentants les Prs Bricaire, Buisson et Gentilini qui ont communiqué, animé et conclu cette journée,
  • – L’ensemble des orateurs pour la haute qualité et l’actualité de leurs présentations,
  • – Le Pr Benoit Vallet, Directeur Général de la Santé et le Préfet Marc Meunier, Directeur de l’EPRUS pour leur présence et leur participation effective.

Notons que la session est éligible DPC et Formation professionnelle continue, ce qui a suscité beaucoup de vocations et constitué un petit embouteillage, les modalités pratiques de réalisation n’étant pas complètement abouties, pas plus que la stabilisation des procédures administratives qui la sous-tendent.

L’ensemble des communications et des abstracts sont disponibles sur le site de la SFMC : Com-Ébola .

Pour prendre connaissance du compte-rendu et pouvoir visualiser l’ensemble des photos : cliquer sur Compte-rendu.

Henri JULIEN

Ebola, point d’étape, Paris

23 janvier 2015
10h -17h 30

EBOLA, POINT D’ETAPE

École du Val de Grâce
Place Alphonse-Laveran – 75005 PARIS

Amphithéâtre ROUVILLOIS

 

La session du 23 janvier a pour thème un point d’actualité sur l’épidémie du virus Ebola avec les meilleurs experts et les retours d’expérience disponibles. Elle est organisée en partenariat avec la Société Française de Médecine d’Armées, le SSA étant très impliqué dans la lutte contre l’épidémie et ses conséquences.

Le programme en sera le suivant

Ouverture à 10h00 précises :
Allocution de bienvenue, MGI François PONS, Directeur de l’EDVG, président de la SFMA,        
   Présentation de la journée, MG  Henri JULIEN, président de la SFMC,
   Introduction par le Pr Benoit VALLET, Directeur général de la Santé

  • 1- VIROLOGIE- ÉPIDÉMIOLOGIE :

10h15 – 10h35  Histoire naturelle du virus Ebola : taxonomie, virulence, contamination :
           
Pr François BRICAIRE, Hpl Pitié-Salpétrière, Académie Nationale de Médecine.

10h35 – 10h55  Maladie  à  virus Ébola, aspects cliniques, pronostiques, thérapeutiques :
Pr Ag.VdG Christophe RAPP, HIA Bégin Saint Mandé.
           
10h55 – 11h15  Epidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, point de situation :
            Dr Jan-Cédric HANSEN, SFMC, Partenariat OOAS/SFMC/StratAdviser.

  • 2- LA COMPOSANTE OPÉRATIONNELLE :

11h15 – 11h35     Organisation de la réponse opérationnelle en France :
Pr Ag. VdG Thierry DEBORD, coordonnateur délégué de la task force interministérielle Ebola,  responsable du pôle santé.

11h35 – 12h     DUS – EPRUS et réponse à l’épidémie Ébola :
            Dr Pharm. Nicole PELLETIER EPRUS – Dr Jean Marc PHILIPPE, DGS

12h – 12h20      Dispositif  et action de réponse internationale du MAE :
Dr Christophe SCHMIT, Cellule urgence MAE.

12h20 – 12h40      Dispositif de lutte contre l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest :
Dr Xavier CRESPIN,  Directeur de l’Organisation Ouest Africaine de Santé.

12h 40 – 14h00   Buffet – Visite des stands

  • 3- RETOURS D’EXPERIENCE:

14h00 – 14h20  Protection individuelle, composition et bonne utilisation des EPI :
Mme Magali DESCHOUVERT, ICS CHU-Rouen.

14h20 – 14h40  Évacuation et transport et d’un cas avéré :
Pr Ag VdG Jean-Pierre TOURTIER, médecin chef de la BSPP.

14h40 – 15h10  Le fonctionnement d’un centre de traitement Ebola en Guinée forestière :
Dr Pharmacien Jean-Yves KERHERVÉ, EPRUS-Croix Rouge.

15h10 – 15h30   Mission Ebola en Guinée :
Med en Chef David LIGNAC, 1er Régiment d’Intervention de la Sécurité Civile.

15h30 – 15h50    Retour d’expérience :
Dr Marie JASPARD
-MSF.

  • 4- RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT, PROJECTIONS :

16h – 16h 20     Point sur les traitements spécifiques de l’infection à Ébola :
            Mr David LECHLEITER, Laboratoires GSK.

16h20 – 16h40  Conséquences socio-culturelles et psychologiques d’Ébola :
            Pr Ag du VdG Franck DEMONTLEAU, HIA Percy.

16h40 – 17h00  Épidémie Ebola : scénarios d’évolution pour l’analyse de risque :
            Dr Pierre-Yves BOELLE UPMC-INSERM

  • 5- SYNTHÈSE ET CONCLUSION:

    Pr Marc GENTILINI, Académie Nationale de Médecine.

Une présentation de matériels d’identification, de protection individuelle, de transport, d’isolement sera organisée parallèlement.

Programme

Bulletin d’inscription

Session qui permet la validation Développement Professionnel Continu des personnels de santé n° 48371500001.
Session habilitée Formation Professionnelle continue n° 11 75 51578 75

Epidémie Ebola n° 14

Logo OOASLogo SFMCLogo StaAdviser

 

Le point sur Ébola
au lundi 19 janvier 2015


Drs Jan-Cédric* et Øivind Hansen**

* Médecin Coordonnateur Hôpital Asselin-Hédelin – Consultant Senior StratAdviser Ltd agence spécialisée en communication stratégique de crise dans le domaine de la santé ;

** Médecin Anesthésiste-Réanimateur

L’épidémie de fièvre hémorragique virale (FHV) liée au virus Ébola, souche « Zaïre »[1],[2] qui sévit actuellement depuis le 22 mars 2014 s’est déclarée en Guinée puis s’est presque immédiatement propagée au Liberia et en Sierra Leone, pays voisins puis au Sénégal, au Nigeria et plus récemment au Mali.

Synthèse par pays

Pour l’instant 3 pays seulement, sur les 15 de la zone CEDEAO, connaissent une épidémie évolutive : la Guinée, le Libéria, la Sierra-Leone.

Le Nigeria et le Sénégal ne sont plus concernés depuis respectivement le 19 et le 17 octobre 2014, le Mali a rejoint ce groupe.

En Guinée 2 825/1 829 cas/décès soit une létalité de 64,7 %. La Guinée compte toujours 13 % des cas d’Ébola (chiffre stable par rapport aux précédents points épidémiologiques). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 163 soit en diminution depuis le dernier point épidémiologique. L’épicentre de l’épidémie était initialement situé en zone forestière, au sud-est du pays Guekedou (frontalier avec la guinée), Macenta, Kissidougou (zone la plus active en nombre de cas déclarés) et Nzérékoré (frontalier avec la Côte d’Ivoire) où se trouve la 2ème plus grande ville du pays, mais d’autres districts sont touchés : trois districts du Haut-Guinée Diabola, Dinguiraye et Kouroussa, Conakry (zone de contamination aussi active), capitale du pays, en Guinée maritime et les préfectures de Télimélé et Boffa, enfin, Fria et Pita au nord-ouest du pays, Siguiri au nord-est (frontalier avec le Mali).

Guinea # cases % of total ECOWAS Death toll Lethality # active cases
Previous data 2,597 13 % 1,607 61.9 % 341
Update 2,825 13 % 1,829 64,7 % 163

Au Libéria 8 362/3 556 cas/décès soit une létalité de 42,5 %. Le Libéria compte désormais 39 % des cas d’Ébola (deux points de moins que le précèdent point épidémiologique). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 687 soit une augmentation de 39 cas. La quasi totalité des 15 Comtés du pays ont signalés des cas : Grand Cape Mount, Bomi, Bong, Lofa (frontalier avec la Guinée), Margibi, Montserrado incluant la capitale Monrovia (zone la plus active en terme de contamination), Nimba, Grand Bassa et River Cess.

Liberia # cases % of total ECOWAS Death toll Lethality # active cases
Previous data 7,862 41 % 3,384 43.0 % 648
Update 8,362 39 % 3,556 42.5 % 687


En Sierra Leone 10 186/3 083 cas/décès soit une létalité de 30,3 %.
La Sierra Leone compte désormais 48 % des cas d’Ébola (deux points de plus que le précèdent point épidémiologique). Selon le mode de calcul proposé par StratAdviser Ltd, le nombre de cas actifs serait de 2 180. Ces constatations placent ce pays en tête des cas actifs et des cas cumulés. Depuis l’arrivée de l’épidémie par le district de Kailahun, frontalier avec celui de Guekedou en Guinée via un voyageur ayant séjourné à Guekedou, ce sont tous les districts qui sont touchés, y compris la capitale Freetown qui génère à elle seule 1/3 des cas de contamination.

Sierra Leone # cases % of total ECOWAS Death toll Lethality # active cases
Previous data 9,004 46 % 2,582 28.7 % 2,594
Update 10,186 48 % 3,083 30.3 % 2,180


Le Mali a déclaré 8/7 cas/décès soit une létalité de 87,5 %.
Le cas initial a été importé de Guinée et hospitalisé à Kayes le jeudi 22 octobre 2014. Ce cas importé a voyagé plusieurs heures en transport en commun et fréquenté des lieux publics de grande promiscuité en étant symptomatique (fièvre et hémorragie) avant d’être hospitalisé et finalement diagnostiqué. Environ 600 contacts ont été placés sous surveillance. Dans ce pays, seul un centre de traitement de MSF à Bamako est opérationnel ; il en existe un second à Kayes. Par contre les nouveaux cas déclarés à Bamako ne sont pas liés au cas initial.

Mali # cases % of total ECOWAS Death toll Lethality # active cases
Previous data 8 7 87.5 % 1
Update 8 7 87.5 % 1

Cette épidémie est atypique

  • Par le nombre de cas dans la zone de l’OOAS : 21 403à ce jour.
  • Par la zone géographique touchée (Afrique de l’Ouest vs Afrique Centrale) et de son étendue (plusieurs districts de plusieurs pays limitrophes).
  • Par la transmission avérée en zone urbaine (vs zone forestières ou rurales exclusives des épisodes précédents) en suivant apparemment les axes commerciaux de la zone (terrestres, maritimes et aériens). Les cas exportés du Nigeria, du Sénégal et du Mali en sont la démonstration.
  • Par l’existence de cas importés (2 cas aux États-Unis) et de cas rapatriés (2 cas aux États-Unis, 2 cas en Espagne, 1 cas au Royaume Uni, 2 cas en France)
  • Par l’existence du premier cas de contamination intra Européenne d’une Infirmière ayant traité les deux patients rapatriés en Espagne

Synthèse globale au dimanche 28 décembre 2014

Au total, au dimanche 7 décembre 2014, 19 493cas et 7 588 décès ont été rapportés à l’OOAS pour la CEDEAO. Le temps de doublement jusqu’à présent de l’ordre de 27-28 jours semble s’allonger vers 100 jours. L’infléchissement est plus marqué pour le nombre de décès (Fig 1).

 janv_EbolaImage1

L’épaulement amorcé lors d’un précédent point épidémiologique semble bien se confirmer. Par conséquent, le cap des 25 000 cas qui devait être franchi vers le 24 – 25 novembre selon nos projections n’a pas été franchi. Il le sera peut être vers la mi-février dans la mesure ou le temps de doublement semble s’étirer vers les 100 jours. Ce ralentissement, s’il devait se confirmer, pourrait s’expliquer par l’immunisation de la population par les cas pauci ou asymptomatiques que nous avons évoqués et qui est développée dans le chapitre suivant.

La létalité globale observée semble se stabiliser depuis plusieurs points épidémiologiques. Elle est de 39,6 %. Ce comportement, n’est pas classique et est contradictoire avec les observations antérieures sur Ébola qui montraient une tendance à l’amplification de la létalité au fur et à mesure du repiquage[3]. La valeur actuelle dans les 3 pays affectés peut s’expliquer par les différents ajustements itératifs des statistiques internationales, cependant la tendance est forte (Fig 2).

 janv_EbolaImage2_

On notera que cette létalité basse permet paradoxalement une plus grande diffusion de l’épidémie puisque

  1. Deux tiers des malades ne décédant pas, ils sont potentiellement contaminant plus longtemps pour un plus grand nombre de contacts
  2. ces malades, une fois convalescents ou guéris viennent grossir la part de la population immunisée

On notera aussi que le nombre de cas pauci-symptomatiques est toujours inconnu à ce jour. Ce paramètre est pourtant essentiel car il permettrait de savoir si une partie de la population des pays touchés développe à bas bruit une immunisation qui aboutirait in fine à « l’endémisation » de l’épidémie dans la région. L’OOAS tente de recueillir des informations et des statistiques fiables sur ce point mais la tâche est toujours aussi ardue.

Pour autant, il existe de grandes disparités entre les pays en matière de létalité (Tableau 1).

Tableau 1

Pays notifiant Cas Décès Taux
de létalité
Δ/point
précédent
Sierra-Leone 10 186 3 083 28,7 % + 1,6
Liberia 8 362 3 556 42,5 % – 0,5
Guinée 2 825 1 829 61,9 % + 2,8
CEDEAO 21 403 8 483 39,6 % + 0,7

La Sierra-Leone se distingue toujours mais désormais avec une mortalité 2 fois plus faible que la Guinée dans un contexte de cinétique exponentielle (Fig 3). On note d’ailleurs que la Sierra-Leone est toujours en tête pour le nombre de cas cumulés et de cas actifs. Son taux de létalité semble se stabiliser.

La comparaison des stratégies de contrôle de l’épidémie de ces trois pays n’a toujours pas été réalisée. Elle est pourtant essentielle pour tenter de comprendre pourquoi la Guinée connaît une dissémination modérée associée à une très forte mortalité, le Liberia une dissémination explosive avec une mortalité médiane et la Sierra-Leone une dissémination intermédiaire mais une mortalité remarquablement basse.

Pour mémoire, les autres maladies à potentiels épidémiques sévissant actuellement en Afrique de l’Ouest (choléra, Méningite, Rougeole, Fièvre Jaune et Fièvre de Lassa) avaient cumulé 67 307 cas déclarés (dont 29 777 pour le seul choléra) et 1 338 décès (dont 606 pour la seule méningite) au 17 août 2014 dernière mise à jour disponible de ces données. En 7 mois l’épidémie d’Ébola a donc tué 3 fois plus que les 6 autres en 8 mois. Pour les 4 pays directement concernés le nombre de décès documentés pour les 6 maladies surveillées à potentiel épidémique est de seulement 767. L’épidémie d’Ébola a donc quadruplé le nombre de décès d’origine épidémique pour ces 4 pays.

Cinétique des nouveaux cas

On constate une modification significative des comportements :

  • Le Libéria connaît un épaulement qui casse la dynamique exponentielle
  • La Sierra-Léone maintien son comportement exponentiel et passe devant le Libéria
  • La courbe Guinéenne reste affine pour sa part mais sa pente s’est augmentée

Le comportement des deux pays touchés par un cas source voyageur en provenance de l’épicentre suggère toujours une contamination interhumaine autonomisée que rien ne vient contredire à ce jour (Fig 3).

janv_EbolaImage3

La cinétique affine Guinéenne évoque l’existence d’un réservoir urbain par les rongeurs (rats) par exemple qui contaminerait à bas bruit la population. On peut aussi tenter d’expliquer cette différence par une capacité de contention de l’épidémie différente pour la Guinée.

Pour ce qui concerne le Nigeria et le Sénégal l’épidémie est pour l’instant contrôlée. Le Mali semble ne pas, non plus, développer d’épidémie.

L’OMS estime que les cas réels de contamination sont bien plus nombreux que ceux effectivement recensés. Le facteur multiplicateur serait de 1,5 en Guinée, 2 en Sierra Leone et 2,5 au Liberia

Comme mis en exergue lors des points épidémiologiques précédents, il conviendrait d’avoir des éléments cliniques prédictifs de l’évolution des cas d’Ébola.

Par exemple, la durée de la période de latence ou la température à J4 de l’irruption des premiers signes sont-ils prédictifs de l’issue ? Il semble qu’une période de latence courte soit corrélée à une expression clinique plus sévère par exemple. Il conviendrait de repérer de tels facteurs prédictifs, s’ils existent, pour identifier les morituri et concentrer les efforts de prise en charge sur ceux qui ont une bonne probabilité de survie.

Symétriquement, il conviendrait de repérer les formes bénignes ou pauci-symptomatiques pour limiter, là aussi, un investissement disproportionné en soignants ou en moyens, compte tenu d’un pronostic favorable d’emblé, même si cela allonge la durée de la maladie ou de la convalescence.

Il convient de colliger les données cliniques disponibles et de les analyser pour identifier les facteurs pronostics pertinents. MSF qui est le mieux placé pour fournir de telles données a été sollicité à la suite d’un précédent point épidémiologique mais n’a pas répondu à ce jour.

Dynamique des nouveaux cas

Pour ce qui est du cumul de cas depuis 1976. On constate l’explosion que constitue l’episode actuel (Fig 4).

 janv_EbolaImage4

Le seuil de l’octuplement du nombre de cas déclarés depuis 1976 est largement franchi : 2 387 cas cumulés entre 1976 et 2013, 19 493 cas cumulés à ce jour en 2014.

La fiabilité des données, notamment les difficultés opérationnelles du reporting peuvent expliquer, à elles seules, les variations du nombre de nouveaux cas constatées à ce jour.

Pour ce qui est de la file active de patients. La proposition de calculer une estimation du nombre de patients actifs afin de pouvoir guider l’allocation de ressources entre les différents pays touchées n’a pas fait l’objet de critique à ce jour. Cette estimation porte sur les cas déclarés cumulés auxquels on retranche les cas décédés et les cas non décédés de plus de cinquante jours. Cette limite est proposée sur la base des publications révèlant une excretion asymptomatique et des revues de litterature abordant ce sujet[4],[5]. Sur la base de cette estimation on constate qu’il existe à ce jour environ 3 030 cas, soit malade, soit convalescents, potentiellement excreteurs (Fig 5).

 janv_EbolaImage5

On avait constaté qu’indépendamment des variations dues aux correctifs épidémiologiques, le nombre de cas actifs semblait atteindre un palier ou une asymptote autour de 7 000 cas. Ce comportement est cohérent avec l’hypothèse d’une immunisation à bas bruit des populations concernées et de l’endémisation exposée plus haut. Cependant, on constate une baisse significative du nombre de cas actif qui interpelle. Cette baisse significative est tout à fait compatible avec l’hypothèse de l’endémisation. Cette baissse globale ne doit pas faire passer au second plan le cas de la Sierra-Leone qui reste franchement preoccupant.

La répartition des cas estimés par pays permet d’avoir une estimation plus précise des moyens necessaires en lits, personnels et consommables pour chaque pays (Fig 6).

 janv_EbolaImage6

On constate, pour la Guinée, une tendance à une baisse progressive du nombre de cas avec 163cas actifs, pour le Libéria, depuis le net infléchissement de mi décembre on note une relative stabilité avec 687cas actifs ainsi que pour la Sierra-Leone avec 2 180 cas actifs.

Ces données sont à rapprocher des capacités en lits dédiés à la prise en charge des cas d’Ébola qui sont de 160 en Guinée, 672 au Libéria et 356 en Sierra-Léone soit 1 188 lits opérationnels au total aboutissant à une couverture largement insuffisante des besoins (tableau 2).

Tableau 2

  Cas
actifs
Nombre
de lits
Couverture des besoins
Sierra-Léone 2 180 356 16,3 %
Libéria 687 672 97,8 %
Guinée 163 160 98,1 %

Au niveau du rapprochement entre les corridors de communication (voies routières, ferrées, maritimes et aériennes) avec les zones des districts touchés on constate toujours une corrélation assez forte (figure 7).

 janv_EbolaImage7

L’observation de la carte laisse entrevoir des cas non déclarés en Guinée-Bissau et en Côte d’Ivoire. Ils sont à ce stade probablement classés en cas de Paludisme ou d’autres fièvres tropicales si ce sont des formmes cliniques pauci-symptomatiques non mortelles.

On note que les cas au Mali semblent particulierement bien respecter la logique des corridors que nous avons été parmi les premiers à signaler puisque le trajet reconstitué (Kissidougou – Kankan – Siguiri – Kouramale – Bamako – Kayes) suis exactement le corridor Guinée/Mali

Une réflexion est en cours au sein de l’OOAS pour délimiter et sécuriser des corridors aux portes desquelles les cas suspects d’Ebola seraient filtrés à fin de limiter les risques de contamination tout en favorisant la libre circulation des personnes et des biens à l’interieur de ceux-ci.

Un nouveau corridor de transit entre Bamako – Gao – Tillaberi – Niamey a été ajouté à la demande de l’OOAS.

Les enjeux auxquels les services de santé des pays touchés doivent faire face sont :

  • le nombre de cas contacts à suivre (plus de 16 000 pour la seule Guinée par exemple)
  • la réaction de la population qui choisit le repli, préférant mourir au sein de la famille que dans des centres de traitement en l’absence de traitement spécifique (ignorant l’intérêt du traitement symptomatique)
  • La confusion souvent faite entre Ébola et paludisme retardant la mise en œuvre des soins adaptés compromettant sérieusement la lutte contre le paludisme[6].

Cas particulier des soignants

Le nombre de soignants contaminés interpelle conjointement l’OOAS, la SFMC et StratAdviser Ltd (tableau 3). La contamination des soignants peut être le fait d’une contamination sur le lieux d’exercice au contact des patients ou en dehors du travail.

Tableau 3

Pays notifiant Cas Décès Taux de létalité
Liberia 361 174 48,2 %
Guinée 106 59 55,6 %
Sierra-Léone 138 106 76,8 %
CEDEAO 605 339 56,0 %

On remarque que a létalité est superieure à celle de la population générale avec des disparités parallèles.

En ce qui concerne la contamination sur le lieu de travail elle peut survenir pendant le soin, à la fin du soin et en dehors du soin.

En ce qui concerne l’analyse des images montrant des soignants en train de s’équiper et de se deséquiper, des échanges avec des soignants en mission ou en retour de mission et avec Mme Deschouvert du CHU de Rouen qui travaille sur une procédure pour l’EPRUS, nous avons remarqué :

  • que l’usage de masques chirurgicaux semble très répandu ce qui ne procure pas une protection suffisante
  • que le temps de séjour en zone contaminée est trop long car de l’ordre de 2 à 3 heures ce qui majore la probabilité d’une contamination par le temps d’exposition et le risque d’erreur lors du deshabillage par le stress thermique induit par l’équipement et le contexte tropical.
  • que les procédures de deséquipement telles qu’on les voit comportent de nombreuses erreurs au regard des standards et recommendations de la SFMC en la matière
  • que les zones contaminées sont contigues aux zones de repos et de travail

Il conviendrait de recommander :

  • l’usage systematique de masques FFP2/FFP3 pour pénetrer en zone contaminée
  • un temps d’exposition de 40 minutes maximum renouvelable toutes les 2 heures pour les soignants (autorise une réhydratation et une récuperation du choc thermique)
  • établir une zone d’exclusion plus large séparant la zone contaminée de la zone de vie
  • repenser le sas de décontamination et la procédure de deséquipement en reprenant les bonnes pratiques de la SFMC en matière NRBC notamment le déshabillage en binôme avec miroir et superviseur, dans une zone dédiée exclusive, en respectant la logique de la marche en avant.

Au niveau des groupes de discussions de la SFMC

Les discussions au sein du groupe francophone https://www.linkedin.com/groups/Groupe-Expert-Ebola-SFMC-8156465/about  et au sein du groupe anglophone https://www.linkedin.com/groups/Ebola-outbreak-management-Group-8150382/aboutregroupant plus de 500 spécialistes en médecine de catastrophe, en prévention de pandémie, en conception de vaccin, en réponse sanitaire opérationnelle, … issus de gouvernements, d’agences ou de services publics, d’entreprises spécialisées publiques ou privées européens, africains de l’ouest et Nord-Américains, portent essentiellement sur :

  1. le risque de contamination aéroportée – à ce jour non formellement documenté – mais théoriquement possible, ne serait-ce que par les gouttelettes de Pflügge, et pouvant rendre compte du nombre important de cas parmi les soignants : il a été décidé de recommander le port de masque FFP2 pour les soignants sur place et de limiter le temps de prise en charge à 20 min d’affilée pour chaque patient afin de limiter les risques. Les masques chirurgicaux que l’on voit dans les reportages sont notoirement insuffisants pour protéger des gouttelettes de Pflügge émises par les patients. Or l’exposition répétée à un risque faible conduit asymptotiquement à une probabilité de 1. En l’état c’est l’explication la plus plausible du nombre anormalement élevé de soignants contaminés. Pour la prise en charge des cas importés en Europe et tant qu’ils restent sporadiques, c’est le port de combinaison filtrantes qui est recommandé.
  2. la cinétique inhomogène des 5 pays concernés avec une cinétique affine pour la Guinée et le Nigeria et une cinétique exponentielle pour la Sierra-Leone et le Libéria peut s’expliquer par des problèmes de retard de diagnostic et de recueil des cas et ne pas refléter fidèlement leur propagation. Cependant une explication épidémiologique plus satisfaisante serait la bienvenue.
  3. la sous déclaration multifactorielle des cas (diagnostics différentiels nombreux, frein économique et social de l’accès au soin, non respect des rites sociaux et funéraires “sacrés” pour les individus déclarés contaminés et donc “bénéfice/risque” peu ou pas acceptable pour l’intéressé et son entourage, …). Une estimation de la part immergée de l’iceberg fait cruellement défaut.
  4. l’illusion des mesures de confinement qui sont contournées par les impératifs socioéconomiques locaux et par la pratique “institutionnalisée” du contournement des règles contre rétribution.
  5. le risque de cas importés en Europe via l’immigration clandestine et les passeurs des autres trafics illicites qui, par nature, contournent tous les systèmes de contrôle. Ce point semble toujours sous-estimé par les autorités des pays concernés, probablement parce qu’il est politiquement difficile à aborder en raison de la stigmatisation possible d’une population déjà largement précarisée et fragile.

[1] Dixon MG, Schafer IJ; Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Ebola viral disease outbreak–West Africa, 2014. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2014 Jun 27;63(25):548-51.

[2] Sylvain Baize, Delphine Pannetier, Lisa Oestereich, Toni Rieger et al. Emergence of Zaire Ebola Virus Disease in Guinea — Preliminary report. NEJM, 2014, April 16, 2014DOI: 10.1056/NEJMoa1404505

[3] Ansari AA. Clinical features and pathobiology of Ebolavirus infection. J Autoimmun. 2014 Sep 23. pii: S0896-8411(14)00130-9. doi: 10.1016/j.jaut.2014.09.001.

[4] Rodriguez LL, De Roo A, Guimard Y, Trappier SG, Sanchez A, Bressler D, Williams AJ, Rowe AK, Bertolli J, Khan AS, Ksiazek TG, Peters CJ, Nichol ST. Persistence and genetic stability of Ebola virus during the outbreak in Kikwit, Democratic Republic of the Congo, 1995. J Infect Dis. 1999 Feb;179 Suppl 1:S170-6.

[5] Kuhn JH. Filoviruses. A compendium of 40 years of epidemiological, clinical, and laboratory studies. Arch Virol Suppl. 2008;20:13-360.

[6]http://reliefweb.int/report/guinea/ebola-sabotages-guinea-s-anti-malaria-fight

Actu. 1ère quinzaine janvier 2015

Actualités de la 1° quinzaine de janvier 2015

En France comme dans le monde, 2015 sera une année de commémorations d’événements divers qui ont plus ou moins marqué le cours de l’Histoire.
          – 1715 : Paris, France Ouverture de l’Opéra-Comique, détruit par un incendie en 1898 avec 24 morts ;
          – 1915 :Un sous-marin allemand coule le paquebot britannique Lusitania, ce qui provoque l’entrée de la Grande-Bretagne dans la 1ère Guerre mondiale.
       – 1945 : Naufrage du paquebot allemand Wilhelm Gustloff qui transportait des réfugiés allemands, bilan entre 5 300 et 9400 victimes.
         – 1955 : Catastrophes des 24 heures du Mans
         – 1965 :Lancement du 1er satellite français à partir d’une fusée Diamant.
Inauguration du tunnel du Mont-Blanc entre l’Italie et la France.
         – 1985 : Mexique:Un tremblement de terre de 8,1 à Michoacan, fait 20.000 morts.
Et en 2015
En France comme en Europe, et dans une grande partie du monde occidental, l’Actualité de cette première quinzaine de janvier, la première de l’année, est dominée par l’attentat dont le Journal Charlie Hebdo a été la cible, le 7 janvier et qui actuellement est attribué au terrorisme islamique.
Les Actualités de la SFMC y ont consacré une note particulière.
Début de l’année, c’est le moment des bilans pour l’année écoulée

 

  • Bilan des catastrophes naturelles en 2014
Comme chaque année la compagnie de réassurance Munich Ré dresse un bilan annuel humain et économique des catastrophes naturelles survenues durant la dernière année
          -Nombre d’événements enregistrés : près de 880 événements désastreux, donc chiffre supérieur à la moyenne de ces dix dernières années, (790 par an)
          -Nombre de victimes : autour de 20.000 personnes, avec une hausse par rapport à 2012, mais inférieur à la moyenne de ces 10 dernières années, qui est de 106.000 décès par an.
        -Couts économiques : estimés à 125 milliards de dollars (92 milliards d’euros), cout inférieur à la moyenne de ces 10 dernières années (184 milliard de dollars).
              -L’événement le plus meurtrier a été : Le typhon Haiyan aux Philippines en octobre avec plus de 6000 morts ,1700 disparus et plus de 28 blessés et un cout de 10 milliards de dollars.
Analyse
Donc davantage d’événements, moins de victimes par rapport à la moyenne, un cout économique plus modéré, tel pourrait se résumer le bilan « catastrophe 2014 ».
Cette diminution pourrait s’expliquer par les politiques de protection des populations plus généralisées avec évacuation des zones de danger.
À noter que le nombre de victimes correspond à celui enregistré en France pour les seuls accidents de la vie quotidienne.
Ces chiffres différent suivant les sources ainsi suivant SwissRé
Les dégâts provoqués par les catastrophes se sont situés à un bas niveau en 2014 comparé aux années précédentes. Les sinistres à la charge des assurances ont également fortement reculé. Ces événements ont coûté la vie à 11’000 personnes, comparé à 27’000 un an auparavant.
Le réassureur Swiss Re estime les dégâts dus aux catastrophes couverts par les assureurs en 2014 à 34 mrd USD, soit un recul de 24% sur 2013. Les dépenses liées aux catastrophes naturelles se sont montées à 29 mrd CHF, contre 37 mrd un an auparavant. Les 5 mrd restants sont à mettre au compte d’actes humains.

 

  • Bilan climatique pour l’année 2014
« Pour la France, ainsi que pour la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne : 2014 a été l’année la plus chaude depuis le début des relevés »
Site de Météo France : « Bilan climatique définitif 2014 », publié le 7 janvier 2015, disponible en ligne

 

  • Bilan de l’accidentologie aérienne en 2014
L’année 2014, date anniversaire de la création e l’aviation commerciale en 1904 a été marquée par mais une augmentation considérable du nombre de victimes 930 morts contre 224 en 2013 (pour 17 accidents).
Site de l’EASA’ Agence européenne de la sécurité aérienne : http://easa.europa.eu

 

  • Bilan de l’accidentologie en montagne
La saison neige 2014-2015 vient de commencer et le premiers chiffres sur la mortalité lors des avalanches pour la saison 2013- 2014.
Lors de la saison de ski 2013-2014, 21 personnes sont mortes dans des accidents d’avalanche, selon un bilan provisoire de l’Association nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches (Anena).

 

  • Australie, sécheresse et feux de végétaux
Depuis les premiers jours de l’année la vague de chaleur et la sécheresse favorisent le développement des incendies dans le sud du pays entrainant l’évacuation de plus de 40 000 personnes

 

  • Vers une meilleure récupération des enregistreurs de vol après accident aérien ?
Airbus va doter ses A350 et A380 de boîtes noires éjectables et flottantes, c’est une solution à la difficulté de retrouver les épaves d’avions abîmés en mer comme le Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu dans l’océan Indien. Il y a quelques mois.
Analyse
Cette technologie, déjà utilisée dans l’aviation  militaire, faisait partie des recommandations des enquêteurs français après le crash du Rio-Paris d’Air France survenu en juin 2009 car il avait fallu près de deux ans pour repêcher ces enregistreurs de vol, plus connus sous la dénomination «boîtes noires»

 

  • Les conséquences indirectes du pilotage automatique dans les avions de ligne
Une étude de la FAA (Federal Aviation Administration )*a mis en évidence les carences dans l’entraînement des équipages au pilotage manuel. La gestion informatique des vols, , provoquerait ainsi cependant une perte de confiance des pilotes dans leurs propres capacités en situation de crise.
*Fact Sheet – Report on the Operational Use of Flight Path Management Systems

 

  • Évolution du trafic maritime et pollution atmosphérique
Dans une étude publiée par l’Ifremer dans le journal Geophysical Research Letters[2], il a été montré que le trafic maritime connu une croissance importante  depuis le début des années 1990 sur toutes les routes maritimes, et pour tous les types de navire, or« Le trafic maritime est la cause principale de pollution atmosphérique en océan ouvert. »
Ces données ont pu être établies grâce aux données des satellites.

 

  • Bilan « feux d’artifices »
Comme chaque année, la soirée du Nouvel an en Europe a été marquée par des accidents de feux d’artifice. Ce fut le cas dans le Jutland du Nord au Danemark, où trois hommes sont morts dans deux accidents distincts. La police allemande a également annoncé la mort de deux individus de 18 et 19 ans, dont l’un qui a été touché à la tête par un pétard.
Analyse
En France comme dans d’autres pays d’Europe, les autorités avaient pris des mesures concernant les risques dans l’emploi des feux d’artifices en période festive.
Mais les feux d’artifices sont également dangereux lors de leur transport ainsi qu’en témoigne l’accident survenu le 7 janvier aux États Unis .
À la suite des chutes de neige, carambolage d’une centaine voitures impliquant 2 camions transportant l’un des produits chimiques et l’autre des matériels de pyrotechnie : incendie et explosion.
Voir vidéo
  • La peste à Madagascar
Le bilan de l’épidémie de peste en 2014  a été présenté par les autorités le mercredi 7 janvier à Madagascar depuis le début en aout 2014 : Deux-cent quarante-neuf cas suspects dont soixante-six décès ont été enregistrés au 31décembre 2014.
Il est considéré que l’épidémie n’est pas encore terminée et qu’il faut s’attendre à l’apparition de nouveaux cas.

 

  • France, reprise des intoxications oxycarbonées
Dans le  dernier bulletin, daté du 30 décembre, l’InVS signale que 436 signalements ont été déclarés e depuis le 1er septembre 2014.
-1 041 personnes ont été prises en charge par un service d’urgence hospitalier et -19 sont décédées.
Même si le nombre de signalements est plus bas qu’à la même période l’année précédente, le nombre de décès reste similaire.

 

  • Mozambique, intoxications alimentaires collectives, 9 janvier 2015
La consommation d’une bière traditionnelle de mil et de fabrication a entrainé la mort de 69 personnes et une trentaine de personnes sont encore en cours de traitement.
Les enquêtes en cours n’ont pas permis d’identifier la cause de cette intoxication
Analyse
Habituellement ce genre d’intoxications est lié à la présence d’alcool frelaté contenant de l’alcool méthylique
Lors de cet épisode » toxique », aucune donnée clinique ne permet de mettre en cause l’existence d’un toxique donné.
Il s’agit d’un toxique très puissant puisque initialement t le bilan faisait état de 36 morts et il est donc probable que de nouveaux décès seront constatés dans les jours à venir ;
« Le gouvernement mozambicain a décrété trois jours de deuil national face à l’ampleur de la tragédie ».

 

  • Situation du virus MERS-Cove (middle est respiratory syndrome coronavirus)
Apparu en 2012 et sévissant surtout dans péninsule arabique, ses différentes manifestations font l’objet d’une synthèse présentée dans le BEH.
Pour l’essentiel on retiendra :918 cas mondiaux dont 819 survenus en Arabie saoudite avec une mortalité de 36%.
Comme le SRAS-Co, le MERS-Co aurait un réservoir animal, probablement la chauve-souris, et plus certainement les camélidés et la transmission se ferait par les secrétions des camélidés.
La transmission interhumaine est limitée et se retrouve dans trois situations transmission familiale, hospitalière et intercommunautaire.
 « Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV) : point épidémiologique international et national deux ans après l’identification de cet agent pathogène émergent 
BEH 1-2 janvier 2015
« 
 René Noto

Les fusillades ou tueries de masse,13 janvier 2015

Les fusillades ou tueries de masse

Les États Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades ou tueries de masse, (ou mass shooting), la SFMC a consacré à ce type d’événement un dossier (Lettre SFMC N° 65 janvier 2012 et N° 69 décembre 2012).
La France et l’Europe sont relativement épargnées, alors que dans certaines régions du monde elles sont fréquentes, car elles s’inscrivent dans un contexte sociétal où il est difficile de séparer guerre civile de terrorisme permanent.
Les récents événements survenus à Paris au début du mois de janvier entrent-ils dans ce concept ?
Il a semblé utile de consacrer à ces événements une étude typologique plus complète.
Plusieurs critères peuvent être retenus pour tenter une classification :
             – Les circonstances de survenue.
             – L’origine des agresseurs.
             – Les lieux de survenue.
             – Les victimes ciblées.
             – Les armes utilisées.
Plusieurs de ces critères sont d’ailleurs intriqués et c’est à partir de ces corrélations que l’on peut proposer la typologie suivante.
              A/Les fusillades liées aux actions de banditisme
Elles peuvent elles-mêmes actuellement se scinder en quatre groupes :
              1) Les actions de représailles ou de « règlement » de compte entre des clans ou des organisations rivales dans les domaines du contrôle de la drogue, de la prostitution et de différentes activités illicites.
          -Les victimes sont peu nombreuses, car ce sont le plus souvent des actions ciblées sur 4 ou 5 personnes et elles appartiennent au même groupe.
       – Elles surviennent le plus souvent soit dans des lieux publics fréquentés régulièrement par les victimes (bars, restaurants) soit sur la voie publique ou dans des véhicules.
        – Elles étaient effectuées le plus souvent par des armes de poing mais les armes automatiques sont également souvent employées depuis quelques années.
         -Comme il s’agit d’actions faites pour tuer, les lésions sont le plus souvent mortelles d’emblée et dans certains cas les corps abandonnés sont découverts quelques heures après les tirs.
         -Dans le domaine de l’organisation de secours, les actions se limitent le plus souvent au constat de décès sur place.
              2) Les actions de banditisme pour voler des objets de valeur (bijoux matériels..) ou de l’argent liquide.
              –Elles surviennent en milieu urbain car il s’agit d’attaques de magasins, de bijouterie, de fourgons de transport de fonds.
              -Les victimes sont peu nombreuses se recrutant parmi les personnels du magasin, les personnels de conduite et d’escorte pour les convois de fond.
              -Les armes utilisées peuvent être aussi bien des armes de poing que des armes automatiques de l’arsenal des armes de guerre.
              -En ce qui concerne la topographie et la gravité des lésions, cela dépend aussi bien de la nature de l’arme que des conditions de réalisation permettant ou des tirs de précision, il y aura donc des blessés qu’il faudra prendre en charge.
              -Dans le domaine de l’organisation de secours les actions consisteront à prendre en charge les victimes sur les lieux mêmes de l’événement avec les protocoles usuels pour « Blessés par balle ».
              -Cette prise en charge se fera donc toujours dans un climat émotionnel particulier d’autant plus important que le nombre de victimes est élevé et qu’il y également des morts.
              3) Les actions de banditisme avec prise d’otage, il s’agit le plus souvent d’une variante des actions de vol ou de cambriolage qui « tourne mal « pour les malfaiteurs surpris par les services de police.
             -Les victimes vont se recruter soit parmi les otages soit parmi les services de police.
        -La gravité des lésions dépend du type d’armes à la disposition des malfaiteurs et surtout de leur intention de tuer. Toutes les possibilités peuvent se rencontrer : des lésions graves quasiment mortelles d’emblée aux lésions de faible gravité.
         -Ces situations entrainent quai automatiquement l’intervention d’unités spéciales (GIGN, RAID) des services de police.
              -L’organisation des secours doit tenir compte du risque évolutif que peut représenter des échanges de tirs et les personnels de secours et de soins doivent respecter les périmètres de sécurité installés par les services de police ou de gendarmerie.
            -L’importance du climat émotionnel doit être également pris en compte avec la présence ou non d’impliqués, de proches (parents, collègue de travail etc.).
              4) Les réactions de banditisme lors de contrôle sur la voie publique, le plus souvent de véhicules automobiles.et il s’agit de tir d’armes  pour couvrir leurs fuites.
              -Dans ces situations les victimes se recrutent essentiellement parmi les personnels des services de police ou de gendarmerie, mais des balles perdues peuvent, dans les zones de fortes densités de population, provoquer des atteintes des passants plus ou moins proches.
            -Il peut s’agir aussi bien de tirs d’armes automatiques que d’armes de poing et la gravité des lésions est variable.
              -L’organisation des secours devra tenir compte aussi bien des lieux de survenue (voie publique), du nombre de victimes, de leur nature (services de police ou témoins) et de la gravité des lésions.
              B/Les fusillades liées aux différents familiaux
Elles peuvent elles-mêmes actuellement se scinder en deux situations distinctes:
              1) Actions préméditées et préparées
         -Elles consistent dans la mort de plusieurs personnes de la même famille (parents et proches, époux et enfants qui sont « exécutées »par des tirs directs (crane et thorax) et les lésions sont le lus souvent mortelles d’emblée.
            -Les actions se déroulent en milieu familial.
         -Le tireur se suicide immédiatement après les faits ou secondairement, il peut également prendre la fuite.
            -Dans certaines situations le tireur reste sur place et se retranche dans les lieux, suivant la formule journalistique habituelle il devient un « forcené ».
           -Les armes utilisées sont le plus souvent des armes de poing ou des armes de chasse.
             -L’organisation des secours est amenée quelque fois à prendre en charge des survivants en tenant compte du risque évolutif représenté par « le forcené » et du climat émotionnel particulier (présence d’enfant parmi les victimes).
              2° Actions non préméditées
          -Elles consistent dans le tir d’armes sur de personnes de l’entourage familial au cours de disputes violentes où le contexte alcoolique est plus moins présent, le contexte psychiatrique est souvent aussi évoqué.
       -Les victimes appartiennent au même groupe familial et leur nombre est toujours limité, le plus souvent inférieur à 5.
           -Les armes utilisées sont variables, le plus souvent armes de chasse mais également armes de poing.
           -Suivant les cas le tireur(le plus souvent un homme) peut se suicider , se livrer à la police, se retrancher sur les lieux.
             -La nature et la gravité des lésions dépendent à la fois des armes utilisées et des conditions de tir, il peut s’agir de lésions mortelles d’emblée mais aussi de lésions laissant des possibilités immédiates de survie.
             -L’organisation des secours doit pouvoir prendre en charge les survivants en tenant compte des risques évolutifs éventuels, du climat émotionnel général.
              C/Les fusillades liées aux « querelles » de voisinage
           -Elles consistent dans le tir d’armes à feu sur de personnes de voisinage cours de disputes violentes où le contexte alcoolique est plus moins présent.
            -Les victimes, comme pour les tirs au cours de conflits familiaux, appartient au même groupe.
           -Suivant les ca, le tireur(le plus souvent un homme) peut se suicider n se livrer à la police, se retrancher sur les lieux.
             -La nature et la gravité des lésions dépendent à la fois des armes utilisées et des conditions de tir, il peut s’agir de lésions mortelles d’emblée mais aussi de lésions laissant des possibilités immédiates de survie.
             -L’organisation des secours doit pouvoir prendre en charge les survivants en tenant compte des risques évolutifs éventuels, du climat émotionnel général.
              D/Les fusillades provoquées au cours d’actions de terrorisme
             -Fréquentes dans certaines régions du monde, elles sont rares en Europe et en France où les actions de terrorisme se réalisent le plus souvent avec des engins explosifs.
Cependant, en raison d’une part de la facilité pour se procurer des armes de tir automatique,(armes de guerre),et d’autre part de la modification des comportements des terroristes ,on assiste depuis quelques temps à une nette augmentation des fusillades dans les actions de terroristes.
         -Ces événements surviennent surtout en milieu urbain, grandes villes ou capitales régionales.
          -Les cibles sont tout à la fois des lieux symboles (lieux de culte, bâtiments publics, écoles,) des populations données (pour leur appartenance à une religion donnée, à une profession donnée).
,      -Compte tenu de ces cibles, les victimes pourront être des adultes, des enfants, des adolescents, des femmes, des personnels de service publics, des personnels de culte….
      -Les moments de fusillades sont choisis en fonction d’une plus grande l’affluence de personnes.
          -Les armes utilisées sont le plus souvent actuellement des armes de guerre à tir automatique avec un fort potentiel destructeur et leur utilisation est faite dans le but précis de tuer.
         -Les lésions constatées sont souvent des lésions graves, mortelles d’emblée pour beaucoup de lésions crâniennes et thoraciques.
         -Les auteurs de ces fusillades agissent soit seul soit en groupe de un à deux tireurs et leur leurs motivations idéologiques, bien que très variables, obéissent aux mêmes règles de « vengeance », « d’établissement  ou de rétablissement» d’un ordre sociétal donné.
        -Quand les auteurs ne peuvent quitter les lieux avant l’arrivée des forces de police, on assiste alors à une confrontation avec ces services de police entrainant de nouveaux tirs, des prises d’otages.
        -Le plus souvent quand ils peuvent quitter les lieux de l’attentat avant l’arrivée des services de police, cette confrontation est retardée, elle aura lieu en d’autres endroits et ce en fonction de la rapidité et la de précision des recherches, des localisations et des actions d’arrestation.
        – Survenant en milieu urbain, à des heures de grandes activités sociales et dans des lieux très fréquentés, ces événements sont très rapidement connus et la rapidité de cette information contribue souvent à accentuer la présence de population sur les lieux.
        -La nature et les conséquences immédiates et retardées de ces événements, comme leur survenue en milieu urbain, expliquent et justifient l’importance quantitative et qualitative des moyens de secours engagés.
      -Ces événements par leurs conséquences humaines (nature des cibles et nombre de victimes) ont toujours un retentissement national, voire mondial, important qui est à la base de ce nouveau concept « d’implication nationale ».
Cette « implication nationale » se manifeste soit spontanément (rassemblement de foule) dépôt de gerbes de fleurs sur les lieux) soit officiellement par les prises de paroles et les déclarations des responsables politiques.
Ces réactions émotionnelles sont relayées et souvent amplifiées par les médias (Télévision, radios, presses écrite…).
L’organisation des secours doit tenir comme de tous ces paramètres pour mettre en place ses différentes stratégies de prise en charge globale.
              –Stratégie logistique
La mise en place d’un PMA modulaire en milieu urbain est souvent difficile et  peut retarder la réalisation des soins primaires et dans ces conditions on peut concevoir les organisations suivantes :
              -Quand les fusillades ont lieu dans un espace fermé il est possible d’envisager un traitement primaire sur place dans la mesure où la sécurité globale est assurée vis-à-vis d’un risque évolutif (tireur encore en place, possibilité d’une explosion secondaire).
              -Quand les évènements ont lieu sur la voie publique il est plausible d’envisager la prise en charge primaire dans l’espace abrité le plus proche des lieux avec toujours la priorité à accorder à la sécurité globale.
              -Dans les situations complexes au plan des espaces disponibles, le regroupement de plusieurs véhicules sanitaires peut être une solution si le nombre de victimes n’est pas trop élevé.
             –Stratégie administrative
Elle pour but de résoudre une des contraintes majeures dans ce type d’évènement : établir rapidement et avec certitude la liste nominale des victimes : morts et blessés avec les références quant à la gravité de leur blessures et les lieux d’hospitalisation.
La coordination avec les services de police judiciaire est indispensable autant que « réglementaire » pour résoudre cette obligation.
Les différents moyens actuellement à la disposition des équipes de secours a permis au cours des dernières années de résoudre ce problème.
              –Stratégie des soins somatiques
La présence de nombreuses équipes médicales ne justifie pas l’abandon du triage initial.
Pour les blessés survivants, il s’agit souvent de blessures graves réalisées par des armes de guerre dont le traitement est essentiellement un traitement chirurgical précoce.
Compte tenu de la survenue des événements urbains disposant de plateaux techniques proches, nombreux et bien équipés, la prise en charge préhospitalière doit avoir pour seul objectifs la survie immédiate (limitation et compensation des hémorragies, liberté, protection des voies aériennes et assistance ventilatoire).
              –Stratégie de prise en charge psychologique
La survenue de ces évènements d’une part en milieu urbain à forte densité, d’autre part dans endroit symboles et sur des cibles humaine particulières, va augmenter et diversifier les « impliqués directs et indirects » qu’il est souvent difficiles de distinguer rapidement.
Dans un premier temps la mise en place et le respect d’un périmètre de sécurité permettent de scinder ces « candidats à l’implication » en deux groupes :
    – Ceux qui étaient sur place au moment t de l’événement et que l’on peut considérer , puisque indemne de lésions somatiques, comme des rescapés  avec toutes les conséquences que cela entraine d’autant plus que ces rescapés sont aussi assez souvent des collègues , des parents des victimes décédée ou blessées .
      – Ceux qui n’étaient sur place mais qui ont des liens affectifs  plus ou moins important avec les victimes.
Dans un deuxième temps  les responsables de CUMP devront définir les stratégies de prise en charge et les faires connaitre.
Il ne faudra pas oublier également, que comme lors de tout événement à répercussions psychologiques importantes et généralisés, des personnels de secours peuvent présenter secondairement des troubles psychologiques en raison de leur participation active.
             Stratégie relationnelle
Dans la mesure où l’on peut considérer que les actes de terrorisme sont des faits de guerre survenant en temps de paix, il est évident que :
              -Les répercutions et les réactions émotionnelles surviendront à tous les échelons de la chaine de secours et de soins comme à tous les échelons de la chaine de responsabilité politique et administrative.
              -Les amplifications et interprétations médiatiques, aidées ou non par la prise de position des nombreux experts accrédités ou spontanés, seront importantes.
Dans ces conditions la stratégie relationnelle entre les différents acteurs de secours doit être anticipée et appliquée rapidement.
              E/ Les fusillades « spontanées » types USA
Elles sont les mieux connues, car les plus étudiées en raison de leur fréquence.
Il s’agit d’agressions collectives dans un but déterminé : tuer
Le terme de « Fusillade » est complété ou associé à celui de « Tuerie de masse » dénommé aux États Unis « shooting mass ».
Cependant ,il peut aussi désigner des événements au cours desquels l’agresseur utilise aussi des armes blanches- essentiellement Chine et Japon et une fois en Europe-(Obs.° 9-10-11-22-46-53-58-80)- mais aussi des explosifs ou des moyens incendiaires.
Les pays de survenue
Ces fusillades, ne sont pas présentes dans toutes les régions du monde car leur possibilité de survenue comme leur fréquence, semblent liées à la facilité d’obtention des armes à feu.
-Les Etats-Unis de fait ont le quasi-monopole de ces événements avec 61% des cas.
       -L’Europe est en deuxième position avec 15% des cas et dans l’ordre de fréquence on a : Allemagne(4), France(2), Finlande(2), Belgique(2), viennent ensuite avec un seul cas, la Suisse, Le Royaume Uni. L’Irlande, le Danemark, la Norvège.
    -La Chine et le Japon représentent 9% des cas et pratiquement dans tous les cas ce furent des armes blanches.
     -Le Canada vient ensuite avec 6%.
     -L’Australie 4% des cas.
    -Les autres pays représentent 5% des cas avec : le Brésil (1 cas), l’Argentine (1 cas), le Yémen (1 cas), la Nouvelle Zélande (1 cas), l’Azerbaïdjan (1cas).
Les lieux de survenue
Avec les moyens d’agression (armes à feux) les lieux de survenue représentent un autre dénominateur commun.
– Les établissements d’enseignement (Écoles, lycées, collèges, Universités, salles de cours ou annexes, sont en effet les lieux choisis dans 70% des cas, même quand il s’agit d’armes blanches ou de pays où cet évènement est rare (Obs. n° 75, 44, 27,18).
– La voie publique et les centres commerciaux sont le théâtre de fusillade dans 14% des cas.
– Les lieux de travail sont représentés dans 6%.
– Dans 6% des cas on trouve des zones de rassemblements festifs ou politiques.
– Les autres lieux représentent 4% autres cas.
·       Le sexe et l’âge du « Tireur »
Il a pu être précisé dans 99% des cas et dans le seul cas où le tireur n’a pas été retrouvé on a pu constater avant sa fuite qu’il s’agissait d’un homme.
C’est un homme dans 96 % des cas et les femmes dans 4%des cas.
L’âge n’est pas mentionné dans 40% des cas, mais le contexte permet de penser que le tireur est un adulte.
La fourchette d’âge s’étend de 88 ans à 6 ans (Obs.n°60).
Dans 20% des cas il s’agit d’un adolescent ou un enfant de moins de 18 ans.
·       Les origines sociales et professionnelles du tireur
Dans 40% des cas, il s’agit d’un élève ou ancien élève de l’établissement
Dans 10% des cas il s’agit d’un employé ou ancien employé de la société.
Dans 50% des cas l’origine socio-professionnelle est très variable, c’est ainsi que l’on peut trouver :
 Dans plus de 40% des cas il s’agissait d’étudiant qui n’avait pas encore de profession déterminée.
  • Deux médecins (Obs. 9 et 21).
  • Deux anciens enseignants (Obs. 11,86).
  • Deux conducteurs de taxi ou de véhicule utilitaire.
  • 12 employés de formation diverse.
·       Les motivations évoquées
Elles sont présentes dans seulement 15 % des cas : chômage, sentiment d’abandon, vengeance, troubles psychiques antérieurs.
·       Les faits concomitants
Dans 5 % des situations le tireur très peu de temps auparavant a commis d’autres meurtres, il s’agissait de ses parents ou des collègues (Obs1, 15, 50, 73,77).
·       Les moyens employés
Les armes à feu seules sont employées dans 86% des cas, il s’agissait pratiquement dans tous les cas d’armes automatiques, une ou plusieurs étaient détenues par le tireur.
On retrouve les armes à feu associées à des engins explosifs dan5% des cas (Obs1, 2, 62, 85,99).
Les armes blanches ont été employées dans 9% des cas essentiellement en Chine, au Japon et un fois en Europe.
·       Le devenir du tireur
Théoriquement le devenir du tireur s’inscrit dans 5 possibilités :
·       Il arrive à s’enfuir, cela s’est produit une seule fois (Obs. 1).
– Il est tué par les services de police lors de leur intervention, cela s’est produit dans 5% des cas.
– Il se suicide immédiatement après les faits et ce suicide a lieu sur place dans 39% des cas.
-Il s’enfuit et se suicide secondairement dans 2% des cas.
  • Dans 53% des cas, il est arrêté par les services de police immédiatement après la fusillade.
Pour les 53 tireurs arrêtés, 5% seront condamnés à mort et exécutés (États Unis et Chine), 10% environ seront internés car considérés comme malades mentaux et les autres seront condamnés à des peines de prison souvent très longues (essentiellement les tireurs enfants et jeunes adolescents aux États Unis).

 

  • Quelques particularités de l’événement
La relation faite par les premiers témoins a permis de relever quelques particularités lors  ces événements.
– Le comportement du tireur lors de son action « déterminé et agissant avec calme » dans 7% des cas (Obs. :5, 10, 16, 20, 31, 39,99).
-Le déguisement du tireur, en père Noel, en clown (Obs. 14 et 30).
-Le comportement du tireur vis-à-vis des victime, prises d’abord en otages et attachées avant d’être tuées (Obs. :39s).

 

  • Le nombre de victimes
En règle générale, il est connu très rapidement avec une bonne précision aussi bien pour les morts que pour les blessés.
Il dépend de plusieurs variables :
      -Le type d’arme utilisé et le nombre de munitions disponibles : les fusils d’assaut sont manifestement les armes les plus meurtrières.
-La densité de population en un lieu donné, elle est souvent maximale dans une salle de classe ou un centre commercial.
-Des possibilités de fuite des populations présentes, limitées dans une école.
-Le temps dont dispose le tireur avant l’intervention soit de témoins désarmant le tireur (Obs. 88), soit des forces de police.
Compte tenu des imprécisions de certains comptes rendus, le nombre total de victimes s’établit de la façon suivante pour l’ensemble des 100 événements:
         -Victimes décédées: autour de 650, soit moins de 7 morts par fusillade, avec des valeurs extrêmes de 1 mort à 70 morts (Obs. 3).
– Victimes blessées: 450, soit moins de 5 blessés par événements, avec des valeurs extrêmes de 1 à 30.blessés.
Sources: Lettre SFMC n° 65, janvier 2012, et N° 69 décembre 2012
.
À venir, les autres fusillades en France,  Lettre SFMC n° 79 février 2015

René NOTO

Nous sommes tous « Charlie »

HOMMAGE A LA LIBERTE DE PENSER ASSASSINEE

Le rire est le propre de l’homme a écrit notreconfrère Rabelais. L’humour est une forme élevée de l’esprit humain, un signe de maturité démocratique bien pratiqué par nos amis Anglais.

Humour et démarche scientifique sont proches, nul mieux qu’Einstein ne l’a montré.. Penser c’est prendre une distance, un recul, c’est bien ce que la SFMC essaie de faire dans son domaine. Nous sommes totalement solidaires des « Charlies »

C’est un symbole fort de la France qui est visé : la liberté de penser, de parler, de dessiner, de communiquer. Cette liberté a été conquise en même temps que l’égalité et la fraternité. Ce sont là des éléments fondateurs de notre vie en commun. Il faut y ajouter la liberté de s’associer, avoir des projets communs libres et indépendants de tout pouvoir, de toute censure. Toute association ne peut que se sentir concernée.

Au-delà de cette réaction à chaud, ce mouvement d’empathie, il ne faut pas céder aux réflexes quand bien même seraient-ils défensifs.  Nous devons résolument continuer de travailler ensemble, du mieux que nous le pouvons par nos pensées comme par nos actions, pour porter secours à toute victime quelque soit son sexe, sa race, sa religion, ses convictions politiques. A notre manière  continuons de défendre ce que la France nous a transmis de génération en génération : la liberté de la pensée, l’égalité dans les devoirs comme dans les droits, la fraternité dans le malheur.

Les terroristes s’en sont également pris aux forces de l’ordres, aux représentants de la loi. C’est également un autre symbole de notre communauté : les lois sont l’ensemble des règles que nous avons choisies et écrites pour mieux vivre ensemble, protéger les plus faibles, n’être soumis à aucun arbitraire.

Nous terminons par une pensée pour les familles des journalistes assassinés comme pour celles des policiers abattus en service : je propose que nous adressions une lettre aux malheureux journalistes de Charlie Hebdo et aux familles de toutes les victimes.

Que ceux qui souhaitent s’y associer m’adressent un mail, un mot de solidarité avec leur nom et prénom qui figureront dans cette déclaration solennelle de soutien. Vous trouverez le projet de lettre sur le lien : lettre ouverte en soutien des « Charlie ».

 Très cordialement,

Médecin général Henri JULIEN,
Membre de l’Académie Nationale de Médecine,
Président de la SFMC.
Medecine.cata@gmail.com

 

Actualités derniers jrs de 2014

Actualités de fin d’année
Les derniers jours de 2014

  • Shanghai, bousculade importante pour la fin d’année

Au moins 35 personnes sont mortes et 42 ont été blessées dans une bousculade lors des célébrations du Nouvel An sur le Bund, célèbre boulevard de la ville de Shanghaï, annonce mercredi 31 décembre CCTV America, chaîne officielle du gouvernement chinois, sur son site Internet. http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/31/au-moins-35-morts-dans-des-bousculades-du-nouvel-an-a-shanghai_4548239_32

Analyse
Aucun détail sur les circonstances de survenue de cette bousculade dans un espace aussi vaste.

  • Équateur, accident de car, le 29 décembre

Un autocar, qui transportait plus de 40 passagers, s’est renversé sur la chaussée entre les villes de Guarumales et Mendez,. La majorité des passagers sont des ouvriers chargés de la construction d’une route entre ces deux localités.Bilan de 13 morts et plusieurs blessés.

Analyse
Une mortalité de 30% est surprenante dans cet accident marqué par un simple renversement sur le bas-côté de la route, comme en témoignent les photos publiées en ligne.
Les accidents de car en Équateur sont fréquents comme en témoignent le rappel suivant :
-29 août 2010 : Trente-huit passagers sont morts et douze autres ont été blessés dans l’accident d’un autocar dimanche avant l’aube sur les hauts plateaux …
-24 décembre. 2010 : Au moins 35 personnes, dont sept enfants, ont péri dans la chute d’un autocar surchargé au fond d’un ravin dans le sud-ouest de l’Équateur …
-25 avril. 2012 : Un grave accident de bus est survenu mardi matin dans une région montagneuse d’Équateur faisant 16 morts
-19 février. 2012 : Au moins 26 personnes ont péri dimanche dans l’accident d’un autocar qui est tombé dans un précipice dans le nord de l’Équateur…..
-26 décembre. 2012 :Un autocar s’est abîmé dans un ravin mercredi dans les Andes en Equateur, provoquant la mort d’au moins 13 passagers……
http://www.lessentiel.lu/fr/news/monde/story/28014043 

  • Japon, tempête de neige, le 19 décembre

Les conditions météorologiques précaires dans l’ouest, le centre et le nord de l’archipel, avec par endroits des risques importants de glissements de terrain et avalanches, Une route a été coupée par un glissement de terrain dans la préfecture de Niigata (nord-ouest), isolant quelque 280 habitants d’un village de montagne sans cependant faire de blessés.
Les compagnies aériennes ont dû annuler des centaines de vols intérieurs et de nombreuses liaisons ferroviaires ont été stoppées ou grandement retardées, dont les trains à grande vitesse.
http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/28648245
http://www.20min.ch/ro/news/faits_divers/story/Randonneurs-emportes-par-des-avalanches-12715522

  • Santé publique et économie

Une étude publiée dans le « Lancet », met en cause le FMI,comme responsable indirect de la propagation de la fièvre Ébola en la Guinée, à la Sierra Leone et au Liberia, avec comme base de l’argumentaire les conditions imposées par les prêts consentis avec réduction des dépenses de santé : Ebola aurait pu être mieux géré sans les politiques imposées par le Fonds monétaire international.
The International Monetary Fund and the Ebola outbreak.
Kentikelenis A
Lancet Glob Health. 2014 Dec 19. pii: S2214-109X(14)70377-8. doi: 10.1016/S2214-

Analyse
Sans entrer dans les détails d’une corrélation entre prêts et santé publique, il faut noter que de nombreux autres travaux scientifiques ont montré que la propagation de la fièvre Ébola était en grande partie liée au maintien de comportements dangereux de la part des populations et peut être aussi au manque de formation des personnels locaux.  

René Noto